Le Conseil de sécurité de l’ONU a dissous hier l’organisme qu’il avait chargé de superviser l’élimination des programmes d’armes de destruction massive (ADM) de l’Irak, où aucune arme de ce type n’a été trouvée depuis l’invasion du pays en 2003. Le Conseil a pris cette décision dans une résolution, corédigée par les États-Unis et le Royaume-Uni, adoptée par 14 voix sur 15 et numérotée 1762. La Russie s’est abstenue.
Ainsi « la page est tournée », selon le mot d’un diplomate, sur un épisode historique qui restera à jamais controversé, Washington et Londres ayant passé outre l’avis de cet organisme dans leur décision de partir en guerre contre le régime de Saddam Hussein en 2003.
« C’est une journée historique car elle ouvre un nouveau chapitre en ce qui concerne l’Irak et les ADM », a déclaré à la presse l’ambassadeur américain, Zalmay Khalilzad. Il a estimé que si les États-Unis avaient « sous-estimé les capacités irakiennes dans le domaine des ADM » avant la première guerre du Golfe en 1991, ils les avaient surestimées avant l’invasion de 2003.
La résolution « met fin immédiatement » au mandat de la Commission de contrôle, vérification et inspection des Nations unies (Cocovinu), chargée de localiser et de démanteler les armes chimiques et bactériologiques de l’Irak, ainsi que ses missiles à longue portée. Elle ferme également le bureau de vérification nucléaire en Irak de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), qui était responsable du démantèlement du programme nucléaire de ce pays.
N’ayant pas découvert de telles armes en Irak après l’invasion, les États-Unis souhaitaient depuis deux ans la fin de toutes les opérations d’inspection de l’ONU sur le terrain. Dans une récente lettre conjointe au président du Conseil de sécurité, les États-Unis et la Grande-Bretagne affirmaient que « toutes les mesures appropriées » avaient été prises pour « contrôler, retirer, neutraliser (...) éliminer ou détruire toutes les armes de destruction massive connues de l’Irak et ses missiles balistiques d’une portée supérieure à 150 km ».
La Cocovinu avait été créée en 1999 par la résolution 1284 du Conseil afin de vérifier que l’Irak n’avait plus d’ADM et s’était conformé à ses obligations de ne pas acquérir de nouvelles armes prohibées. Ses inspecteurs avaient quitté l’Irak le 18 mars 2003, juste avant l’invasion, et n’ont jamais été autorisés à y retourner.
La tâche de découvrir d’éventuelles armes de destruction massive irakiennes avait alors été confiée à un organisme de la coalition, le Groupe d’inspection de l’Irak (ISG), mais aucune n’a été trouvée, ce qui a mis à mal le principal argument avancé par Washington et Londres pour justifier l’invasion.
Enfin, la résolution 1762 appelle Bagdad à honorer son engagement constitutionnel de « ne pas faire proliférer, développer, produire ou utiliser des armes nucléaires, chimiques ou bactériologiques et tout équipement lié ».
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