Basta ! Qu’ils arrêtent leur cinéma débile et « débilisant », qu’ils cessent de nous assommer avec leurs analyses insipides, leurs vaines polémiques, qu’ils enfouissent dans leurs placards nauséabonds les linges sales qu’ils déballent, qu’ils exhibent comme des trophées de guerre.
Cela suffit ! Leurs frasques n’intéressent plus personne, leurs explications, leurs accusations, leurs justifications ennuient, lassent les derniers des « excités », les derniers des béni-oui-oui.
Un débat politique ? Nenni. Un vaudeville raté, une comédie burlesque, un plateau décrépit où évoluent les mêmes acteurs ressassant les mêmes inepties, les mêmes stupidités.
Et quand le religieux s’imbrique avec le politique, c’est alors la cerise sur le gâteau : les tambours de la guerre résonnent aussitôt, et du plus petit au plus grand, du chiite au sunnite, en passant par le plus laïc des chrétiens, tous enfourchent le cheval de bataille, celui du redresseur de torts. Un combat d’arrière-garde contre des moulins à vent. Don Quichotte en rirait lui-même. Mais pourquoi donc avoir allumé la mèche, provoqué l’étincelle ? Les voies célestes sont forcément impénétrables.
Le ridicule, dit-on, ne tue pas. Mais au Liban, il incite au crime, conduit à l’assèchement du cœur et de l’esprit. Et l’on voit alors les mêmes, ceux qui avaient tourné en dérision les larmes de l’honneur versées par Fouad Siniora durant l’horrible guerre de juillet, ironiser sur les menaces de mort pesant sur certains députés, qualifier « d’indice de faillite » leur seule volonté de vouloir se mettre à l’abri des assassins qui les suivent à la trace.
Basta ! Qu’ils arrêtent donc leur cinéma débile et « débilisant », un « Reality Show » bête et méchant qui discrédite, qui disqualifie ceux-là mêmes qui en sont les protagonistes et les parrains.
« D’erreur de calcul », l’été dernier, en obstructionnisme délibéré cette année, la boucle est bouclée, le « crime parfait » en cours d’accomplissement. 2006 : le désastre, la paralysie générale. 2007 : rebelote, sans même le concours de « l’ennemi israélien ».
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Les Libanais fatigués, écœurés de politique ? On le serait pour moins. Mais ils ne baissent pas les bras, n’abandonnent pas la partie. Lentement, sûrement, les habitudes de vie, de survie reprennent le dessus, une résistance civique se met en place, sort progressivement de l’ombre : des bombes, des voitures piégées explosent dans les rues, on tient aussitôt les meetings, les fêtes prévus sur les hauteurs, sur les terrasses surélevées ; les festivals de l’été sont suspendus, on se rabat rapidement sur des spectacles en champ sécurisé. Et de Demi Evans au fameux Tiesto, c’est, en chant et en musique, le pied de nez des jeunes aux empêcheurs de tourner en rond.
Ils veulent tuer la vie culturelle, la richesse plurielle du Liban, imposer la langue de bois, la pensée unique, c’est raté : l’Unesco proclame Beyrouth capitale mondiale du livre pour l’an 2009. Un combat permanent qui se livre au niveau des élites, à travers les pages culturelles des journaux, par le biais, aussi, de L’Orient Littéraire qui transmet chaque mois un message de dialogue, d’ouverture.
Les Libanais fatigués, écœurés de politique ? On le serait évidemment pour moins, et les lecteurs le disent, le crient tous les jours dans les colonnes de ce journal, sur le site Internet aussi.
« Merci mille fois de parler d’autre chose que de la guerre, des souffrances et des atrocités journalières », « Quel beau et gourmand sujet au milieu de la morosité ambiante, des divisions politiques, des nouvelles alarmantes », « Un an après la guerre de juillet, merci de nous proposer ce plat de résistance, ce cadeau fédérateur » : au top ten des articles les plus lus de la semaine écoulée, c’est, tenez-vous bien, le papier de Maya Ghandour Hert sur le taboulé qui a remporté la palme. « Tabouleurs du monde entier, unissez-vous » : c’était pour annoncer la journée nationale du taboulé célébrée le 7 juillet (le compte rendu de Carla Henoud en page 16).
Pourquoi cette frénésie ? « Parce qu’il s’agit là d’un plat réunificateur dans un pays déchiré par les guerres, un plat symbolique par la diversité de ses ingrédients comme l’est la nation libanaise », expliquent les experts en la matière.
Le taboulé figurera-t-il au menu qui sera servi aux convives à La Celle-Saint-Cloud ?
Il faut le souhaiter : les forts en gueule auront ainsi une bonne occasion de se taire et de retrouver, peut-être, le goût de l’unité dans la diversité.
Nagib AOUN
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Cela suffit ! Leurs frasques n’intéressent plus personne, leurs explications, leurs accusations, leurs justifications ennuient, lassent les derniers des « excités », les derniers des béni-oui-oui.
Un débat politique ? Nenni. Un vaudeville raté, une comédie burlesque, un plateau décrépit où évoluent les mêmes acteurs ressassant les mêmes inepties, les mêmes stupidités.
Et quand le religieux s’imbrique avec le politique, c’est alors la cerise sur le gâteau : les tambours de la guerre résonnent aussitôt, et du plus...