L’élection de Nicolas Sarkozy à la présidence française suscitait hier de nombreuses inquiétudes en Afrique, essentiellement liées à sa lutte contre l’immigration clandestine. « Lorsqu’on a entendu que Sarkozy a été élu, on a eu peur, très peur », indiquait à l’AFP le président de l’Association des expulsés du Mali (AEM), Ousmane Diarra, joint à Bamako. « C’est un gars qui a des lois très sévères sur l’immigration au détriment des Maliens et Ouest-Africains candidats au départ », a ajouté ce responsable, à l’origine d’une campagne contre la venue de M. Sarkozy en mai 2006 au Mali. « Il a tenté de séduire l’électorat lepéniste avec les thèmes de l’extrême droite. Il a heurté de front la sensibilité des Africains, à l’intérieur comme à l’extérieur », renchérissait pour sa part Alioune Tine, secrétaire exécutif de la Rencontre africaine pour la défense des droits de l’homme (Raddho), une ONG basée à Dakar. « Les Africains l’attendent au tournant (par rapport) aux contrôles policiers, aux sans-papiers et aux demandeurs de visa », a-t-il ajouté.
Mais l’élection du candidat de droite suscite également l’espoir d’une nouvelle relation avec le continent, loin des réseaux de la « Françafrique ». « Nous comptons sur lui pour la modernisation des relations entre la France et les pays africains », déclarait ainsi l’ancien Premier ministre et opposant ivoirien, Alassane Ouattara. Jean-Pierre Bemba, chef de l’opposition de République démocratique du Congo (RDC), s’est pour sa part réjoui de cette victoire, « annonciatrice », selon lui, « d’une rupture d’une politique, de la politique africaine de la France, vers plus de démocratie et pour la bonne gouvernance ». Pour Le Forum des As (journal proche du pouvoir de Kinshasa), « Nicolas Sarkozy est étranger aux fameux réseaux qui fondent la Françafrique » et « devrait avoir les coudées d’autant plus franches que sa génération n’a aucun compte colonial ou néocolonial à solder avec les dirigeants africains ».
En mai 2006, lors d’une visite au Bénin, M. Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur, avait affirmé que la France devait « construire une relation nouvelle » avec l’Afrique, « débarrassée des scories du passé », sans « réseaux d’un autre temps » ni « émissaires officieux ». Dimanche soir, juste après sa victoire, il s’est prononcé en faveur d’« une Union méditerranéenne qui sera un trait d’union entre l’Europe et l’Afrique » et a appelé les Africains à « décider ensemble d’une politique d’immigration maîtrisée et d’une politique de développement ambitieuse ».
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats L’élection de Nicolas Sarkozy à la présidence française suscitait hier de nombreuses inquiétudes en Afrique, essentiellement liées à sa lutte contre l’immigration clandestine. « Lorsqu’on a entendu que Sarkozy a été élu, on a eu peur, très peur », indiquait à l’AFP le président de l’Association des expulsés du Mali (AEM), Ousmane Diarra, joint à Bamako. « C’est un gars qui a des lois très sévères sur l’immigration au détriment des Maliens et Ouest-Africains candidats au départ », a ajouté ce responsable, à l’origine d’une campagne contre la venue de M. Sarkozy en mai 2006 au Mali. « Il a tenté de séduire l’électorat lepéniste avec les thèmes de l’extrême droite. Il a heurté de front la sensibilité des Africains, à l’intérieur comme à l’extérieur », renchérissait...