BANQUE MONDIALE
L’affaire Wolfowitz pourrait menacer l’augmentation de l’aide aux pauvres
le 17 avril 2007 à 00h00
Les tensions provoquées au sein de la Banque mondiale (BM) par l’affaire de népotisme éclaboussant son président Paul Wolfowitz pourraient menacer les négociations engagées pour l’augmentation de l’aide des pays riches aux habitants les plus pauvres de la planète.
La ministre allemande au Développement, Heidemarie Wieczorek-Zeul, présente dimanche à Washington pour l’assemblée semestrielle de la Banque, l’a très clairement dit : « Une institution comme la Banque mondiale vit de son autorité morale et de sa crédibilité. Nous redoutons que la Banque mondiale puisse éprouver des difficultés à obtenir de nouveaux financements », a-t-elle souligné.
Dans leur communiqué final, les ministres des 185 États membres de la BM ont jugé « très préoccupante » la polémique en cours sur Paul Wolfowitz.
Celui-ci est critiqué après des révélations de la presse américaine montrant qu’il a, peu après sa nomination en 2005, octroyé d’autorité une spectaculaire augmentation de salaire à sa compagne, employée par la Banque mondiale.
« Au cours de toutes les discussions que j’ai eues, les gens ont exprimé leur inquiétude quant à la réputation de la Banque mondiale et la situation à l’intérieur de l’institution », a souligné Mme Wieczorek-Zeul.
Mais M. Wolfowitz a renvoyé dimanche la balle dans le camp des pays membres.
« Il est très important que les pays donateurs tiennent les promesses faites sur la poursuite de l’aide et l’annulation de la dette sur la base d’un dollar pour un dollar », a-t-il affirmé.
« Cela va demander beaucoup plus d’efforts pour que les gens fassent ce qu’ils ont promis de faire », a-t-il ajouté.
Il a rappelé que les pays riches avaient pris des engagements pour augmenter leur aide, notamment lors du sommet du G8 de Gleneagles en juin 2005.
« Le danger est que les pays donateurs ne tiennent pas leurs engagements d’augmenter leur aide et de la doubler pour l’Afrique. J’ai souligné lors de la réunion qu’ils n’avaient pas promis de doubler l’aide à l’Afrique en 2010 mais d’ici à 2010 », a-t-il lancé.
La Banque vient de lancer les discussions pour le financement de l’Association internationale pour le développement (AID) pour la période 2008/2011.
Les fonds de l’AID, l’antenne la plus importante de l’institution internationale, proviennent des 40 États membres les plus riches qui y contribuent tous les quatre ans. Pour la période 2005-2008, l’AID dispose de 33 milliards de dollars. L’ambition est d’augmenter cette somme dont environ 50 % va à l’Afrique.
Il s’agit des premières négociations pour le financement de l’AID organisées sous la responsabilité de Paul Wolfowitz, ancien numéro deux du Pentagone, arrivé à la tête de la BM en juin 2005 après avoir été proposé à ce poste par l’actuelle Administration présidentielle américaine.
La tradition veut que les États-Unis proposent le candidat pour la direction de la Banque et les pays européens celui de son institution soeur, le Fonds monétaire international (FMI).
Sans se mêler du débat sur le maintien de ce dernier à la tête de l’institution, l’organisation non gouvernementale (ONG) Oxfam a affirmé qu’il était « plus important que jamais que les pays donateurs fournissent des calendriers pour apporter l’aide promise ».
Une autre ONG, ActionAid a été plus directe. « Tant que la Banque ne prendra pas ses responsabilités sur la situation de ses propres dirigeants, elle n’aura aucune crédibilité. »
Les tensions provoquées au sein de la Banque mondiale (BM) par l’affaire de népotisme éclaboussant son président Paul Wolfowitz pourraient menacer les négociations engagées pour l’augmentation de l’aide des pays riches aux habitants les plus pauvres de la planète.
La ministre allemande au Développement, Heidemarie Wieczorek-Zeul, présente dimanche à Washington pour l’assemblée semestrielle de la Banque, l’a très clairement dit : « Une institution comme la Banque mondiale vit de son autorité morale et de sa crédibilité. Nous redoutons que la Banque mondiale puisse éprouver des difficultés à obtenir de nouveaux financements », a-t-elle souligné.
Dans leur communiqué final, les ministres des 185 États membres de la BM ont jugé « très préoccupante » la polémique en cours sur Paul Wolfowitz.
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