Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

Quatre ans de cauchemar, 200 000 morts, 2 millions de déplacés

Le Darfour est une province semi-aride d’une superficie égale à la France, située dans l’ouest du Soudan. Si les tensions existent depuis longtemps entre les différentes tribus du Darfour, le conflit actuel débute en 2003, quand un groupe armé, le Mouvement de libération du Soudan (MLS), attaque des cibles gouvernementales. Le MLS réclame une répartition équitable du pouvoir et des richesses, et appelle au renversement du régime de Khartoum. La réponse des autorités ne se fait pas attendre : des opérations de représailles militaires sont immédiatement lancées. Parallèlement, le pouvoir enrôle des miliciens, les janjawids (cavaliers), pour combattre les rebelles. Des raids sont lancés contre les villages, les miliciens tuent, volent et violent. En février 2004, l’armée soudanaise lance une vaste offensive dans le Darfour. Médecins sans frontières (MSF) tire la sonnette d’alarme : plus de 600 000 réfugiés sont en « extrême danger » faute d’une aide d’urgence suffisante. Deux mois plus tard, un haut responsable de l’ONU hausse le ton et qualifie de « nettoyage ethnique » la campagne du pouvoir contre le Darfour. Le 8 avril 2004, Khartoum et les rebelles du Darfour signent un premier cessez-le-feu. Il ne sera pas respecté. En juillet, l’ONU adopte une résolution qui menace le gouvernement soudanais de mesures de rétorsion s’il ne met pas fin aux exactions des janjawids. Deux mois plus tard, l’ONU adopte une nouvelle résolution contre Khartoum, qui se voit menacé de sanctions pour son incapacité à résoudre la crise du Darfour. En octobre 2004, Kofi Annan, secrétaire général de l’ONU, met en place une commission d’enquête internationale chargée de déterminer si des actes de génocide ont été commis au Darfour. Deux mois plus tard, cette commission estime que des crimes contre l’humanité sont commis au Darfour et dresse une liste de 51 responsables. En mars, le Conseil de sécurité de l’ONU saisit la Cour pénale internationale (CPI) pour les crimes contre l’humanité commis au Darfour. En juin, la CPI ouvre une enquête. En 2006, les débats sont ouverts sur l’envoi d’une force de l’ONU au Darfour, qui pourrait se substituer à celle de l’Union africaine, dont les premiers éléments sont arrivés au Darfour deux ans plus tôt. Le Soudan refuse cette option. En mai, le principal groupe rebelle du Darfour, le Mouvement de libération du Soudan (SLM), accepte de signer un accord de paix, parrainé par l’Union africaine, avec Khartoum. Le Mouvement pour la justice et l’égalité (JEM) et une faction dissidente du SLM refusent toutefois de le parapher. Les combats se poursuivent et s’aggravent, puisque désormais les rebelles se battent entre eux. En novembre, les forces soudanaises appuyées par les milices janjawids lancent une nouvelle offensive dans le nord du Darfour. Sur le front humanitaire, les chiffres sont dramatiques. Le conflit a fait plus de 200 000 morts et deux millions de déplacés. 230 000 réfugiés du Darfour ont en outre été regroupés dans des camps à l’est du Tchad. « Les organisations humanitaires doivent travailler dans des conditions extrêmes à cause de l’insécurité croissante. Plusieurs zones rurales sont aujourd’hui inaccessibles », souligne Marielle Debos. En octobre 2006, Khartoum avait notamment ordonné l’expulsion du représentant spécial du secrétaire général des Nations unies au Soudan, Jan Pronk. Deux mois plus tard, le Conseil des droits de l’homme de l’ONU décidait d’envoyer une mission pour y évaluer la situation des droits de l’homme. Le rapport remis en mars dernier par cette mission accuse Khartoum d’avoir, en armant et en agissant avec les milices janjawids contre les rebelles, « orchestré et participé » à des crimes de guerre et crimes contre l’humanité. En février 2007, le procureur de la Cour pénale internationale, Luis Moreno-Ocampo, inculpe deux responsables soudanais pour crimes contre l’humanité et crimes de guerre dans la crise du Darfour. Deux mandats d’arrêt internationaux contre ces responsables sont lancés en mai. Dernier épisode en date de cette crise : sous forte pression internationale, Khartoum a accepté, mardi dernier, l’intervention d’une « force hybride » Union africaine (UA)-Nations unies dans la province du Darfour. E.S.
Le Darfour est une province semi-aride d’une superficie égale à la France, située dans l’ouest du Soudan. Si les tensions existent depuis longtemps entre les différentes tribus du Darfour, le conflit actuel débute en 2003, quand un groupe armé, le Mouvement de libération du Soudan (MLS), attaque des cibles gouvernementales. Le MLS réclame une répartition équitable du pouvoir et des richesses, et appelle au renversement du régime de Khartoum. La réponse des autorités ne se fait pas attendre : des opérations de représailles militaires sont immédiatement lancées. Parallèlement, le pouvoir enrôle des miliciens, les janjawids (cavaliers), pour combattre les rebelles. Des raids sont lancés contre les villages, les miliciens tuent, volent et violent.
En février 2004, l’armée soudanaise lance une vaste offensive...