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Actualités

éclairage Plusieurs grands programmes d’armement US sous le feu des critiques

Les polémiques se multiplient sur les insuffisances et irrégularités constatées dans l’attribution ou le déroulement de plusieurs grands contrats passés par l’armée américaine. Jeudi, le GAO, l’organisme américain de contrôle des comptes publics, a révélé que le projet de construction de l’avion de combat Joint Strike Fighter (JSF) a enregistré des retards et des dérapages en termes de coûts. « Le coût total d’acquisition du programme JSF (d’ici à 2027) a augmenté de 31,6 milliards de dollars et le Pentagone paiera désormais 12 % de plus par avion que ce qui était prévu en 2004 », affirme le GAO dans un rapport. Mercredi, les gardes-côtes américains ont, par ailleurs, retiré à Lockheed Martin et Northrop Grumman un contrat portant sur le processus d’acquisition et le développement de 12 vedettes rapides. L’achat de ces navires sera désormais piloté en interne, a précisé ce corps dépendant du département à la Sécurité intérieure, dans un communiqué. Il s’agit d’une composante de l’un des contrats d’armement phares de l’après-11-Septembre, « Deepwater », dont le montant total est évalué à 24 milliards de dollars. Fin décembre, le New York Times avait en outre déjà détaillé les insuffisances apparues depuis le lancement, en juin 2002, de ce programme destiné à mieux protéger les frontières d’éventuelles attaques terroristes : coques fissurées, moteurs en panne, défaut de conception, équipements électroniques insuffisamment étanches. La construction des vedettes rapides avait déjà été suspendue car elles étaient jugées trop lourdes, trop gourmandes en carburant et leur système de propulsion présentait des risques, notait-il. « Vous allez rapidement voir des changements dans l’organisation du système d’acquisition des gardes-côtes », avait alors prévenu l’amiral Thad Allen, qui commande ce corps. Fin février, c’est un autre programme d’armement majeur qui a été remis en cause : la production par Boeing de 141 hélicoptères de combat et de sauvetage (CSAR) destinés à l’US Air Force, pour 10 milliards de dollars. Le GAO a reconnu le bien-fondé d’un recours déposé par les concurrents de Boeing, Sikorsky (United Technologies) et Lockheed Martin, mécontents de la façon dont les propositions en lice avaient été évaluées. « Nous recommandons que l’armée de l’air amende sa demande (...), reprenne les discussions avec les concurrents à la lumière de ces conclusions et qu’elle leur demande de faire de nouvelles propositions », a conclu le GAO, appelant de facto à une réouverture de la compétition. « Je ne pense pas que nous assistions à une réouverture complète de la compétition », a pourtant estimé le PDG de Boeing, Jim McNerney, dans un entretien au Financial Times, début mars. Ces complications surviennent au plus mauvais moment pour l’armée de l’air, déjà au centre d’une polémique à rebondissements au sujet du renouvellement de sa flotte d’avions ravitailleurs, dont le contrat, octroyé à Boeing puis annulé, reste sous haute surveillance au Congrès. La commission aux forces armées de la Chambre a tenu le 7 mars de nouvelles auditions sur les programmes d’acquisition de l’US Air Force, notamment celui des ravitailleurs pour lequel le Pentagone a tout fait pour aligner un concurrent face à Boeing, en l’occurrence le tandem EADS/Northrop Grumman. David DIEUDONNE (AFP)

Les polémiques se multiplient sur les insuffisances et irrégularités constatées dans l’attribution ou le déroulement de plusieurs grands contrats passés par l’armée américaine.
Jeudi, le GAO, l’organisme américain de contrôle des comptes publics, a révélé que le projet de construction de l’avion de combat Joint Strike Fighter (JSF) a enregistré des retards et des dérapages en termes de coûts. « Le coût total d’acquisition du programme JSF (d’ici à 2027) a augmenté de 31,6 milliards de dollars et le Pentagone paiera désormais 12 % de plus par avion que ce qui était prévu en 2004 », affirme le GAO dans un rapport.
Mercredi, les gardes-côtes américains ont, par ailleurs, retiré à Lockheed Martin et Northrop Grumman un contrat portant sur le processus d’acquisition et le développement de 12...