Le chef des FL, Samir Geagea, a exprimé ses craintes au sujet de l’optimisme débordant des pôles de l’opposition, qui pourrait refléter, selon lui, une volonté de saboter à l’avance toute solution basée sur l’adoption du tribunal international et la primauté de l’équation 19+10+1 au sein d’un éventuel cabinet d’union nationale.
Dans une interview accordée au magazine saoudien Oukaz, il a applaudi à la détermination saoudienne de faire son possible pour mettre un terme à la crise dans laquelle se débat le Liban. Il en a profité pour rappeler que toutes les composantes du 14 Mars partagent la même position, soulignant qu’il n’existe pas, au sein de cette majorité, de « modérés et d’extrémistes : nous avons tous accepté la formule de 19+10+1 plutôt que le gouvernement des deux tiers plus deux », a-t-il dit. Interrogé également sur l’armée, il a affirmé que c’est « elle la résistance, et qu’il n’est pas permis que n’importe quelle autre partie tienne les armes. Combattre Israël est l’affaire de l’État et le Hezbollah en a fait un prétexte pour garder ses armes », a accusé le chef des FL.
Pour M. Geagea, le problème au Liban est « politique par excellence ; il n’est aucunement question d’une crise de coexistence islamo-chrétienne », a-t-il souligné, rappelant que l’accord de Taëf est « notre actuelle Constitution ; il est dangereux d’essayer de s’en défaire ou de jouer avec », a mis en garde Samir Geagea, qui a en outre affirmé qu’il refusera la politisation du tribunal international, « et je refuse également que le Hezbollah soit jugé », a-t-il ajouté.
Signalons que Samir Geagea a reçu hier une délégation polonaise ainsi qu’une délégation des Ligues chrétiennes, qui ont souligné que l’armée reste « la garantie de la souveraineté ».
Le démenti au « Safir »
Par ailleurs, le bureau d’information des Forces libanaises a démenti, dans un communiqué, les informations publiées par le quotidien as-Safir, dans son édition d’hier, et selon lesquelles le parti de Samir Geagea aurait menacé ses alliés au sein du 14 Mars de rejoindre le camp de l’opposition.
Le communiqué situe ces informations dans le cadre de « la campagne menée par as-Safir contre les FL dont elle avait essayé la semaine dernière de ternir l’image auprès de l’Arabie saoudite en publiant des informations sans fondements sur les rapports du parti avec Ryad ». « As-Safir est ainsi passé du média qui informe, même s’il s’agit de points de vue divergents, à un outil de propagande en faveur de l’opposition et au détriment de la vérité », poursuit le communiqué, qui accuse le quotidien de tenter de porter atteinte à l’unité des rangs des forces qui composent le mouvement du 14 Mars. Le texte met ainsi l’accent sur la concordance de vues de ces forces au sujet de « tous les détails des solutions proposées » à la crise politique et « de toutes les questions tactiques et stratégiques ». Il invite les détracteurs des FL à sonder la possibilité que « des pôles de l’opposition rejoignent les rangs de la majorité au lieu de perdre leur temps avec des paris inutiles ».
De son côté, le député FL Antoine Zahra a démenti, dans une déclaration à la Voix du Liban, les informations selon lesquelles les FL auraient accepté de donner leur feu vert à la mise en place d’un gouvernement au sein duquel l’opposition détiendrait le tiers de blocage, au cas où elles détiendraient deux portefeuilles au sein de ce gouvernement.
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