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Pétrole La pression monte sur l’OPEP pour augmenter sa production

La pression des pays occidentaux s’intensifie sur l’OPEP pour convaincre le cartel d’augmenter sa production de pétrole, alors que les prix du brut ont atteint de nouveaux sommets historiques. L’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) « doit se poser des questions. On sent quelques petits craquements » dans sa position, estime Francis Perrin, directeur de la rédaction de la revue Le pétrole et le gaz arabes. « J’aurais tendance à penser » que la pression s’intensifie sur le cartel, renchérit Philippe Chalmin, spécialiste des matières premières, qui estime que l’OPEP n’a « aucun intérêt à avoir des prix de marché aussi élevés ». Les cours du « light sweet crude » sont montés mercredi jusqu’à 78,77 dollars le baril à New York, un record, en réaction à un plongeon surprise des stocks américains de brut. L’activité des raffineries américaines bat son plein alors que leur période de maintenance est achevée, d’où un bond de la demande de brut qui a fait chuter les stocks aux États-Unis. Lors de son dernier rapport mi-juillet, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) estimait que cette augmentation de la demande devrait atteindre 2,8 millions de barils par jour (mbj) dans les prochaines semaines. Une situation qui, sans rapide intervention de l’OPEP, pourrait déboucher sur une pénurie de brut au troisième trimestre, martèle l’AIE, qui défend les intérêts énergétiques des pays consommateurs. L’OPEP, qui n’a pas souhaité commenter la nouvelle poussée de fièvre de l’or noir, répète depuis des mois que cette flambée est liée non pas à un manque de brut, mais aux problèmes de raffinage aux États-unis, aux tensions géopolitiques et à la spéculation. Selon elle, une augmentation de sa production serait sans effet sur les prix. Il y a dix jours, le président du cartel, le ministre du Pétrole émirati Mohammad al-Hameli, a toutefois marqué une légère inflexion en se disant « préoccupé » par les prix actuels et en affirmant que l’OPEP était « prête » à accroître si nécessaire sa production, pas forcément « avant la fin de l’année ». « On sera très bientôt dans une phase de réexamen de la situation », estime Francis Perrin, même s’il ne s’attend pas à ce que l’OPEP agisse avant sa prochaine réunion, le 11 septembre à Vienne. « Si on remet deux millions de barils par jour sur le marché », les prix redescendront, ajoute M. Chalmin. Même analyse chez Manouchr Takin, du Centre for Global Energy Studies (CGES) : « Si les pays membres de l’OPEP produisent plus, même s’ils se contentent d’annoncer qu’ils pourraient peut-être augmenter leur production en septembre, les prix baisseront. » Claude Mandil, directeur de l’AIE, juge, lui, que l’évolution des prix à court terme va « dépendre de la réaction des pays producteurs » et espère que « tout le monde en tirera les conséquences ». Comme l’avait fait M. Mandil début juillet, Francis Perrin envisage que les pays membres de l’OPEP puissent d’ici à septembre augmenter discrètement leur production et « donner un peu plus de pétrole à leurs clients traditionnels ». Philippe Chalmin souligne toutefois que l’Arabie saoudite est le seul pays à disposer de capacités excédentaires de production significatives. Elles sont, selon les sources, estimées à entre 1,5 et 2,4 mbj. Mais l’Arabie saoudite pourrait hésiter à pomper plus de pétrole car, « tant qu’elle n’a pas libéré toutes ses réserves de production, elle existe politiquement », insiste-t-il. « Tous les autres ont le pied au plancher » et produisent au maximum de leur capacité, à l’instar du Venezuela et de l’Iran, qui s’est de nouveau opposé dimanche à une augmentation de production de l’OPEP, conclut M. Chalmin.
La pression des pays occidentaux s’intensifie sur l’OPEP pour convaincre le cartel d’augmenter sa production de pétrole, alors que les prix du brut ont atteint de nouveaux sommets historiques.
L’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) « doit se poser des questions. On sent quelques petits craquements » dans sa position, estime Francis Perrin, directeur de la rédaction de la revue Le pétrole et le gaz arabes.
« J’aurais tendance à penser » que la pression s’intensifie sur le cartel, renchérit Philippe Chalmin, spécialiste des matières premières, qui estime que l’OPEP n’a « aucun intérêt à avoir des prix de marché aussi élevés ».
Les cours du « light sweet crude » sont montés mercredi jusqu’à 78,77 dollars le baril à New York, un record, en réaction à un plongeon...