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Actualités - Reportages

En Irak, les enfants payent un lourd tribut au conflit

Durement marqués psychologiquement par les violences et les attentats, souffrant de conditions sanitaires qui se détériorent, les enfants irakiens payent un lourd tribut au conflit, selon des organisations humanitaires. Le jour où sa mère et son frère sont morts dans un attentat restera gravé à jamais dans la mémoire de Ziad Irhaima, un enfant de Kirkouk (nord), âgé de 8 ans, qui a lui-même dû être amputé d’un bras après l’explosion. « Je n’oublierai jamais l’image de ma mère et de mon frère allongés par terre et couverts de sang », se souvient-il. Nawzad Mahmoud, 9 ans, victime d’un attentat à la voiture piégée, s’en est lui mieux sorti avec une blessure à la jambe droite. Mais il se souviendra toujours des quatre corps d’enfants brûlés qu’il a vus autour de lui, lorsque la poussière s’est dissipée. « Nawzad est amer. Il est si dur pour lui de voir d’autres enfants à l’école qu’il a abandonné », relate son père, Mahmoud Shakir. Les enfants se retrouvent également bien souvent pris au milieu de combats entre l’armée américaine ou britannique et les rebelles. « Je quittais juste l’école quand je me suis retrouvé au milieu d’un champ de bataille (entre l’armée américaine et les insurgés sunnites). J’ai été touché dans le dos et maintenant je suis paralysé », raconte, assis dans sa chaise roulante, Yas Khidir, 9 ans, de Ramadi (ouest). Comme des milliers d’autres, ces enfants sont les victimes des violences qui ensanglantent quotidiennement le pays depuis l’invasion de l’armée américaine en mars 2003. « 33 % des enfants handicapés, enregistrés dans le pays, ont été victimes d’attentats », souligne le directeur pour Bagdad du Croissant-Rouge, Qamar Abdel-Rahman. « Il y a des cas désespérés qui ne peuvent pas être soignés en Irak », ajoute-t-il. « Les conditions de vie de nombreux enfants irakiens se détériorent », notamment à cause de l’exode massif des médecins irakiens, estime de son côté Roger Wright, représentant du fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef) en Irak. « Nous n’avons pas assez de personnel et de matériel pour répondre à l’afflux de patients et de victimes », témoigne Abdel-Hamid Rachid, un médecin de l’hôpital de Samarra. Exemple de la mauvaise qualité des soins : l’amputation d’Ali Mourtadha, 10 ans, blessé dans sa ville de Kerbala (sud) par des éclats d’un obus de mortier tombé sur son école. « Nous n’avions pas le matériel adéquat pour sauver la jambe de cet enfant », proteste son médecin, Abdel-Razaq Khalaf. L’Unicef a affirmé récemment avoir besoin de 42 millions de dollars pour apporter une aide sanitaire basique, de l’eau et l’éducation, pour les six prochains mois, aux enfants irakiens dans leur pays ou à ceux réfugiés en Jordanie ou en Syrie. Selon l’organisation, seuls 30 % des enfants ont accès à l’eau potable, ce qui lui fait craindre que les premiers cas de choléra enregistrés la semaine dernière dans le pays ne se transforment en épidémie cet été. Les conditions sanitaires en Irak se sont dégradées depuis 2003. Le système d’approvisionnement en eau et d’assainissement, déjà en mauvais état, a été gravement endommagé. Par ailleurs, rendus orphelins par le conflit, des enfants irakiens rejoignent les rangs des groupes rebelles. Dans la province de Diyala (nord de Bagdad), « certains enfants et adolescents ont rejoint les rangs des insurgés sunnites ou des milices chiites, que cela soit pour de l’argent, pour être protégés ou pour venger des membres de la famille », estimait en 2006 un rapport de l’ONU, qui notait en outre une augmentation de la consommation de drogue chez les orphelins. Salam FARAJ (AFP)
Durement marqués psychologiquement par les violences et les attentats, souffrant de conditions sanitaires qui se détériorent, les enfants irakiens payent un lourd tribut au conflit, selon des organisations humanitaires.
Le jour où sa mère et son frère sont morts dans un attentat restera gravé à jamais dans la mémoire de Ziad Irhaima, un enfant de Kirkouk (nord), âgé de 8 ans, qui a lui-même dû être amputé d’un bras après l’explosion. « Je n’oublierai jamais l’image de ma mère et de mon frère allongés par terre et couverts de sang », se souvient-il.
Nawzad Mahmoud, 9 ans, victime d’un attentat à la voiture piégée, s’en est lui mieux sorti avec une blessure à la jambe droite. Mais il se souviendra toujours des quatre corps d’enfants brûlés qu’il a vus autour de lui, lorsque la poussière...