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Bouclier antimissile Les propositions de Gates mal accueillies en Russie

Sans venir à bout de l’hostilité de ses interlocuteurs, Robert Gates, secrétaire américain à la Défense, a invité hier la Russie à s’associer au bouclier antimissile que les États-Unis ont décidé de mettre en place. Le projet prévoit l’installation d’ici à 2012 de dix missiles intercepteurs en Pologne et d’un radar en République tchèque. Moscou y voit une atteinte à l’équilibre des forces hérité de la guerre froide doublée d’une incursion dans ce qui fut sa sphère d’influence et d’aucuns n’hésitent pas à invoquer le vieil antagonisme des deux « superpuissances ». « Les jours de la guerre froide sont terminés et personne ne doit souhaiter leur retour », a souligné M. Gates, qui accomplit une tournée européenne pour tenter de venir à bout des réticences suscitées par le projet. Vladimir Poutine l’a reçu moins d’une heure au Kremlin, après quoi le président russe s’est entretenu par téléphone avec son homologue américain George Bush, rapporte son service de presse sans plus de précisions. « La position russe sur le sujet demeure inchangée », a quant à lui déclaré Anatoli Serdioukov, ministre russe de la Défense, à l’issue de sa propre entrevue avec M. Gates. « Le système stratégique de défense antimissile est un facteur gravement déstabilisant, qui pourrait avoir des conséquences significatives sur la sécurité régionale et mondiale », a-t-il souligné, selon l’agence de presse Interfax. Le secrétaire à la Défense, dont la tournée passe également par la Pologne et l’Allemagne, a de son côté proposé d’explorer les moyens de partager la technologie antimissile avec la Russie, en lui communiquant par exemple des données sur le système d’alerte avancée. « Lorsque les États-Unis et la Russie coopèrent, les deux en tirent profit, tout comme d’autres. Lorsque nous ne parvenons pas à coopérer, les deux peuvent en faire les frais », a-t-il souligné. Le chef du Pentagone et son homologue russe se sont entendus pour poursuivre le dialogue par le biais d’experts, mais le Pentagone a fait savoir que le projet serait mené à bien, quelle que soit la position de Moscou. Pour sa part, le général Henry Obering, chef de l’agence américaine de défense antimissile, a mis en relief la « menace grandissante que représentent les missiles iraniens », en ouverture de sa visite à Prague axée sur le projet de bouclier antimissile. « Nous sommes convaincus que ce radar en République tchèque va protéger les alliés européens ainsi que nos forces déployées dans la région, contre ce que nous percevons comme la menace grandissante que représentent les missiles iraniens », a déclaré M. Obering devant la presse. « Du point de vue de la perspective stratégique, si nous commençons à réunir les capacités américaines et de l’OTAN, et même les capacités russes, nous commencerons à diminuer la valeur que des pays comme l’Iran attachent aux missiles balistiques », a également indiqué M. Obering.
Sans venir à bout de l’hostilité de ses interlocuteurs, Robert Gates, secrétaire américain à la Défense, a invité hier la Russie à s’associer au bouclier antimissile que les États-Unis ont décidé de mettre en place.
Le projet prévoit l’installation d’ici à 2012 de dix missiles intercepteurs en Pologne et d’un radar en République tchèque. Moscou y voit une atteinte à l’équilibre des forces hérité de la guerre froide doublée d’une incursion dans ce qui fut sa sphère d’influence et d’aucuns n’hésitent pas à invoquer le vieil antagonisme des deux « superpuissances ». « Les jours de la guerre froide sont terminés et personne ne doit souhaiter leur retour », a souligné M. Gates, qui accomplit une tournée européenne pour tenter de venir à bout des réticences suscitées par le projet....