Le Hezbollah se dit optimiste quant à un prochain règlement de la crise politique, mais jette la balle dans le camp de la majorité. Selon le ministre démissionnaire de l’Énergie et de l’Eau, Mohammad Fneich, la solution dépend de la réaction du camp opposé : si elle est positive, il considère que le problème est réglé, sinon il promet une nouvelle escalade et laisse entendre qu’il envisage de bloquer la présidentielle.
C’est donc un optimisme assorti de menaces que le Hezbollah s’est employé à diffuser hier. « Grâce aux efforts irano-saoudiens, une solution se profile à l’horizon, si l’équipe au pouvoir y réagit favorablement, sinon nous allons au-devant d’une crise qui ne se limitera pas aux dossiers du tribunal international et du gouvernement », a déclaré M. Fneich, lors d’une conférence qu’il a donnée hier à Kfar Remmane. Et d’ajouter : « Nous n’oublions pas l’échéance de la présidentielle, ce qui signifie que nous allons sérieusement songer à des mesures d’escalade pour exercer davantage de pressions sur l’équipe au pouvoir, afin de la pousser à renoncer à ses paris sur l’étranger. »
Accusant la majorité d’avoir tenté de changer, après le départ des forces syriennes du Liban, le rôle et l’appartenance du Liban, M. Fneich a estimé que la médiation irano-saoudienne vise à « aider les Libanais à exprimer leur volonté nationale et à supprimer les obstacles qui les empêchent de communiquer ». Il a indiqué que l’opposition a « réagi favorablement à toutes les propositions de règlement et notamment à une concomitance des dossiers du gouvernement et du tribunal international, de sorte à ce que l’opposition participe réellement à un gouvernement d’entente nationale authentique – ce qui ne peut se réaliser que si elle détient le tiers plus un des voix – et qu’on examine, après l’adoption du principe de la participation, le dossier du tribunal à caractère international ».
« Il appartient maintenant au camp opposé de relever le défi. Ou bien il réagit positivement et favorise ainsi un règlement prochain et très acceptable, ou bien il maintient son pari sur l’étranger pour modifier la donne au Liban, ce qui barrera la route à une solution », a insisté M. Fneich. Selon lui, « si la crise est appelée à durer jusqu’à la présidentielle, le pays sera divisé et glissera sur une voie dangereuse qui menacera son avenir ».
Abondant dans le même sens, le député Nawar Sahili a fait état d’un projet de solution en gestation, fondé sur la concomitance des dossiers du tribunal et du gouvernement, avant d’indiquer que la désobéissance civile reste une option à laquelle l’opposition aura recours en cas d’échec des efforts de médiation.
Composée du député Amine Cherry et de deux responsables du conseil politique du Hezbollah, Mahmoud Komaty et Ghaleb Abou Zeinab, une délégation de la formation chiite s’est rendue auprès de l’ancien député Tammam Salam et du président du Congrès populaire, Kamal Chatila, pour examiner avec eux les résultats du sommet irano-saoudien et leur expliquer la position du Hezbollah. « Nous nous orientons résolument vers une solution », a déclaré M. Komaty à la presse au terme des deux entretiens, accusant la majorité de vouloir torpiller tout projet de règlement. « La partie en faveur d’une solution est devenue la plus forte et les conditions propices à un règlement sont assurées. Cela ne veut pas pour autant dire que tous les obstacles ont été aplanis, mais il semble que nous sommes sur le point de dépasser les problèmes qui avaient été provoqués dans le passé », a-t-il dit.
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C’est donc un optimisme assorti de menaces que le Hezbollah s’est employé à diffuser hier. « Grâce aux efforts irano-saoudiens, une solution se profile à l’horizon, si l’équipe au pouvoir y réagit favorablement, sinon nous allons au-devant d’une crise qui ne se limitera pas aux dossiers du tribunal international et du gouvernement », a déclaré M. Fneich, lors d’une conférence...