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Actualités - Chronologie

Les Français ont tourné la page du 21 avril 2002

Une participation record, de « petits » candidats marginalisés, le leader d’extrême droite Jean-Marie Le Pen sévèrement battu : lors du premier tour de la présidentielle, les Français ont tourné la page du 21 avril 2002 qui avait créé un séisme politique. Il y a cinq ans, quasiment jour pour jour, la France se réveillait en état de choc. Bénéficiant d’une abstention record de 28,4 % et d’un éparpillement des voix de gauche, le patron du Front national était qualifié pour le second tour de la présidentielle avec 16,86 %, un score jamais atteint. Pour la première fois depuis 1969, la gauche n’était pas en finale, le candidat socialiste Lionel Jospin n’ayant obtenu que 16,18 % des voix. Dimanche, les Français ont semblé bien décidés à ce que le 22 avril 2007 ne ressemble pas au 21 avril 2002 présenté alors comme un « cataclysme », voire une « défaite » de la démocratie, qui avait stupéfait l’Europe. En votant massivement pour les deux principaux candidats, Nicolas Sarkozy (UMP, droite) et Ségolène Royal (Parti socialiste, gauche), qui ont recueilli plus de 57 % des voix contre 36 % pour Jacques Chirac et Lionel Jospin en 2002, ils ont choisi de « rebipolariser » la vie politique française. Et Jean-Marie Le Pen, qui prédisait un « tsunami » électoral en sa faveur, n’a rassemblé que 10,44 % des voix. Son plus mauvais score depuis 1974. À l’annonce des résultats, une grande partie du pays a poussé un soupir de soulagement. « L’affront du 21 avril 2002 effacé », se félicitait le quotidien de gauche Libération. « Le souvenir même de cet épisode en empêchait le renouvellement », analysait le journal de droite Le Figaro. De fait, le spectre du nouveau 21 avril explique en partie la très forte mobilisation des électeurs, notamment des jeunes et des habitants des banlieues défavorisées. Avec un taux de participation de près de 84 %, les Français ont donné un coup d’arrêt à la hausse continue de l’abstention depuis 20 ans à l’élection reine de la Ve république. Le nombre d’inscrits sur les listes électorales avait connu une augmentation record : plus de 7,5 % d’électeurs potentiels qu’en 2002. Ce « spectaculaire regain d’intérêt » pour la politique, salué par la presse, traduit aussi la grande attente que les Français ont placée dans les deux principaux candidats, qui ont promis de sortir le pays de l’ornière économique et sociale où elle se trouve. Pour le politologue Jean-Yves Camus, la cause de l’échec de Le Pen réside également dans la campagne de Nicolas Sarkozy, dont la stratégie de séduction des électeurs du FN « s’est révélée payante ». De fait, le candidat d’extrême droite a perdu un million d’électeurs par rapport à 2002. Mauvais perdant, Jean-Marie Le Pen a déploré « l’aveuglement des Français », avant de déclarer : « Ce n’est pas une défaite pour moi, c’est une absence de victoire. » Quant aux « petits candidats », et notamment ceux de la gauche radicale, ils ont été les grandes victimes collatérales du vote « anti-21 avril ». Leurs électeurs ont répondu à l’appel au « vote utile » pro-Royal lancé par le Parti socialiste, angoissé par une possible disqualification au premier tour de sa candidate, qui était talonnée par le centriste François Bayrou. Au total, les cinq candidats de la « gauche de la gauche » ont totalisé 9 % des voix, loin des quelque 14 % du premier tour de la précédente présidentielle. Seul le candidat de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR), le jeune postier Olivier Besancenot, tire son épingle du jeu, avec un score de 4,08 %. Grand débatteur, le jeune postier aux allures d’adolescent semble bien parti pour devenir la nouvelle icône de la gauche extrême alors qu’Arlette Laguiller, après six campagnes présidentielles, va tirer sa révérence à 67 ans. « Le matraquage en faveur du vote utile a été très efficace », a déploré également la candidate des Verts (écologistes), Dominique Voynet, qui n’a obtenu que 1,57 % des votes.
Une participation record, de « petits » candidats marginalisés, le leader d’extrême droite Jean-Marie Le Pen sévèrement battu : lors du premier tour de la présidentielle, les Français ont tourné la page du 21 avril 2002 qui avait créé un séisme politique.
Il y a cinq ans, quasiment jour pour jour, la France se réveillait en état de choc. Bénéficiant d’une abstention record de 28,4 % et d’un éparpillement des voix de gauche, le patron du Front national était qualifié pour le second tour de la présidentielle avec 16,86 %, un score jamais atteint. Pour la première fois depuis 1969, la gauche n’était pas en finale, le candidat socialiste Lionel Jospin n’ayant obtenu que 16,18 % des voix.
Dimanche, les Français ont semblé bien décidés à ce que le 22 avril 2007 ne ressemble pas au 21 avril 2002...