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Actualités - Analyse

Éclairage Le contrôle accru des armes aux États-Unis, souvent évoqué, rarement initié

Le massacre de l’université de Virginia Tech, la pire tuerie de ce genre de l’histoire américaine, a relancé le débat sur le port d’armes aux États-Unis, mais les partisans d’un durcissement n’ont qu’un espoir modéré de voir changer les choses. Au lendemain de la fusillade sur ce campus, qui a vu 32 personnes tomber sous les tirs d’un homme isolé, les voix s’élevaient hier pour réclamer un contrôle accru des ventes d’armes. Cette « tuerie de masse rappelle de nouveau que certains des dangers les plus graves menaçant les Américains viennent de tueurs chez nous dotés d’armes terriblement faciles à obtenir », écrit le New York Times. « Ce qu’il faut, de manière urgente, c’est un contrôle plus serré sur les armes. » La colère monte au sein des partisans du contrôle. « Les motivations du tireur et comment il a pu s’armer restent à déterminer. Cependant nous savons à quel point il est facile pour un individu d’obtenir de puissantes armes dans ce pays », relève Paul Helmke, de la Campagne Brady pour prévenir la violence par les armes à feu, qui dénonce l’inaction des politiques. « Il y a huit ans, les jeunes gens de Littleton, Colorado, subissaient une attaque horrible au lycée de Columbine, et il y a presque six mois, cinq jeunes étaient tués dans une école amish en Pennsylvanie. Depuis, nous n’avons rien fait en tant que pays pour mettre un terme à la violence par les armes dans nos écoles et nos communautés. Au contraire, nous avons facilité l’accès aux armes puissantes. » Quelque 30 000 personnes meurent chaque année aux États-Unis du fait de la violence par les armes, indique Ladd Everitt, de la coalition Stop Gun Violence. Selon lui, « le marché illégal est alimenté par les lacunes existant dans les lois, qui permettent aux criminels, enfants et autres acheteurs non autorisés d’obtenir des armes ». Par exemple, plus de 30 États permettent, par simple vide juridique, aux ex-condamnés de s’approvisionner dans des foires aux armes, sans que leurs antécédents soient vérifiés. Pour autant, la question du contrôle des armes reste ultrasensible et divise, depuis des décennies, le pays, où 40 % des ménages possèdent une arme, autour de la définition des droits individuels et constitutionnels. Régulièrement, souvent après des tueries, le sujet revient sur le devant de la scène. Mais il donne plus rarement lieu à des décisions, comme le Gun Control Act voté en 1968 après les meurtres du leader des droits civiques Martin Luther King et du sénateur Robert Kennedy. Depuis lundi, les commentaires des politiques se sont dans l’immédiat limités aux condoléances, de George W. Bush, républicain favorable au port d’armes, à la présidente démocrate de la Chambre des représentants Nancy Pelosi. Souvent les mesures sont des initiatives locales, comme la bataille contre la détention illégale d’armes engagée en 2006 par le maire de New York, Michael Bloomberg. La nouvelle loi new-yorkaise, par exemple, ordonne aux condamnés pour possession illégale d’armes de se présenter à la police tous les six mois, contraint les vendeurs à des inventaires réguliers, interdit la vente de kits de peinture visant à donner aux armes la couleur de jouets.

Le massacre de l’université de Virginia Tech, la pire tuerie de ce genre de l’histoire américaine, a relancé le débat sur le port d’armes aux États-Unis, mais les partisans d’un durcissement n’ont qu’un espoir modéré de voir changer les choses.

Au lendemain de la fusillade sur ce campus, qui a vu 32 personnes tomber sous les tirs d’un homme isolé, les voix s’élevaient hier pour réclamer un contrôle accru des ventes d’armes. Cette « tuerie de masse rappelle de nouveau que certains des dangers les plus graves menaçant les Américains viennent de tueurs chez nous dotés d’armes terriblement faciles à obtenir », écrit le New York Times. « Ce qu’il faut, de manière urgente, c’est un contrôle plus serré sur les armes. » La colère monte au sein des partisans du contrôle. « Les motivations du...