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Une politique politicienne Carla Bejjani ARAMOUNI

Au point de départ, il y a les besoins humains. Ces besoins ont pu se trouver une réponse satisfaisante, universelle, dans les droits de l’homme… «Tout individu a droit à la vie, à la liberté et à la sûreté de sa personne, droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion, droit à la liberté d’opinion et d’expression, droit au travail, au libre choix de son travail, à des conditions équitables et satisfaisantes de travail et à la protection contre le chômage, à la Sécurité sociale, à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé, son bien-être et ceux de sa famille, toute famille a droit à la protection de la société et de l’État…» Certes, cet inventaire est l’expression picturale d’un certain plafond idéal. Néanmoins, à qui incomberait la responsabilité de faire valoir ces droits immuables? En principe, ils devraient être garantis par nos élus, par nos politiciens. Ces personnes censées s’occuper de politique qui ont atterri dans leur position par délégation et qui sont dotées d’une mission très claire: œuvrer pour le bien de leur pays et de ses habitants. Donc toute politique devrait être, avant tout, moyen. Moyen d’arriver à ces fins nobles tracées dès le départ. Cependant, les défauts de parcours sont énormes, si énormes qu’ils finissent par anéantir la mission première, proclamée haut et fort. Le pouvoir a ses raisons que seul le pouvoir connaît. C’est là que la politique change de peau et de couleur. Politique caméléon. Elle devient alors un but en soi… la finalité ultime. Paradoxalement, la politique se trouve ainsi opposée à la collectivité, alors que, depuis Aristote, on la considérait justement comme l’expression même de l’intérêt commun de la cité. Dès lors, dans le domaine même de la vie collective, l’exercice du pouvoir politique se détourne de l’intérêt commun vers des intérêts privés, au détriment de la cité tout entière. Par cette mutation, les citoyens ne sont plus représentés, mais manipulés et tous les abus sont possibles. Cette coupure entre les préoccupations du politicien et celles de la communauté fait virer les démocraties vers tout genre de glissements non démocratiques allant jusqu’à la tyrannie. Le champ est libre au fanatisme, aux affiliations, aux complots, aux manœuvres et aux flots de slogans démagogiques. L’essentiel est relégué aux abysses, le point de départ est bafoué sans merci. Nos besoins primaires et nos droits ne sont que pastiche. Nos défenseurs, que des potiches. Où sont partis nos hommes? Dans un quelconque pays pour se trouver un travail digne…Où sont partis nos enfants? De plus en plus nombreux à la recherche d’un État de droit qui n’est pas le leur… Où va notre pays? À la dérive, assurément… Et que faisons-nous, entre-temps? Nous perdons nos derniers instants comptés à nous laisser happer par une politique politicienne qui ne tient plus compte de ses protégés parce que trop préoccupée par la chasse aux sièges miroitants. Les Libanais n’apprendront-ils donc jamais? Carla Bejjani ARAMOUNI Article paru le Vendredi 23 Mars 2007
Au point de départ, il y a les besoins humains. Ces besoins ont pu se trouver une réponse satisfaisante, universelle, dans les droits de l’homme… «Tout individu a droit à la vie, à la liberté et à la sûreté de sa personne, droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion, droit à la liberté d’opinion et d’expression, droit au travail, au libre choix de son travail, à des conditions équitables et satisfaisantes de travail et à la protection contre le chômage, à la Sécurité sociale, à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé, son bien-être et ceux de sa famille, toute famille a droit à la protection de la société et de l’État…»
Certes, cet inventaire est l’expression picturale d’un certain plafond idéal. Néanmoins, à qui incomberait la responsabilité de faire valoir ces...