Six mois après l’envoi des renforts américains en Irak, des experts indépendants et des proches de l’Administration Bush notent des signes encourageants en matière de sécurité, mais restent pessimistes sur l’évolution politique.
De retour d’une semaine sur le terrain, deux experts de l’Institut Brookings, Michael O’Hanlon et Kenneth Pollack, qui ont souvent critiqué la politique américaine en Irak, ont expliqué avoir constaté des « progrès considérablement plus importants qu’attendu sur le plan de la sécurité ». « C’est la première fois que je reviens d’Irak réellement plus optimiste que je suis parti », a expliqué M. Pollack, évoquant les progrès contre el-Qaëda dans la province de Anbar, dans l’ouest de l’Irak, et le retour du calme dans les villes de Tal-Afar et Mossoul, dans le nord du pays.
Le numéro deux du Pentagone, Gordon England, s’est pour sa part déclaré « frappé » par les progrès de la sécurité dans certaines zones. « Les efforts en Irak à ce jour montrent des progrès », a-t-il insisté devant la commission des Affaires budgétaires de la Chambre des représentants.
L’amiral Michael Mullen, qui témoignait devant une commission de sénateurs chargés d’examiner sa nomination comme prochain chef d’état-major interarmées, le poste le plus élevé au sein de l’armée américaine, a lui aussi évoqué ces progrès. « Les renforts sont là pour donner à nos commandants sur le terrain les moyens de mener des tactiques plus efficaces et d’améliorer la sécurité. C’est ce qui est en train de se passer. La sécurité est meilleure. Pas formidable, mais meilleure », a expliqué l’amiral.
Mais Michael Mullen a immédiatement ajouté que si la sécurité était essentielle, elle ne servait qu’à permettre au gouvernement irakien d’atteindre les deux autres objectifs indispensables à la stabilisation du pays : la réconciliation politique nationale et le développement économique. « Si cela n’arrive pas, le nombre de soldats engagés et la durée de leur engagement ne changeront pas grand-chose », a prévenu l’amiral, faisant écho aux nombreux généraux qui ont déjà prévenu qu’une solution uniquement militaire était impossible en Irak.
Et sur ce plan, les deux experts ont expliqué que le gouvernement irakien avait fait « zéro » progrès. Après avoir rencontré des généraux américains, des diplomates et des responsables irakiens, Michael O’Hanlon et Kenneth Pollack ont conclu que le gouvernement était « un bazar complet », incapable de trouver l’élan politique sur lequel repose la stratégie américaine.
Malgré cette nuance, un parlementaire influent, le démocrate John Murtha, ancien Marine, poids lourd de la Chambre des représentants en matière d’affaires militaires et farouche opposant à la guerre en Irak, a fermement dénoncé hier les propos des deux experts. « Je ne sais pas où ils sont allés. Je ne sais pas ce qu’ils ont vu. Mais je sais une chose : cela ne s’arrange pas (...). Leurs propos sont trop optimistes et illusoires », a déclaré M. Murtha sur la chaîne de télévision CNN.
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De retour d’une semaine sur le terrain, deux experts de l’Institut Brookings, Michael O’Hanlon et Kenneth Pollack, qui ont souvent critiqué la politique américaine en Irak, ont expliqué avoir constaté des « progrès considérablement plus importants qu’attendu sur le plan de la sécurité ». « C’est la première fois que je reviens d’Irak réellement plus optimiste que je suis parti », a expliqué M. Pollack, évoquant les progrès contre el-Qaëda dans la province de Anbar, dans l’ouest de l’Irak, et le retour du calme dans les villes de Tal-Afar et Mossoul, dans le nord du...