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Les médias peuvent-ils contribuer à la construction de la paix ?

«Les journalistes sont devenus un instrument dans la gestion de la crise. Or, en aucun cas, les médias ne doivent exacerber les clivages politico-confessionnels. » C’est ce qu’a affirmé May Abdallah, professeur à la faculté d’information de l’Université libanaise, lors du séminaire organisé par l’association Maharat, en collaboration avec Friedrich-Ebert-Stiftung sur le thème du « Rôle des médias dans la construction d’une culture de la paix ». Deux jours durant, le débat auquel ont pris part plusieurs journalistes de renom et des étudiants en information a mis en relief les principales problématiques que soulève la profession, notamment dans un pays comme le Liban, où les tiraillements politiques et confessionnels font rage. Comment peut-on prendre ses distances à l’égard des tiraillements politiciens dans un pays qui risque d’un moment à l’autre de chavirer dans un nouveau conflit armé ? Le journaliste ne doit-il pas être un simple témoin des événements sans chercher à influencer leur cours par sa propre vision politique ou par son allégeance, comme on en témoigne souvent au pays du Cèdre ? Si certains membres de la profession se prononcent ouvertement en faveur d’un journalisme engagé, d’autres n’y voient qu’une déviation majeure des règles déontologiques qui supposent une attitude critique envers et contre tous les décideurs politiques et acteurs publics notamment. C’est ce que rappelle d’ailleurs une jeune étudiante en journalisme, qui stigmatise « l’absence de l’esprit critique aussi bien chez les journalistes libanais que chez les lecteurs, qui, dit-elle, ne remettent même plus en question ce qu’ils lisent, écoutent ou voient ». Par conséquent, dit-elle, le réflexe consistant à réclamer des comptes aux faiseurs d’opinion mais aussi aux politiques « s’est estompé et a disparu avec le temps ». Pourquoi un éditorial au début des informations télévisées ou des manchettes commentées et imprégnées de la vision idéologique incarnée par l’organe médiatique en question ? Défendant le principe de la liberté d’opinion et de la ligne politique incarnée par un média donné, les journalistes engagés présents n’auront pas réussi à convaincre certains des participants à ce séminaire. « Le climat politique est déjà assez tendu pour que le téléspectateur puisse supporter un éditorial au début des informations télévisées. Celles-ci contribuent pernicieusement à accroître les tensions », estime le professeur Hamadane Sleiman. Selon lui, le journalisme ne peut s’exercer sans un minimum de « sens patriotique et national ». « C’est ce qui nous manque malheureusement », poursuit un intervenant, qui relève que les Libanais ne sont toujours pas parvenus à s’entendre sur le concept de la citoyenneté. Dans la guerre des médias dont on témoigne actuellement, « l’institution médiatique politiquement concurrente est devenue l’ennemi à qui l’on adresse désormais le message, oubliant ainsi l’auditeur », renchérit Mme Abdallah. Critiquant la couverture médiatique de la guerre lors de l’offensive israélienne, certains experts ont noté « le chaos qui a caractérisé le flot d’informations qui étaient déversées en l’absence d’organisation et de règles ». Quel est le type de révélations qu’un journaliste doit ou ne doit pas faire en temps de guerre, lorsque l’information a une incidence sécuritaire certaine sur les citoyens en général ? Une question qui n’a pas manqué non plus de susciter des discussions fiévreuses entre les participants dont on pouvait d’ailleurs deviner les sensibilités politiques selon les réponses. « La solution réside dans l’adoption d’une nouvelle loi sur les imprimés et les médias audiovisuels, de manière à réglementer le métier et à organiser le paysage médiatique sans brimer pour autant la liberté de la presse », affirme le professeur Ali Ramal. Pour May Abdallah, par-delà la recherche de l’efficacité économique, et l’obligation d’information, « les journalistes ont une responsabilité sociale dont ils ne peuvent se départir ».
«Les journalistes sont devenus un instrument dans la gestion de la crise. Or, en aucun cas, les médias ne doivent exacerber les clivages politico-confessionnels. » C’est ce qu’a affirmé May Abdallah, professeur à la faculté d’information de l’Université libanaise, lors du séminaire organisé par l’association Maharat, en collaboration avec Friedrich-Ebert-Stiftung sur le thème du « Rôle des médias dans la construction d’une culture de la paix ».
Deux jours durant, le débat auquel ont pris part plusieurs journalistes de renom et des étudiants en information a mis en relief les principales problématiques que soulève la profession, notamment dans un pays comme le Liban, où les tiraillements politiques et confessionnels font rage.
Comment peut-on prendre ses distances à l’égard des tiraillements...