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L’économie mondiale devrait résister au ralentissement américain

Le ralentissement économique aux États-Unis inquiète les Bourses, qui traversent un coup de tabac depuis trois jours, mais ne devrait pas trop se répercuter sur la croissance dans le reste du monde car l’Europe et l’Asie ont pris le relais. Depuis plusieurs jours, les signaux négatifs sur l’économie américaine s’accumulent : chute des commandes de biens durables et des ventes de logements neufs, révision à la baisse des prévisions de croissance, déclarations de l’ancien président de la Réserve fédérale, Alan Greenspan, évoquant une « récession » américaine en 2007. Mais les économistes, qui tablent en général sur une croissance de 2 à 2,5 % en 2007 pour les États-Unis, se montrent optimistes. « L’économie américaine reste sur un rythme de croissance de plus de 2 %. Il y a un ralentissement progressif, mais pas de récession », commente Benjamin Carton, économiste du Centre d’études prospectives et d’informations internationales (Cepii). Le secteur de la construction en particulier est resté plus dynamique que prévu fin 2006 grâce à un temps exceptionnellement doux. Côté consommation, le portefeuille des ménages américains a profité de la baisse des prix pétroliers et d’une forte hausse des salaires, malgré la contraction de l’accès au crédit, souligne Evariste Lefeuvre, économiste de CDC-Ixis. « La consommation se tient et il y a donc toujours un potentiel de croissance des importations aux États-Unis », précise-t-il, ajoutant aussi que la reprise économique au Japon et en Europe est bien lancée et que la croissance y est déjà « un peu autoentretenue ». Les indicateurs économiques publiés mercredi pour la zone euro confirment que la reprise est désormais solidement sur les rails, malgré les craintes initiales liées au relèvement de la TVA en Allemagne, tandis que l’inflation et le chômage poursuivent leurs baisses. La zone euro, qui devrait croître de plus de 2 % cette année, est partiellement protégée d’un ralentissement américain par son fort commerce intrazone, et elle bénéficie aussi d’une forte « dynamique interne », souligne Sabine Lebayon, économiste de l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE). Côté asiatique, « la consommation au Japon s’est bien comportée au 4e trimestre », et ce pays bénéficie toujours d’un excédent commercial très important, remarque Christine Rifflart, autre économiste de l’OFCE. En Chine, la baisse des importations américaines au 4e trimestre a été compensée par un gain des parts de marchés, dans un pays où la croissance reste très soutenue, précise-t-elle. Même cas de figure en Inde où la croissance au dernier trimestre 2006 a légèrement ralenti tout en restant à un niveau élevé (8,6 %). En outre, le dynamisme du commerce mondial a été récemment stimulé par les pays émergents, qui ont bénéficié de la flambée des matières premières, à l’instar des pays exportateurs de pétrole et de certains pays d’Amérique du Sud. Toutefois, ce scénario optimiste ne tient que si le ralentissement américain s’effectue en douceur, conformément aux prévisions. Dans le cas contraire, Benjamin Carton remarque qu’il y aurait probablement un impact négatif chez les principaux partenaires commerciaux des États-Unis : Canada, Mexique, Japon, Chine et dans une moindre mesure l’Europe. De plus, le ralentissement américain sera relativement bénin s’il s’en tient aux échanges commerciaux, mais s’il s’étend aux marchés financiers et si l’on assiste à « une baisse assez forte et assez longue des Bourses aux États-Unis, en Asie avec propagation en Europe », ses conséquences seront plus sévères.

Le ralentissement économique aux États-Unis inquiète les Bourses, qui traversent un coup de tabac depuis trois jours, mais ne devrait pas trop se répercuter sur la croissance dans le reste du monde car l’Europe et l’Asie ont pris le relais.
Depuis plusieurs jours, les signaux négatifs sur l’économie américaine s’accumulent : chute des commandes de biens durables et des ventes de logements neufs, révision à la baisse des prévisions de croissance, déclarations de l’ancien président de la Réserve fédérale, Alan Greenspan, évoquant une « récession » américaine en 2007.
Mais les économistes, qui tablent en général sur une croissance de 2 à 2,5 % en 2007 pour les États-Unis, se montrent optimistes.
« L’économie américaine reste sur un rythme de croissance de plus de 2 %. Il y a un ralentissement...