Le chinois Sinopec, l’américain ExxonMobil et la Saudi Aramco ont annoncé hier la concrétisation d’un projet en gestation depuis 12 ans pour développer l’activité pétrolière et pétrochimique en Chine, 2e consommateur mondial d’or noir.
Moyennant cinq milliards de dollars investis dans deux coentreprises, les trois compagnies, associées à la province du Fujian (Sud-Est), vont tripler les capacités de raffinage d’une usine implantée à Quanzhou, pour produire 12 millions de tonnes par an, la doter d’unités pétrochimiques (éthylène, polyéthylène et polypropylène) et mettre sur pied un réseau de 750 stations-service.
« Les deux joint-ventures seront les premiers projets pleinement intégrés de raffinage, pétrochimie et commercialisation pétrolière à participation étrangère en Chine », est-il souligné dans un communiqué commun.
Ce projet pétrolier et chimique dans le Fujian était en gestation depuis environ 12 ans et arrive à concrétisation à une époque où la Chine, en pleine croissance économique, voit parallèlement croître sa demande en produits pétroliers et pétrochimiques.
Il n’est pas le seul en cours entre la Chine et l’Arabie saoudite, premier exportateur de brut au monde, que le président Hu Jintao est allé courtiser en avril dernier trois mois après une visite historique à Pékin du roi Abdallah.
Hu avait alors évoqué le souhait de la Chine de se doter d’une réserve stratégique de pétrole alimentée par l’Arabie saoudite, quelque 100 millions de barils de brut, correspondant à environ dix jours de production pétrolière du royaume.
La visite avait également été l’occasion d’évoquer le lancement de la production de la raffinerie du Fujian début 2009, l’implication de la Saoudi Aramco, aux côtés de Sinopec, dans une raffinerie prévue pour 2008 à Qingdao (Est), ainsi qu’un projet d’investissement de 5,2 milliards de dollars en Chine avec la société publique de pétrochimie saoudienne Sabic.
« La participation de l’Arabie saoudite au projet est plutôt idéale. L’implication d’un pays producteur de pétrole est bénéfique au contrôle des prix et aux échanges à long terme », a souligné Han Xiaoping, dirigeant de Falcon Power, un cabinet de consultants.
Mais si l’engagement de fourniture sur le long terme par la Saoudi Aramco est un plus, la joint-venture va aussi bénéficier de l’expertise du troisième partenaire, américain, qui réalise ainsi « son plus important projet chinois à ce jour », selon sa porte-parole, Sarah Du.
« La coopération va être avantageuse pour toutes les parties », relève Qiu Xiaofeng, analyste chez Everbright Securities.
« Sinopec peut bénéficier des technologies et du capital d’ExxonMobil, ExxonMobil trouve accès au marché de gros chinois, tandis que Saudi Aramco va pouvoir profiter de la croissance régulière de ce marché », ajoute-t-il. Surtout à l’heure où les États-Unis ont souhaité être moins dépendants de leurs importations en provenance du Moyen-Orient.
ExxonMobil, via sa filiale à 100 % ExxonMobil China Petroleum and Petrochemical Company, doit entrer à hauteur de 25 % dans la Fujian Refining and Petrochemical Company, qui traitera « principalement » du brut saoudien « sour » (sulfuré).
La participation de la Saoudi Aramco Sino Company, filiale à part entière de l’établissement saoudien, sera équivalente, tandis que les 50 % restants seront détenus par la Fujian Petrochemical Company, elle-même propriété à 50-50 de Sinopec (China Petroleum and Chemical Corp, premier raffineur d’Asie) et du gouvernement du Fujian.
Dans la future chaîne de stations-service, seuls les trois partenaires commerciaux restent présents, avec 55 % des parts pour Sinopec et 22,5 % respectivement pour ExxonMobil China Petroleum and Petrochemical Company et la Saoudi Aramco Sino Company.
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