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Actualités - Chronologie

Ali Larijani, l’homme de toutes les crises

Ali Larijani, secrétaire du Conseil suprême iranien de la sécurité nationale déjà en charge du dossier nucléaire, a joué un rôle central dans le règlement de l’affaire des 15 marins britanniques, apparaissant ainsi de plus en plus comme l’homme de toutes les crises. Dès le début de la crise, Ali Larijani (photo) est intervenu pour affirmer que l’« attitude incorrecte » de Londres avait empêché la libération de Faye Turney, seule femme parmi les quinze marins capturés par l’Iran le 23 mars. C’est à nouveau lui qui a déclaré ensuite que « l’Iran cherche une solution diplomatique » et qu’il n’y a pas besoin de « procès » contre les marins. Mardi soir, c’est encore lui qui s’entretenait au téléphone avec sir Nigel Sheinwald, conseiller diplomatique de Tony Blair, pour tenter de trouver une issue à l’affaire. Responsable du dossier nucléaire depuis un peu plus d’un an et demi, M. Larijani, 49 ans, est perçu comme un pragmatique par les Occidentaux. Ils le préfèrent comme interlocuteur au président Mahmoud Ahmadinejad, qui s’est illustré par des déclarations particulièrement rudes à leur égard. Le 15 mars, après le vote d’une nouvelle résolution du Conseil de sécurité sanctionnant l’Iran, le chef de la diplomatie européenne, Javier Solana, avait ainsi déclaré qu’il allait entrer en contact avec le « Dr Ali Larijani » à la demande des six grandes puissances (États-Unis, Chine, Russie, France, Grande-Bretagne et Allemagne) pour tenter de trouver une solution à la crise nucléaire. Les deux hommes avaient déjà mené l’été dernier des négociations sur ce sujet, qui n’ont finalement pas abouti. Après son échec à la présidentielle de 2005, remportée par M. Ahmadinejad, Ali Larijani a été nommé secrétaire du Conseil suprême de la sécurité nationale, chargé des questions sécuritaires. Tout comme son prédécesseur Hassan Rohani, il est le représentant direct, au sein du Conseil, du guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei. Il s’était notamment illustré en critiquant la diplomatie nucléaire de l’ancien gouvernement, jugeant que l’Iran n’avait pas à accepter la suspension de ses activités d’enrichissement d’uranium, comme Téhéran l’avait fait pendant deux ans et demi à la demande des trois grands pays européens (France, Grande-Bretagne, Allemagne). Selon lui, suspendre l’enrichissement contre un accord de coopération avec l’Union européenne revenait à « troquer une perle contre un bonbon ». Sa fidélité à l’égard du guide suprême, lui a valu d’être nommé entre 1994 et 2004 à la tête de la puissante et stratégique radiotélévision d’État. Il s’y était illustré par son engagement contre les réformateurs, avec la diffusion de nombreux programmes attaquant les intellectuels et les proches du président réformateur Mohammad Khatami. Grand, maigre, pâle et barbu, fils d’un grand ayatollah, il a épousé la fille de l’ayatollah Morteza Motahari, l’un des proches fidèles de l’imam Khomeiny, fondateur de la République islamique. Ali Larijani a été vice-ministre des Gardiens de la révolution, quand un tel ministère existait dans les années 1980. Il a aussi servi comme adjoint du chef de l’état-major de ce corps d’élite. Au début des années 90, il a remplacé au ministère de la Culture Mohammad Khatami, critiqué pour sa politique culturelle trop libérale. La famille de M. Larijani est, en outre, bien représentée au sein du pouvoir. Son frère cadet, l’hodjatoleslam Sadegh Larijani, fait partie des religieux du Conseil des Gardiens de la Gonstitution. Son autre frère, Mohammad Javad Larijani, a été vice-ministre des Affaires étrangères et président de la commission des Affaires étrangères du Parlement. Il s’est illustré par ses positions en faveur d’un dialogue avec les États-Unis.

Ali Larijani, secrétaire du Conseil suprême iranien de la sécurité nationale déjà en charge du dossier nucléaire, a joué un rôle central dans le règlement de l’affaire des 15 marins britanniques, apparaissant ainsi de plus en plus comme l’homme de toutes les crises.
Dès le début de la crise, Ali Larijani (photo) est intervenu pour affirmer que l’« attitude incorrecte » de Londres avait empêché la libération de Faye Turney, seule femme parmi les quinze marins capturés par l’Iran le 23 mars. C’est à nouveau lui qui a déclaré ensuite que « l’Iran cherche une solution diplomatique » et qu’il n’y a pas besoin de « procès » contre les marins. Mardi soir, c’est encore lui qui s’entretenait au téléphone avec sir Nigel Sheinwald, conseiller diplomatique de Tony Blair, pour tenter de trouver une...