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Actualités - Opinion

Rude bataille en perspective pour la présidentielle

aL’opposition a perdu ses deux batailles contre le gouvernement et contre le tribunal. Elle place tous ses espoirs désormais dans l’importante échéance de la présidentielle. En visant deux objectifs, du reste complémentaires : barrer la voie au 14 Mars et obtenir un président qui lui soit favorable. Comme il s’agirait, selon toute probabilité, d’un homme de consensus, il ne pourrait certes être totalement acquis à ses vues. Mais, au moins, il ne lui serait pas hostile. En fait, l’opposition annonce d’ores et déjà qu’elle va mettre tout le paquet pour avoir satisfaction. En se montrant prête à tout torpiller, à plonger le pays dans le vide institutionnel et le chaos politico-sécuritaire si elle n’obtient pas gain de cause. Sur ce dossier, la minorité dispose de l’arme du quorum. Ses membres, notamment les députés du Hezbollah, répètent qu’ils ne sont pas disposés à assurer par leur présence les deux tiers requis si cela devait permettre à la majorité de faire élire son propre candidat. Dès lors, précisent-ils, sans accord préalable sur la succession, il n’y aurait pas de présidentielle. Bkerké et à ses côtés la plupart des leaders chrétiens appuyent l’idée d’un accord préalable sur un candidat de consensus. Ou sur une liste de postulants plausibles, acceptés par les deux camps, parmi lesquels la Chambre ferait son choix. Mais en même temps, ils refusent que le quorum soit utilisé comme une carte de pression ou comme un ticket de bazar. À leurs yeux, en effet, quelles que puissent être les perspectives des résultats du scrutin, il est absolument essentiel de veiller avant tout à prévenir le risque d’un vide au niveau de la première magistrature. Poste qui est au cœur, dans le système national des équilibres et de la cœxistence, des droits comme des responsabilités de la composante chrétienne du pays. Ils insistent également sur le principe de l’égalité : tout comme les chiites peuvent à leur gré désigner le président de la Chambre, ou les sunnites disposer comme ils l’entendent de la présidence du Conseil, les maronites doivent être en mesure de déterminer le sort de la présidence de la République. Cependant, on ne le sait que trop, dans le camp chrétien pris dans son ensemble, l’harmonie est loin d’être parfaite. Bkerké va sans doute tenter d’unifier les rangs. En base de ce principe : il ne faut qu’aucune partie ne se serve de la question du choix d’un nouveau président pour poser des conditions parallèles ou pour marchander. Aux yeux du siège patriarcal, le président ne doit se sentir lié, ou ligoté, par aucun engagement préalable envers qui que cela soit. Il doit être tout à fait libre de ses mouvements. Et, pour mieux lui assurer cet avantage, il serait bon qu’il soit élu à une majorité minimale des deux tiers, non à la majorité absolue. Cela lui permettrait d’assumer pleinement, et efficacement, son rôle naturel de rassembleur au niveau national. D’arbitre placé au-dessus de toute mêlée. Pour Bkerké, le respect bien compris du système libanais comme de l’esprit de la démocratie parlementaire impose aux députés de tous bords d’être présents à l’ouverture de la séance électorale, de faire donc leur devoir le plus élémentaire. Sans que nul ne conditionne ce processus normal par une quelconque entente préliminaire sur tel ou tel candidat. Comme cela s’est toujours vu au Liban, jamais une minorité ne tentant le coup de torpiller le quorum. Émile KHOURY

aL’opposition a perdu ses deux batailles contre le gouvernement et contre le tribunal. Elle place tous ses espoirs désormais dans l’importante échéance de la présidentielle. En visant deux objectifs, du reste complémentaires : barrer la voie au 14 Mars et obtenir un président qui lui soit favorable. Comme il s’agirait, selon toute probabilité, d’un homme de consensus, il ne pourrait certes être totalement acquis à ses vues. Mais, au moins, il ne lui serait pas hostile. En fait, l’opposition annonce d’ores et déjà qu’elle va mettre tout le paquet pour avoir satisfaction. En se montrant prête à tout torpiller, à plonger le pays dans le vide institutionnel et le chaos politico-sécuritaire si elle n’obtient pas gain de cause.
Sur ce dossier, la minorité dispose de l’arme du quorum. Ses membres, notamment...