L’AKP semble prêt à un nouveau
bras de fer avec l’armée
le 27 juillet 2007 à 00h00
L’AKP du Premier ministre Tayyip Erdogan, vainqueur des élections législatives dimanche en Turquie, semble de plus en plus tenté de présenter à nouveau la candidature du chef de la diplomatie Abdullah Gül à la présidence de la République, au risque d’un nouveau bras de fer avec les militaires. Les milieux laïcs de Turquie, attachés aux valeurs héritées du kémalisme, auront cette fois du mal à bloquer une nouvelle candidature de Gül, étant donné la large victoire de l’AKP, le Parti de la justice et du développement, dans les urnes le week-end dernier.
En remportant près de la moitié des sièges au Parlement, le parti d’Erdogan considère que le peuple turc a, dans une certaine mesure, cautionné l’accession de l’actuel ministre des Affaires étrangères à la tête de l’État, une idée que l’intéressé a lui-même avancée mercredi. Mettant en avant son passé islamiste et le fait que sa femme porte le voile, l’armée et les milieux laïcs sont toujours réticents à la candidature de Gül, qu’ils jugent dangereuse pour le principe de séparation entre la religion et l’État. En mai, l’opposition laïque, encouragée par le puissant état-major turc, avait empêché l’élection de Gül par le Parlement en boycottant le scrutin, empêchant ainsi l’AKP de réunir le quorum nécessaire à la désignation du chef de l’État.
La donne a toutefois changé hier. Le chef de file du parti ultranationaliste MHP a annoncé que ses députés participeraient à l’élection du prochain président. Avec la présence des 70 députés du MHP, la question du quorum ne se posera donc pas.
Sauf énorme surprise, Gül sera le prochain président, succédant à Ahmed Necdet Sezer, un laïc convaincu dont le mandat a expiré cette année. La perspective de l’investiture de Gül et d’un nouveau conflit avec l’élite laïque effraie les marchés turcs, pour qui l’instabilité politique signifie un recul des investissements et l’affaiblissement de la monnaie nationale. La livre turque perdait ainsi 3 % hier et l’indice boursier de référence d’Istanbul, l’ISE 100, cédait de son côté 5 %.
Si personne en Turquie ne redoute un coup de force de l’armée, les spécialistes pensent toutefois que l’élite laïque du pays sera moins encline à coopérer avec Gül sur des sujets épineux comme l’adhésion à l’Union européenne, le statut de Chypre ou la question du séparatisme kurde. Erdogan a déclaré qu’il souhaitait éviter de nouvelles tensions et a promis de consulter l’opposition avant de présenter devant le Parlement un candidat à la succession de Sezer.
L’AKP du Premier ministre Tayyip Erdogan, vainqueur des élections législatives dimanche en Turquie, semble de plus en plus tenté de présenter à nouveau la candidature du chef de la diplomatie Abdullah Gül à la présidence de la République, au risque d’un nouveau bras de fer avec les militaires. Les milieux laïcs de Turquie, attachés aux valeurs héritées du kémalisme, auront cette fois du mal à bloquer une nouvelle candidature de Gül, étant donné la large victoire de l’AKP, le Parti de la justice et du développement, dans les urnes le week-end dernier.
En remportant près de la moitié des sièges au Parlement, le parti d’Erdogan considère que le peuple turc a, dans une certaine mesure, cautionné l’accession de l’actuel ministre des Affaires étrangères à la tête de l’État, une idée que...
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