L’ambassade de la République de Turquie nous a adressé la communication suivante suite à la publication d’articles sur la commémoration du génocide arménien de 1915 :
«Plusieurs informations ont été publiées dans la presse libanaise concernant les événements de 1915. Nous voudrions partager avec les lecteurs notre point de vue à ce sujet.
L’histoire des relations turco-arméniennes est celle d’une coexistence et d’une vie commune datant de plus de 1 000 ans. Durant cette période, les peuples turc et arménien ont chacun contribué à la culture et à la prospérité de l’autre.
Concernant les événements de 1915, il faut tout d’abord se rappeler certaines circonstances de la Première Guerre mondiale. Pendant que l’Empire ottoman subissait d’intenses invasions externes, les Arméniens vivant en Anatolie de l’Est se révoltaient, soutenaient les armées étrangères, et se battaient contre leur propre gouvernement et leurs compatriotes. Comme tout autre État vivant la même situation, l’Empire ottoman essaya de se défendre et donna l’ordre de déplacer les Arméniens vers d’autres régions de l’empire. Contrairement aux allégations arméniennes, les dirigeants ottomans n’ont jamais ordonné des massacres. Les Arméniens qui habitaient à Istanbul et dans d’autres villes de l’Anatolie de l’Ouest continuaient à vivre dans ces régions-là depuis des décennies. Aujourd’hui, ils bénéficient de leurs droits de minorité émanant du traité de Lausanne. Les conditions difficiles de la guerre, la pénurie des besoins vitaux ainsi que les épidémies ont affecté les Turcs, aussi bien que les Arméniens et les autres peuples de l’empire. Il faut aussi noter que 3 millions de Turcs musulmans ont perdu leur vie durant les années de guerre.
Quand il s’agit d’un sujet conflictuel et quand il existe des opinions différentes, il est toujours préférable d’adopter le dialogue et la coopération.
À ce propos, Arthur Baghdasaryan, le leader du parti de la Loi de l’État en Arménie, dans son article publié dans le Wall Street Journal Europe, a indiqué ce qui suit : “La plupart des établissements en Arménie sont restés piégés dans le passé. Mais le fait de rester fixé sur les tristes souvenirs peut entraver la relation avec nos voisins, surtout la Turquie et l’Azerbaïdjan, et ceci ne peut mener à la paix, à la stabilité et à la prospérité à long terme. ”
En effet, dans l’esprit de ces commentaires et au lieu de rester otage des préjudices, la meilleure chose à faire serait de créer une atmosphère de tolérance, d’amitié et de coopération.
C’est avec cet esprit que le Parlement turc, par une décision adoptée l’année dernière, a proposé à l’Arménie d’établir une commission mixte composée d’historiens turcs et arméniens pour examiner les événements de 1915. Dans ce but, le Parlement a appelé à ce que des recherches conjointes soient conduites dans les archives de la Turquie, de l’Arménie et d’autres pays concernés. La Turquie attend toujours une approche positive à ses initiatives. Nous pouvons noter aussi que les archives turques sont ouvertes à tous les chercheurs. N’importe quel chercheur de n’importe quel pays peut avoir un accès immédiat à nos archives. En effet, des chercheurs de plus de 70 pays, y compris plus de 700 chercheurs américains, ont eu accès aux archives turques.
Dans ce contexte, il serait propice de se rappeler de la Journée d’Anzac. Cette journée commémore chaque 25 avril les batailles qui se sont déroulées entre les armées turque et étrangères pendant la Première Guerre mondiale à Gallipoli, où 250 mille soldats de chaque partie belligérante sont tombés. Cette journée, qui est commémorée par les responsables de tous les États belligérants de l’époque, démontre comment les hostilités peuvent se transformer en réconciliation, amitié et respect mutuel. Cela devrait constituer un exemple pour tout le monde. Inciter les nations à la haine et provoquer des discordes n’aboutiront à rien. Il faut encourager les peuples à la sérénité en tirant les leçons du passé et en regardant vers l’avenir d’une manière optimiste. Nos sociétés bénéficieront de cette approche qui prend en considération les valeurs universelles auxquelles nous tous adhérons aujourd’hui. »
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«Plusieurs informations ont été publiées dans la presse libanaise concernant les événements de 1915. Nous voudrions partager avec les lecteurs notre point de vue à ce sujet.
L’histoire des relations turco-arméniennes est celle d’une coexistence et d’une vie commune datant de plus de 1 000 ans. Durant cette période, les peuples turc et arménien ont chacun contribué à la culture et à la prospérité de l’autre.
Concernant les événements de 1915, il faut tout d’abord se rappeler certaines circonstances de la Première Guerre mondiale. Pendant que l’Empire ottoman subissait d’intenses invasions externes, les Arméniens vivant en...