Rechercher
Rechercher

Actualités - Opinion

Quand trépassent les cigognes

« Deux choses sont infinies : l’univers et la bêtise humaine. Mais, en ce qui concerne l’univers, je n’en ai pas encore acquis la certitude absolue.» Albert Einstein N’ayons pas peur des mots qui fâchent : il faut vraiment être un imbécile de taille pour tirer ou, pire, tolérer qu’on tire sur les cigognes qui migrent à travers notre espace aérien. Du Nord jusqu’au Sud, des petits va-t-en guerre ont sorti leur arsenal au complet pour décimer ces superbes volatiles, symboles de nativité et annonciateurs de beau temps. Et les gens, amusés, blasés ou intimidés, laissent faire. Sur les hauteurs du Metn, les cigognes s’étaient posées, à la faveur d’un brouillard épais, sur les toits d’un imposant couvent et sur les arbres centenaires qui l’entourent. On leur a opposé les kalachnikovs du coin pour les déloger. Elles ne comprenaient pas, volaient un instant, puis se posaient de nouveau, cibles faciles pour des bons à rien qui n’ont trouvé que ce moyen lâche pour affirmer leur virilité. Dans le Kesrouan, on exhibait fièrement à l’entrée du parc de Notre-Dame du Liban les dépouilles de plusieurs de ces pauvres oiseaux qu’on avait tués la veille. Je me demande si les étrangers que nous essayons désespérément d’attirer chez nous et qui sont nombreux à visiter ce site sacré durant le mois de mai sauront apprécier notre hospitalité et notre tolérance. Dans le caza de Batroun, on s’est exercé samedi dernier à mitrailler à l’arme de guerre – parce que, vous savez, à cette hauteur, on ne peut pas les avoir avec un fusil de chasse ordinaire – les oiseaux migrateurs. Sachant qu’ils ne nuisent à personne et qu’ils ne sont d’aucune utilité, on voit mal comment on peut justifier cette tuerie. On dit qu’au Akkar, on en ferait du bon kebbé. Je n’ai pas vérifié sur place si les cigognes étaient mieux traitées là-bas que dans le reste du Liban. Par contre, il y a quelques semaines, on exhibait fièrement le cadavre d’un aigle qui avait une bague d’identification marquée Tel-Aviv et que quelque défenseur farouche a proprement descendu pour avoir pointé du bec du côté du Sud. Mais ça, bien entendu, c’était de la légitime défense… Wassim HENOUD Consultant en management



« Deux choses sont infinies : l’univers et la bêtise
humaine. Mais, en ce qui concerne l’univers,
je n’en ai pas encore acquis la certitude absolue.»
Albert Einstein

N’ayons pas peur des mots qui fâchent : il faut vraiment être un imbécile de taille pour tirer ou, pire, tolérer qu’on tire sur les cigognes qui migrent à travers notre espace aérien.
Du Nord jusqu’au Sud, des petits va-t-en guerre ont sorti leur arsenal au complet pour décimer ces superbes volatiles, symboles de nativité et annonciateurs de beau temps. Et les gens, amusés, blasés ou intimidés, laissent faire.
Sur les hauteurs du Metn, les cigognes s’étaient posées, à la faveur d’un brouillard épais, sur les toits d’un imposant couvent et sur les arbres centenaires qui l’entourent. On leur a opposé les kalachnikovs...