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Actualités - Chronologie

Quand les miliciens chiites dament le pion aux soldats US

Dans les rues animées de Hurriyah, les habitants affirment que ce quartier de l’ouest de Bagdad est devenu très sûr, non pas grâce au plan de sécurisation américano-irakien mis en place dans la capitale, mais en raison d’une puissante milice chiite qui agit dans l’ombre. Lorsqu’on interroge la population sur la sécurité dans le quartier, les mêmes réponses reviennent : ici, pas d’inquiétudes, ni milice ni insurgés. Les militaires américains chargés de surveiller Hurriyah sont convaincus, eux, que bon nombre des habitants adhèrent à une milice souterraine. « La raison qui leur fait dire que c’est sûr ici est que tous les sunnites qui les inquiétaient – et étaient leurs voisins pendant des générations – sont morts », affirme le lieutenant William Cone. L’Armée du mahdi, soupçonnée d’avoir éliminé nombre d’habitants de la communauté rivale, « passerait à tabac ceux qui parleraient », dit-il. La milice chiite fondée par le leader radical Moqtada Sadr ne s’affiche plus dans les rues de Bagdad depuis le lancement, il y a cinq mois, du plan de sécurisation qui a entraîné le déploiement d’importants renforts militaires américains et irakiens dans la capitale. Mais l’Armée du mahdi continue d’exercer un contrôle sur une grande partie de quartiers tel Hurriyah. Un matin de la semaine passée, des tirs retentissent non loin d’une voie ferrée abandonnée, où des soldats américains effectuent une patrouille. L’un d’eux aperçoit des mouvements suspects sur le toit d’un bâtiment. Des militaires se précipitent alors dans une maison occupée par un vieil homme, ses trois fils, deux femmes et deux enfants. Ils emmènent l’un des jeunes garçons près de la véranda à l’arrière et l’interrogent. « Pourquoi étiez-vous sur le toit ? » demande un soldat. « J’élève des oiseaux là-bas. » « Où est votre AK ? » interroge le soldat en allusion au fusil d’assaut AK-47, présent dans la majorité des foyers en Irak. « Pas d’AK. » « Donc si nous fouillons votre maison, nous n’allons rien trouver ? » « J’ai juste un AK. » Tout Irakien a le droit de posséder un AK. « Je m’en fiche de votre AK. Qui nous a tiré dessus ? » demande alors le lieutenant William Cone. « Je ne sais pas. » « Putain de menteur », lance un autre soldat. Les militaires pensent que les tirs provenaient d’un endroit un peu plus au sud, mais ils ont des soupçons car la maison est voisine d’une rue où des insurgés posent fréquemment des engins explosifs ciblant les forces de la coalition. « Vous savez quelque chose à propos des gars qui placent des bombes dans cette rue ? » demande le lieutenant Cone au vieux monsieur assis à même le sol. « Non, je le jure. » « Parce que j’ai été moi-même visé par une explosion dans cette rue. Vous n’avez rien entendu là-dessus ? » insiste l’officier. « On entend parfois des bombes. » Les soldats américains déployés dans ce quartier depuis sept mois sont régulièrement attaqués par des tireurs embusqués, des tirs de mortier, voire des armes plus sophistiquées qui ont récemment tué deux GI à l’intérieur d’un blindé. Presque à chaque fois, les habitants du quartier affirment n’avoir rien vu. L’arrivée de 9 000 soldats américains supplémentaires déployés progressivement de février à juin dans le cadre du plan de sécurisation de Bagdad semble avoir eu un effet très limité sur les milices chiites jamais défaites. Certains pensent même qu’elles renforcent leur pouvoir en toute discrétion. « Je pense que certains les soutiennent, que d’autres ont peur et que la plupart ne veulent pas s’en mêler », estime le capitaine Irvin Nelms. Le commandement américain affirme même avoir arrêté des sunnites qui seraient membres de l’Armée du mahdi, farouchement antiaméricaine. Joseph KRAUSS (AFP)

Dans les rues animées de Hurriyah, les habitants affirment que ce quartier de l’ouest de Bagdad est devenu très sûr, non pas grâce au plan de sécurisation américano-irakien mis en place dans la capitale, mais en raison d’une puissante milice chiite qui agit dans l’ombre. Lorsqu’on interroge la population sur la sécurité dans le quartier, les mêmes réponses reviennent : ici, pas d’inquiétudes, ni milice ni insurgés.
Les militaires américains chargés de surveiller Hurriyah sont convaincus, eux, que bon nombre des habitants adhèrent à une milice souterraine. « La raison qui leur fait dire que c’est sûr ici est que tous les sunnites qui les inquiétaient – et étaient leurs voisins pendant des générations – sont morts », affirme le lieutenant William Cone. L’Armée du mahdi, soupçonnée d’avoir...