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France Fillon tente de sortir de l’ombre de Sarkozy

Le Premier ministre français François Fillon, qui peine à exister face à l’« hyperprésident » Nicolas Sarkozy présent sur tous les fronts, a tenté d’affirmer son rôle et de faire taire les sarcasmes en présentant hier son programme de gouvernement devant les députés. M. Fillon a assuré la détermination de son gouvernement à mettre en œuvre les réformes décidées par M. Sarkozy, qui allient libéralisme économique et une plus grande sévérité en matière de répression de la délinquance ou du contrôle de l’immigration. M. Fillon, qui avait promis des « surprises », a en fait consacré la quasi-totalité de son discours à reprendre les promesses électorales de M. Sarkozy, sans faire d’annonce nouvelle. Il a ainsi souligné que l’effort consacré à l’enseignement supérieur serait « la priorité absolue », avec 5 milliards d’euros consacrés aux universités d’ici à 2012. Il a aussi confirmé le principe du non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite et repris l’objectif d’un retour au « plein emploi » en 2012. Face à l’omniprésence de M. Sarkozy, les déclarations de M. Fillon étaient passées jusqu’ici relativement inaperçues, y compris dans son propre camp qui s’en remet entièrement au nouveau président. Quant à la gauche, elle ne voit en M. Fillon qu’une « marionnette » entre les mains de M. Sarkozy. Dans une déclaration à la tribune de l’Assemblée après le discours de M. Fillon, le chef de l’opposition socialiste François Hollande a raillé le rôle devenu secondaire du Premier ministre, en parlant de « dérive présidentialiste ». Annonçant la création d’une commission composée « de personnalités incontestables pour leurs compétences », M. Fillon a lancé le chantier de la réforme des institutions, notamment pour renforcer les pouvoirs du Parlement. Dans le système de la Ve République mis en place il y a un demi-siècle par le général de Gaulle, c’est traditionnellement le Premier ministre qui engage sa responsabilité devant le Parlement. Mais M. Sarkozy, qualifié d’« hyperprésident » par la presse, a changé la donne par rapport à ses prédécesseurs : depuis sa prise de fonctions le 16 mai, il intervient au jour le jour sur tous les fronts, déclarant avoir « été élu pour faire quelque chose sur tout », et le rôle du chef du gouvernement est réduit à la portion congrue. Pour le quotidien Libération, cette nouvelle pratique du pouvoir pourrait « aboutir à la suppression d’un poste de Premier ministre devenu emploi fictif ». François Fillon a lui-même appelé de ses vœux la « présidentialisation » du régime dans un essai qu’il a publié à l’automne, dans lequel il souhaite que la Constitution « confie clairement » au chef de l’État « la conduite de la politique de la nation ». L’intéressé assure n’avoir aucun problème d’ego et vivre très bien l’omniprésence de Nicolas Sarkozy : « Il est le numéro un et je suis le numéro deux, et tous ceux qui voudront me pousser à exister contre lui perdent leur temps. »
Le Premier ministre français François Fillon, qui peine à exister face à l’« hyperprésident » Nicolas Sarkozy présent sur tous les fronts, a tenté d’affirmer son rôle et de faire taire les sarcasmes en présentant hier son programme de gouvernement devant les députés.
M. Fillon a assuré la détermination de son gouvernement à mettre en œuvre les réformes décidées par M. Sarkozy, qui allient libéralisme économique et une plus grande sévérité en matière de répression de la délinquance ou du contrôle de l’immigration. M. Fillon, qui avait promis des « surprises », a en fait consacré la quasi-totalité de son discours à reprendre les promesses électorales de M. Sarkozy, sans faire d’annonce nouvelle. Il a ainsi souligné que l’effort consacré à l’enseignement supérieur serait « la priorité...