Un déficit d’expérience, une défense qui passe inexplicablement à travers, un banc sans profondeur et une équipe un peu trop sûre d’elle : tentatives d’explications après l’humiliante défaite (7-1) de l’AS Rome à Manchester, la veille en quart de finale retour de la Ligue des champions.
Un déficit d’expérience : la Roma n’avait pas atteint les quarts de finale de la Ligue des champions depuis 23 ans. Hormis le latéral Panucci, 33 ans et 62 matches de C1, la plupart des Romains n’avaient pas 20 rencontres de C1 dans les jambes. Une inexpérience qui a sauté aux yeux face à un ténor habitué des grandes soirées européennes, à l’image du milieu Giggs, 33 ans lui aussi, étincelant pour son 93e match dans l’épreuve.
La faillite de la défense : meilleure défense ex aequo en championnat (23 buts encaissés en 30 journées), la Roma n’avait concédé que 5 buts en 9 matches de C1. Ce qui rend d’autant plus inexplicable sa consternante performance à Old Trafford. Doni, le gardien, a commis de grosses fautes de placement. Les latéraux Cassetti et Panucci (ce dernier pourtant deux fois vainqueur de l’épreuve en 1994 et 1998) se sont fait complètement « manger » par Giggs et Cristiano Ronaldo : les 7 buts ont été initiés par les côtés. Quant à l’axe Chivu-Mexès, si brillant en huitièmes, il est passé complètement à côté. Chivu est ainsi directement responsable sur les 2e et 3e buts, ceux du KO.
La faiblesse du banc : à la Roma, le fossé est grand entre titulaires et remplaçants. Aussi l’absence de deux piliers du milieu – le champion du monde Perrotta (suspendu) et Taddei (blessé à l’échauffement) – et du défenseur Tonetto (blessé) s’est-elle immédiatement fait sentir. Wilhelmsson, arrivé au mercato en provenance de Nantes (le dernier du championnat de France, où il ne s’est jamais imposé), n’a rien apporté côté droit. L’attaquant Vucinic, qui joue déjà peu, a été aligné au dernier moment à la place de Taddei au milieu : sans repères, il n’a servi à rien. Quant aux possibilités de « coaching », elles étaient pratiquement nulles. Hormis le défenseur Ferrari, 27 ans et une trentaine de matches européens à son actif, il n’y avait que des jeunes sans aucune expérience sur le banc : Faty (20 ans), Defendi (20), Rosi (19) et Okaka Chuka (17).
Trop sûrs d’eux : certes « MU » a connu une réussite absolument exceptionnelle, mais les Romains n’étaient-ils pas trop sûrs d’eux ? Après la formidable victoire à Lyon (2-0) en 8e de finale retour et le succès, mérité, à l’aller contre les Anglais (2-1), les Romains se sont imaginés un destin « à la Porto », vainqueur surprise en 2004. « Je sens plus ce match que la finale du Mondial », avait dit le capitaine Totti lundi. Mais, faute d’une quelconque réponse à apporter à l’extraordinaire enthousiasme des Red Devils, ils ont pris une terrible leçon.
Quel avenir ? Aussi dure soit la chute, la saison de la Roma n’est pas à jeter : inattendue quart de finaliste, elle peut s’enorgueillir d’avoir réalisé un match splendide à Lyon. Derrière l’inaccessible Inter (également adversaire à venir en finale de la Coupe d’Italie), et à condition de bien se remettre du cauchemar d’Old Trafford, elle devrait achever le championnat à la 2e place et retrouver la Ligue des champions la saison prochaine. Elle y sera plus attendue, mais, c’est sûr, elle aura aussi bien plus d’expérience.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Un déficit d’expérience, une défense qui passe inexplicablement à travers, un banc sans profondeur et une équipe un peu trop sûre d’elle : tentatives d’explications après l’humiliante défaite (7-1) de l’AS Rome à Manchester, la veille en quart de finale retour de la Ligue des champions.
Un déficit d’expérience : la Roma n’avait pas atteint les quarts de finale de la Ligue des champions depuis 23 ans. Hormis le latéral Panucci, 33 ans et 62 matches de C1, la plupart des Romains n’avaient pas 20 rencontres de C1 dans les jambes. Une inexpérience qui a sauté aux yeux face à un ténor habitué des grandes soirées européennes, à l’image du milieu Giggs, 33 ans lui aussi, étincelant pour son 93e match dans l’épreuve.
La faillite de la défense : meilleure défense ex aequo en championnat (23 buts...