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Actualités - Opinion

Le non retentissant des prosyriens à la Ligue

Les prosyriens rejettent les suggestions de Amr Moussa et l’agenda qu’il propose, en base des résolutions du Conseil de la Ligue réuni au niveau des ministres des AE. Ordre du jour qui aligne l’entente sur un cabinet d’union, l’accord sur le prochain président de la République, le soutien aux forces publiques, l’abolition de l’arsenal palestinien hors des camps, la régulation de l’armement à l’intérieur de ces camps, le traitement de la situation à la frontière avec la Syrie. Les bons amis de Damas persistent et signent : tout ce qu’il faut, c’est un cabinet d’union, de 17/13, avec tiers de blocage. Après quoi on lèverait le sit-in des tentes. Et on entamerait un débat englobant le programme de l’Exécutif, la présidentielle et des législatives anticipées. La majorité a, pour sa part, dit oui à la mission arabe. En précisant toutefois qu’il est aussi logique que nécessaire d’engager un dialogue interlibanais au top niveau. Car il n’y a tout simplement pas moyen de former un cabinet dit d’union alors que les chefs ne se parlent toujours pas. Bien entendu, les loyalistes fustigent, encore et toujours, la docilité de leurs vis-à-vis à l’égard de Damas. Ils soutiennent que l’attitude affichée par les opposants s’explique soit par un mot d’ordre qu’ils auraient reçu, soit parce que, n’en ayant pas encore été notifiés, ils ne veulent s’engager à rien et préfèrent camper sur leurs positions. Riposte Les cadres du Hezbollah et d’Amal ripostent offensivement en accusant la majorité de s’accrocher au pouvoir et de refuser obstinément les demandes, qualifiées de légitimes, de l’opposition. Ils soutiennent que les loyalistes, après avoir obtenu le tribunal, ne veulent rien donner en échange. Après ce drôle d’aveu, les radicaux prosyriens affirment que Walid Joumblatt et Samir Geagea n’ont qu’une idée en tête : imposer de multiples conditions au camp du 8 Mars. C’est-à-dire le forcer à accepter qu’un accord sur la présidentielle passe avant la formation d’un cabinet d’union. Formation que devrait d’ailleurs précéder un accord autour d’un programme politique complet. Ainsi qu’un engagement définitif qu’en aucun cas il n’y aurait plus de démission de ministres opposants. Afin que l’on ne puisse pas faire sauter l’échéance présidentielle. Résumant la réaction des prosyriens, un député amaliste impute l’échec de la mission arabe à la majorité et à ses exigences. Berry En contre-réplique, si l’on peut dire, un député du 14 Mars s’en prend à la « versatilité » de M. Nabih Berry. En affirmant qu’encore une fois le chef du mouvement Amal retourne sa veste. Après avoir appelé à un accord sur la présidentielle, en guise d’amorce de sortie de crise, M. Berry s’est ravisé quand Hassan Nasrallah, sans lui taper directement sur les doigts, a insisté pour que tout passe d’abord par la formation d’un cabinet d’union avec tiers de blocage. Selon le parlementaire majoritaire, M. Berry, qui comprend vite et bien cette sorte de message, a tout de suite obliqué, encore une fois, vers le radicalisme. Poussant le zèle, ajoute le député, jusqu’à prier M. Moussa d’exiger de la majorité une franche réponse sur le sujet des priorités, présenté comme capital. Quant à Hassan Nasrallah, il rejette catégoriquement, indique la même source, les conditions majoritaires concernant le gouvernement potentiel. À savoir, qu’il refuse de prendre l’engagement que les ministres opposants ne démissionneraient pas derechef. Et, dans le même sens, il refuse de garantir la tenue de l’élection du président de la République, s’il n’a pas lui-même l’assurance que ce président lui conviendrait, ainsi qu’à Damas, comme de bien entendu. Aoun Du côté du général Michel Aoun, l’un des députés de son bloc confirme ce que nous avons signalé il y a quelques jours. À savoir que le leader du CPL compte présenter sous peu une initiative pour sortir le pays de l’ornière. Projet auquel il apporte actuellement la dernière touche et qui prendrait la forme d’un mémorandum soumis à l’examen des différentes parties concernées. Il visiterait d’abord Bkerké pour expliquer sa démarche et solliciter la bénédiction du patriarche. À sa sortie du siège patriarcal, pour bien marquer qu’il se pose en conciliateur, il annoncerait la suspension de la participation de sa formation au sit-in des tentes, pour la durée que prendrait le déroulement de son initiative. Puis il engagerait contacts et concertations avec les divers protagonistes. Pour en livrer les résultats à l’opinion et dénoncer éventuellement les pôles qui auraient fait capoter la solution, ajoute le parlementaire. Un autre cadre aouniste précise qu’à partir de sa nouvelle position neutraliste, le général indique qu’il n’est pas question pour lui de participer à un deuxième gouvernement éventuel, et concomitant, ou d’y être représenté. Le général reste cependant fermement convaincu que la solution passe par la mise en place d’un cabinet d’union nationale. Selon ce député, qui fait abstraction semble-t-il de l’impact des remontrances de Bkerké sur Baabda, c’est l’attitude négative du général Michel Aoun au sujet d’un éventuel deuxième gouvernement qui aurait incité M. Émile Lahoud à ne plus y songer. En fait, observe une autre source, l’idée n’a bénéficié d’aucune couverture maronite, puisqu’elle a été également rejetée par M. Sleimane Frangié, tout comme par le général Michel Sleimane. Plus exactement, le commandant en chef de l’armée, qui considère qu’il n’a pas à se prononcer dans une affaire politique, a fait savoir à ceux qui le sondaient au sujet d’un deuxième gouvernement qu’il refuserait d’y être nommé ministre de la Défense. Et, a fortiori, qu’il n’accepterait jamais de diriger un tel gouvernement doublon. Philippe ABI-AKL



Les prosyriens rejettent les suggestions de Amr Moussa et l’agenda qu’il propose, en base des résolutions du Conseil de la Ligue réuni au niveau des ministres des AE. Ordre du jour qui aligne l’entente sur un cabinet d’union, l’accord sur le prochain président de la République, le soutien aux forces publiques, l’abolition de l’arsenal palestinien hors des camps, la régulation de l’armement à l’intérieur de ces camps, le traitement de la situation à la frontière avec la Syrie. Les bons amis de Damas persistent et signent : tout ce qu’il faut, c’est un cabinet d’union, de 17/13, avec tiers de blocage. Après quoi on lèverait le sit-in des tentes. Et on entamerait un débat englobant le programme de l’Exécutif, la présidentielle et des législatives anticipées.
La majorité a, pour sa part, dit...