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Actualités - Interview

Interview L’insurrection doit trouver son expression politique, estime un expert

L’universitaire irlandais Padraig O’Malley (University of Massachusetts), qui a organisé une réunion entre dirigeants sunnites et chiites irakiens cette semaine à Helsinki en Finlande, estime, lors d’une interview accordée à l’AFP, que l’expression politique des insurgés est une condition nécessaire au règlement du conflit. Q - Quel est le résultat le plus marquant de cette réunion ? R - « L’accord d’Helsinki signé par les participants stipule qu’aucun acteur ne peut être laissé de côté dans un processus de négociation, en particulier si celui-ci recourt à la violence, parce qu’il faudra l’intégrer quoi qu’il arrive. Soit vous l’intégrez dès le début, soit vous le marginalisez et vous continuez à le marginaliser jusqu’à ce que vous compreniez qu’il doit absolument être partie prenante du processus. Toutes les parties doivent être impliquées dans une négociation, même celles qui ont du sang sur les mains. Les Irakiens doivent encourager les insurgés à donner une voix politique à leur insurrection. En Irlande du Nord, l’IRA était résolue à expulser les Britanniques par la force physique. Parallèlement, le Sinn Féin occupait le terrain politique. Les insurgés en Irak n’ont pas d’expression politique, nous ne connaissons pas exactement leurs revendications. Leur combat doit s’articuler politiquement (...). Les vice-présidents irakiens doivent maintenant décider ou non de faire adopter ces principes par tous les partis politiques représentés au Parlement ou ailleurs. » Q - Vous êtes spécialiste des processus de paix et de réconciliation de l’Irlande du Nord et de l’Afrique du Sud. Quelles sont les leçons que l’on peut en tirer pour l’Irak ? R - « Les sociétés divisées sont mieux à même de comprendre les autres sociétés divisées. Elles ont tendance à penser que leur problème est unique, qu’elles sont à part. À maints égards, leur comportement est celui des victimes d’addictions qui pensent qu’elles sont seules dans ce cas jusqu’à ce qu’elles se rendent à une réunion pour drogués, alcooliques ou joueurs anonymes (...). Le point commun entre les Sud-Africains, les Nord-Irlandais et les Irakiens, ce sont leurs dispositions psychologiques, le regard qu’ils portent sur eux-mêmes et sur les autres, le prisme à travers lequel ils considèrent l’autre : leurs perceptions se forment toujours en fonction de l’autre. » Q - Comment, dans la perspective d’un processus de réconciliation nationale en Irak, régler la question des influences étrangères ? R - « C’est un aspect que nous ne pouvions pas traiter, et nous avons insisté dès le départ sur le fait que cela ne relevait pas de notre compétence (...). Cela dit, il y a une forme de dénégation (chez les Irakiens, NDLR) qui consiste à dire “Tout est de la faute d’el-Qaëda, et une fois que l’on en aura fini avec el-Qaëda, tout sera résolu”. Mais les données les plus fiables indiquent qu’el-Qaëda est responsable d’environ 15 % des violences (...). La vraie dimension du problème, c’est la relation entre chiites et sunnites, et c’est de cela dont ils ont commencé à parler en Finlande. C’est aussi la raison pour laquelle la question des Kurdes n’a pas été abordée. Les chiites et les sunnites ont beaucoup de chemin à faire d’ici là (...). L’esprit de compromis existe, sans quoi cette rencontre n’aurait jamais eu lieu. »

L’universitaire irlandais Padraig O’Malley (University of Massachusetts), qui a organisé une réunion entre dirigeants sunnites et chiites irakiens cette semaine à Helsinki en Finlande, estime, lors d’une interview accordée à l’AFP, que l’expression politique des insurgés est une condition nécessaire au règlement du conflit.

Q - Quel est le résultat le plus marquant de cette réunion ?
R - « L’accord d’Helsinki signé par les participants stipule qu’aucun acteur ne peut être laissé de côté dans un processus de négociation, en particulier si celui-ci recourt à la violence, parce qu’il faudra l’intégrer quoi qu’il arrive. Soit vous l’intégrez dès le début, soit vous le marginalisez et vous continuez à le marginaliser jusqu’à ce que vous compreniez qu’il doit absolument être partie...