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Gattuso : l’AC Milan, c’est lui

Il court à perdre haleine, il tacle, il hurle, il harangue : Gennaro Gattuso n’a ni l’élégance de Kaka ni la finesse de Clarence Seedorf, mais son caractère et sa combativité ont fait de lui « le » symbole de l’AC Milan qui s’est hissé mercredi en finale de la Ligue des champions. On ne conçoit pas Milan sans Paolo Maldini, capitaine aux 22 saisons sous le maillot rossonero. Aujourd’hui, on peine également à l’imaginer sans l’increvable « Rino ». Contre Manchester (victoire 3 à 0), Maldini, blessé, n’a pas joué. Sur la pelouse de San Siro, Ambrosini portait le brassard, mais c’est Gattuso qui a fait office de patron, poussant sans cesse ses coéquipiers à se « dépouiller ». Si le club doit sa 3e finale de C1 en cinq ans à l’habileté de Kaka et Seedorf, il doit être gré à Gattuso d’avoir trouvé l’antidote au poison Cristiano Ronaldo. Son registre ne change pas : l’harcèlement permanent. Un registre aussi peu glamour qu’efficace. Gattuso, le « terrone » Ce n’était pas encore le passage de témoin – Maldini, 38 ans, a dit après le match qu’il avait « l’intention de continuer » –, mais Gattuso, 29 ans et un contrat qui court jusqu’en 2011, a pris ses marques : l’ambitieux Milan des 5-6 saisons à venir, ce sera lui. « Rino », symbole de l’AC Milan, le prestigieux club de la riche cité du Nord ? Voilà le signe que le football offre des opportunités de carrière à nulles autres pareilles. Car Gattuso est ce que les Italiens appellent un « terrone », un terme intraduisible littéralement qui évoque le « cul-terreux » ou le « bouseux ». En tout cas, quelqu’un qui vient comme Gattuso de la pointe de la botte, la Calabre, une région que le Nord considère souvent avec mépris. Mais « terrone », ce n’est pas une insulte pour lui, bien au contraire, comme il le revendique dans son autobiographie à paraître (et dont des extraits ont été publiés dans le Corriere della Sera) : « Être un “terrone”, cela signifie avoir des racines bien ancrées, cela veut dire aimer et mettre en avant les traditions, ne jamais renier sa culture et son identité, donner le prénom de son grand-père à son fils, avoir un respect sacré pour la famille et les amis. » Gattuso est du Sud, mais une partie de sa famille est désormais au Nord, à l’AC Milan avec l’entraîneur Carlo Ancelotti dont il vante en permanence les mérites, son « double » Andrea Pirlo avec qui il a remporté la Coupe du monde, et puis tous les tifosi qu’il harangue à chaque match. « Mettre de la rage » Mais même devenu l’idole des supporteurs lombards, Gattuso insiste sur ses racines : « Je joue à la calabraise (...) : suer pour “gagner sa croûte”, combattre, ne jamais reculer, ne jamais lâcher, mettre de la rage sur chaque ballon, même ceux qui semblent perdus. » Gattuso est entier, « brut de décoffrage », un peu comme celui qu’il surnomme « Marco-grand-cœur », son aîné Marco Materazzi, qui l’avait chaperonné à ses débuts à Pérouse et qui est aujourd’hui l’un des joueurs les plus emblématiques de l’autre équipe de la capitale lombarde, l’Inter. Aujourd’hui, Gattuso est une superstar, prisé des médias et des annonceurs. Mais à l’heure où les joueurs sexy pullulent (Beckham, Cristiano Ronaldo, Kaka, Totti), il fait encore part de sa différence : « Si vous entendez que dans ma vie je ne me suis jamais étalé une crème sur le visage, c’est vrai. Dans le sens où je n’ai jamais cherché un look particulier, que mon aspect me préoccupe peu et que la barbe, je me la coupe trois fois par semaine au rasoir électrique au lieu de la tailler tous les jours. »
Il court à perdre haleine, il tacle, il hurle, il harangue : Gennaro Gattuso n’a ni l’élégance de Kaka ni la finesse de Clarence Seedorf, mais son caractère et sa combativité ont fait de lui « le » symbole de l’AC Milan qui s’est hissé mercredi en finale de la Ligue des champions.
On ne conçoit pas Milan sans Paolo Maldini, capitaine aux 22 saisons sous le maillot rossonero. Aujourd’hui, on peine également à l’imaginer sans l’increvable « Rino ».
Contre Manchester (victoire 3 à 0), Maldini, blessé, n’a pas joué. Sur la pelouse de San Siro, Ambrosini portait le brassard, mais c’est Gattuso qui a fait office de patron, poussant sans cesse ses coéquipiers à se « dépouiller ».
Si le club doit sa 3e finale de C1 en cinq ans à l’habileté de Kaka et Seedorf, il doit être gré à Gattuso...