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Actualités - Opinion

Initiative Jeunes et entrepreneurs

Par Jan Schaaper * Une organisation non gouvernementale organise chaque année une compétition d’entrepreneuriat parmi des élèves de lycée, âgés de 15 à 20 ans. La première étape consiste à organiser des compétitions nationales entre lycées. Le vainqueur national a ensuite le plaisir d’affronter d’autres vainqueurs dans la région, en l’occurrence le Moyen-Orient. Chaque groupe de lycéens se constitue au départ un capital de 800 dollars en vendant des actions et doit développer en moins de trois mois une activité, réaliser un chiffre d’affaires et établir des comptes. Samedi 12 mai a eu lieu la présentation finale des projets à l’ESA. Deux lycées libanais se sont affrontés. La première équipe a fait produire à la fois de grandes tasses avec des inscriptions et des tee-shirts noirs. Les jeunes ont réalisé un chiffre d’affaires de 1 527 dollars et un profit net de 416 dollars. La seconde équipe a fait produire et vendu 300 tee-shirts de différentes couleurs. Ils ont fait un chiffre d’affaires de 3 340 dollars et un profit net de 1 409 dollars. Au-delà de la différence dans le résultat financier, le jury, composé de deux représentants d’entreprises libanaises et moi-même, qui suis professeur à l’ESA, était sous le charme de l’enthousiasme et le sens des affaires des jeunes lycéens. Ils ont su présenter de vraies démarches stratégiques et commerciales. En trois mois, les lycéens ont fait des études de faisabilité, animé des « focus groups » afin de sonder la demande des consommateurs, administré des questionnaires dans la rue, trouvé des sponsors, organisé des manifestations de vente et des conférences de presse. Ils ont même réussi à faire parler d’eux à la télévision libanaise. Enfin, leur présentation orale, en anglais, était d’une grande qualité. La première conclusion qui s’impose est de constater que les jeunes Libanais, dignes héritiers des commerçants phéniciens, ont le sens de l’entrepreneuriat et assureront ainsi l’avenir économique de ce pays. Il a fallu cependant séparer les deux concurrents libanais. En raison de leur meilleure profitabilité, la seconde équipe a été déclarée vainqueur. Une analyse plus en profondeur est pleine d’enseignements pour le monde des affaires. Afin d’éviter des conflits en interne entre deux sous-groupes, la première équipe avait opté pour une stratégie à deux produits. Ainsi, leurs ressources disponibles se sont partagées sur deux sous-projets, entraînant un manque de synergies et une absence d’économies d’échelle dans la production. Au contraire, l’équipe vainqueur a su trancher et opter pour une stratégie claire. La cohérence de leur plan de commercialisation et l’implication au travail de tous les membres de l’équipe ont fait le reste. Ensuite, la semaine dernière, les vainqueurs libanais ont participé à la finale régionale, à Amman, où sept lycées issus des pays du Moyen-Orient se sont affrontés. Ils n’ont pas gagné. Le jury leur a reproché, entre autres, d’avoir créé une structure horizontale trop informelle sans structure claire, où l’on peut identifier les fonctions et responsabilités des uns et des autres. Par ailleurs, nos jeunes Libanais ont été perçus comme étant trop « fun ». Je suis globalement d’accord avec les constats du jury en Jordanie. Cependant, il me semble qu’une entreprise jeune et nouvellement créée ne peut pas fonctionner comme une multinationale et que le plaisir d’entreprendre soit un facteur-clé de succès. Les études en France, menées notamment par J.P. Boissin, professeur à l’IAE de Grenoble, soulignent l’importance du « rêve » d’entreprendre. Enfin, une petite structure ne doit pas départementaliser son fonctionnement mais, au contraire, garder la polyvalence de ses membres. La vraie conclusion est peut-être la suivante : « Jeunes Libanais, entreprenez et amusez-vous. » (*) Dr Jan Schaaper, Maître de conférences HDR. Coordinateur académique à l’École supérieure des affaires, Beyrouth. Spécialiste en régulation – CRED – ESA. En coopération avec : l'ESA
Par Jan Schaaper *

Une organisation non gouvernementale organise chaque année une compétition d’entrepreneuriat parmi des élèves de lycée, âgés de 15 à 20 ans. La première étape consiste à organiser des compétitions nationales entre lycées. Le vainqueur national a ensuite le plaisir d’affronter d’autres vainqueurs dans la région, en l’occurrence le Moyen-Orient. Chaque groupe de lycéens se constitue au départ un capital de 800 dollars en vendant des actions et doit développer en moins de trois mois une activité, réaliser un chiffre d’affaires et établir des comptes.
Samedi 12 mai a eu lieu la présentation finale des projets à l’ESA. Deux lycées libanais se sont affrontés. La première équipe a fait produire à la fois de grandes tasses avec des inscriptions et des tee-shirts noirs. Les jeunes ont...