Le nouveau projet d’accord annoncé par l’Organisation mondiale du commerce (OMC) pour ressusciter les négociations ne fait pas que des adeptes.
Il risque même de provoquer une crise entre la France et ses partenaires européens si une percée se concrétise.
Les ministres du Commerce des Vingt-Sept se réunissent dimanche soir à Bruxelles pour évaluer la proposition mise mardi sur la table par les médiateurs de l’OMC en matière de libéralisation du commerce agricole et industriel afin de parvenir à un accord afin la fin du mois de juillet.
Il faut que les Européens accordent leurs violons afin de donner leur réponse lundi prochain lors d’une réunion qui rassemblera tous les pays membres de l’organisation à Genève.
Or, la France et la Commission européenne, les deux meilleurs ennemis du monde sur le plan commercial, ont exprimé des points de vue diamétralement opposés sur ces propositions.
La France a reçu hier le soutien du plus puissant syndicat européen des agriculteurs, le COPA, qui estime que les médiateurs demandent des sacrifices trop importants aux Européens et sont par trop favorables aux États-Unis.
Pour une fois, les milieux d’affaires européens sont sur la même longueur d’onde que les syndicats agricoles.
BusinessEurope, qui représente le patronat européen, estime en effet que la réduction des droits de douane demandée aux pays émergents est beaucoup trop limitée.
Les droits de douane de l’Union européenne sur les produits agricoles devraient être réduits en moyenne de 64 %, alors que l’offre faite par la Commission européenne en octobre 2005 – et déjà vivement contestée par la France – parlait de 46 %.
Les tarifs agricoles européens les plus élevés baisseraient de 73 %, contre 60 % proposés par l’exécutif européen.
Le projet d’accord prévoit que les pays développés pourront qualifier de « sensibles » de 4 à 6 % de leurs produits afin de les protéger, alors que l’UE demandait 8 % et les États-Unis 1 %.
Don Stephenson, l’ambassadeur canadien à l’OMC et médiateur des discussions sur les produits industriels, a, quant à lui, proposé que les droits de douane maxima appliqués par les pays en développement ne dépassent pas 23 %, alors que l’UE prône un maximum de 15 % et que le Brésil veut en rester à 30 %.
La moyenne des droits industriels appliqués dans les pays en développement ne dépasserait pas 12 %, tandis qu’elle serait de 3 % dans les pays riches, sauf quelques crêtes à 10 % maximum.
Les États-Unis sont eux aussi prudents sur ces propositions, de même que les pays émergents qui jouent un rôle de plus en plus essentiel dans ces négociations commerciales.
Le directeur général de l’OMC, le Français Pascal Lamy, fait pression pour que les négociations soient bouclées cette année encore, afin d’éviter qu’elles ne débordent sur les prochaines campagnes électorales américaine et indienne.
Par ailleurs, le gouvernement japonais s’est également déclaré hier opposé « à ce stade » au nouveau projet d’accord. Il a jugé le pourcentage de produits agricoles sensibles « insuffisant » et les droits de douane accordés aux pays émergents – entre 19 % et 23 % – encore « trop hauts ».
Le nouveau projet d’accord annoncé par l’Organisation mondiale du commerce (OMC) pour ressusciter les négociations ne fait pas que des adeptes.
Il risque même de provoquer une crise entre la France et ses partenaires européens si une percée se concrétise.
Les ministres du Commerce des Vingt-Sept se réunissent dimanche soir à Bruxelles pour évaluer la proposition mise mardi sur la table par les médiateurs de l’OMC en matière de libéralisation du commerce agricole et industriel afin de parvenir à un accord afin la fin du mois de juillet.
Il faut que les Européens accordent leurs violons afin de donner leur réponse lundi prochain lors d’une réunion qui rassemblera tous les pays membres de l’organisation à Genève.
Or, la France et la Commission européenne, les deux meilleurs ennemis du monde sur le plan...
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