La guerre menée en 2006 par Israël contre le Hezbollah au Liban a mis en relief les graves défaillances du pays au sein de son armée et de son gouvernement. Ces échecs sont apparus très vite au cours de la guerre qui a éclaté le 12 juillet et s’est terminée le 14 août 2006, et devraient être décrits en détail dans le rapport final d’une commission gouvernementale attendu pour juillet.
Le rapport intérimaire de cette commission a d’ores et déjà fait état d’« échecs graves » des responsables politiques et militaires au cours des cinq premiers jours de la guerre. En 34 jours de combats, 121 militaires israéliens et 41 civils ont été tués, alors que quelque 4 000 roquettes se sont abattues sur Israël, au rythme de 200 par jour avant l’entrée en vigueur d’une trêve.
L’offensive a été lancée après une attaque surprise du Hezbollah sur la frontière au cours de laquelle huit soldats ont été tués et deux autres enlevés (ils sont toujours captifs). Deux jours avant la fin de la guerre, le gouvernement a donné son feu vert à une opération massive « pour marquer des points sur le front diplomatique » et qui s’est soldée par de très lourdes pertes pour des gains minimes sur le terrain.
Les témoignages de soldats, surtout les réservistes, sur l’absence d’organisation et de plan clair d’attaque, ainsi que d’ordres contradictoires émanant de la hiérarchie, se sont étalés dans la presse durant les combats.
Jusqu’au dernier jour de la guerre, le Hezbollah a montré que sa capacité de tirer des roquettes contre le nord d’Israël était intacte, alors que l’objectif affiché de l’armée était de casser l’appareil militaire du mouvement de résistance. Les militaires israéliens ont en outre été pris de court par les missiles antichars utilisés par le Hezbollah et ayant des effets dévastateurs sur les tanks israéliens de dernière génération. Ces missiles sont de conception russe, mais certains sont fabriqués en Iran, selon l’institut Jaffee d’études stratégiques de l’Université de Tel-Aviv. D’autres ont été livrés par la Russie à la Syrie dans les années 90.
Selon le Yediot Aharonot, « le manque de préparation de Tsahal aux missiles antichars constitue l’un des plus graves ratés de cette guerre ».
Autre échec : la surprise causée par le tir d’un missile iranien par le Hezbollah contre une corvette de la marine de guerre israélienne, deux jours après le début du conflit. Le bâtiment de classe Eilat (Saar 5) et son équipage n’avaient pas été préparés à un tel scénario, et quatre militaires à bord ont été tués par le missile iranien de type C802 dirigé par radar et capable de frapper une cible à 90 km, selon l’armée israélienne.
L’ampleur des lacunes en matière de renseignements militaires est aussi apparue au grand jour lorsque les soldats ont découvert un réseau sophistiqué de bunkers souterrains creusés par le Hezbollah, à quelques dizaines de mètres de la frontière. La chasse israélienne a par ailleurs manqué de bombes « intelligentes » pour ses raids effectués au Liban, selon une enquête interne de l’armée de l’air, ce qui a porté atteinte à son efficacité.
L’offensive israélienne au Liban a fait quelque 1 200 morts, principalement des civils, et détruit une grande partie de l’infrastructure de ce pays. Au sein du gouvernement, les lacunes se sont avérées toutes aussi importantes, en raison essentiellement de l’absence d’expérience militaire du Premier ministre et de son ministre de la Défense Amir Peretz. Les deux hommes, qui refusent de démissionner, n’ont de cesse d’expliquer que leurs prédécesseurs ont laissé le Hezbollah déployer ses forces le long de la frontière sans réagir.
Patrick ANIDJAR (AFP)
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Le rapport intérimaire de cette commission a d’ores et déjà fait état d’« échecs graves » des responsables politiques et militaires au cours des cinq premiers jours de la guerre. En 34 jours de combats, 121 militaires israéliens et 41 civils ont été tués, alors que quelque 4 000 roquettes se sont abattues sur Israël, au rythme de 200 par jour avant l’entrée en vigueur d’une trêve.
L’offensive a été lancée...