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Des femmes sur le terrain pour débarrasser le Liban-Sud des sous-munitions

Rahil Kourani, 35 ans, ajuste son casque par-dessus son voile noir et se prépare à inspecter des sous-munitions. Elle fait partie de la première équipe féminine de déminage du sud du pays, rapporte l’AFP dans un reportage signé Jihad Siqlaoui. « Je n’ai pas décidé de faire ce travail pour l’argent, mais pour aider mes frères dans le Sud, qui sont victimes des sous-munitions chaque jour », dit cette ex-employée du secteur hospitalier. Mme Kourani et ses six collègues, sélectionnées parmi trente femmes, gagnent 700 dollars par mois chacune. Elles ont été formées par l’Agence suédoise de sauvetage (Swedish Rescue Service Agency), une organisation gouvernementale impliquée dans le domaine depuis 1999. Rahil Kourani décide de démissionner de son poste à l’hôpital Ahiram de Tyr, « après avoir vu de nombreux Libanais, surtout des enfants et des agriculteurs, victimes des sous-munitions, admis dans l’établissement ». Selon les Nations unies, Israël a lancé plus d’un million de bombes à sous-munitions lors de la guerre contre le Hezbollah, entre le 12 juillet et le 14 août 2006. Ces bombes sont constituées d’un conteneur principal qui s’ouvre en libérant des dizaines de petites bombes sur une large zone. « C’est un métier dangereux, mais il faut que nous débarrassions notre terre des munitions et puis, Dieu nous protège », lance Hana Kiriani, une autre membre de l’équipe, âgée de 24 ans. « Nous avons suivi une formation intensive sur les mines et les sous-munitions, et les façons de pénétrer dans un terrain miné en assurant un chemin de sortie », ajoute-t-elle. Zeinab Mehanna, 20 ans, la benjamine du groupe, parle avec enthousiasme de ce « beau métier, qui permet de sauver les enfants et les agriculteurs de la mort ». « Quand je me marierai, je raconterai à mes enfants mon aventure merveilleuse », dit-elle, avant d’entamer, avec ses collègues, l’inspection d’un verger situé à Maalliyé, à 80 km au sud de Tyr. « Les filles ont déjà repéré trois zones minées dans ce verger », note avec fierté leur superviseur suédois Pier Piergen. À l’aide du matériel approprié moderne, l’équipe localise les sous-munitions. Puis elle arrache l’herbe et les plantes autour, avant que les démineurs ne les fassent exploser. Le directeur du projet, Goran Manson, explique que « les femmes font partie de la population libanaise, et l’idée était de les faire participer à cette mission, en application du principe de l’égalité des sexes ». « Nous ne faisons pas de différence entre hommes et femmes. Nous choisissons les meilleurs », assure-t-il. Selon Dalia Farran, porte-parole du Centre de coordination de l’ONU pour le déminage (MACC), 841 zones contenant des sous-munitions et couvrant 34 millions de mètres carrés ont été localisées, mais 10 % seulement d’entre elles ont été déminées jusqu’à présent. « Depuis la fin de la guerre, 10 000 sous-munitions ont été désamorcées », avait-elle ajouté à la mi-février. Le nombre des victimes, des civils et des démineurs, y compris des étrangers, s’établit à 30 morts et 186 blessés depuis la fin du conflit. À Oslo, où se tenait hier le dernier jour des travaux d’une conférence sur les bombes à sous-munitions, les pays opposés à ce type d’armes semblaient sur le point de s’engager à signer, d’ici à 2008, un accord pour les interdire. Cependant, cet engagement n’aurait pas l’aval de pays-clés comme Israël et les États-Unis, les grands absents de cette réunion.

Rahil Kourani, 35 ans, ajuste son casque par-dessus son voile noir et se prépare à inspecter des sous-munitions. Elle fait partie de la première équipe féminine de déminage du sud du pays, rapporte l’AFP dans un reportage signé Jihad Siqlaoui.
« Je n’ai pas décidé de faire ce travail pour l’argent, mais pour aider mes frères dans le Sud, qui sont victimes des sous-munitions chaque jour », dit cette ex-employée du secteur hospitalier.
Mme Kourani et ses six collègues, sélectionnées parmi trente femmes, gagnent 700 dollars par mois chacune.
Elles ont été formées par l’Agence suédoise de sauvetage (Swedish Rescue Service Agency), une organisation gouvernementale impliquée dans le domaine depuis 1999.
Rahil Kourani décide de démissionner de son poste à l’hôpital Ahiram de Tyr, « après avoir vu de...