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Actualités - Opinion

La majorité attend Berry au tournant Émile KHOURY

Une source gouvernementale se demande pourquoi, en tant que président de la Chambre, M. Nabih Berry ne prend pas, ou plutôt ne reprend pas comme auparavant, l’initiative d’organiser de nouveau un dialogue national. Sinon autour d’une table ronde, comme précédemment, du moins à travers des rencontres entre pôles de la majorité et de l’opposition. Pour tenter de parvenir à un accord, consigné dans un procès-verbal, sur le tribunal, le gouvernement, la présidentielle et les législatives. Ce responsable rappelle que dans le temps, M. Berry s’accordait volontiers avec le président du Conseil, M. Fouad Siniora. Leurs fréquentes réunions avaient débouché sur la rédaction des sept points et de la mouture adoptée par le Conseil de sécurité de l’ONU pour la 1701. Une résolution qui, en son temps, avait été approuvée à l’unanimité par le Conseil des ministres libanais, englobant encore les ministres chiites. Le ministre s’étonne des réticences de M. Berry à rencontrer M. Siniora ou le chef du Courant du futur, M. Saad Hariri, afin d’élaborer un document qui serait signé par tous, après concertation avec les alliés respectifs. Cependant, le ministre se hâte d’exprimer son scepticisme quant aux intentions de l’opposition. Il laisse entendre, toujours sous forme interrogative, que le vrai but des prosyriens n’est pas de décrocher ce qu’ils appellent une participation effective au pouvoir, mais de torpiller le tribunal international pour complaire, ou obéir, à la Syrie dont c’est la bête noire. Selon cette source, les prosyriens seraient disposés à octroyer à la majorité plus des deux tiers des sièges ministériels, si elle renonce au tribunal. Tandis qu’inversement, la majorité laisserait l’opposition obtenir le tiers de blocage qu’elle exige, si elle cesse d’entraver la création de l’instance. Et d’ajouter qu’il est évident que les prosyriens ne voudront dévoiler leurs demandes d’amendement du statut du tribunal que lors de la réunion d’un cabinet où ils disposeraient du tiers de blocage plus un. Parce que ainsi, s’ils n’obtiennent pas, à travers les retouches réclamées, la neutralisation du tribunal, que Damas leur ordonne de décrocher, ils feraient sauter le gouvernement en provoquant une crise de pouvoir d’autant plus accentuée qu’il ne serait plus possible de s’entendre sur la présidentielle. Quant à l’Iran, le ministre estime que ce pays se rapproche des Saoudiens pour qu’ils traitent en sa faveur, grâce à leur alliance avec les États-Unis, le dossier épineux de son nucléaire. Autrement dit, pour qu’ils arrondissent les angles, dans le conflit qui l’oppose à Washington, afin de le soulager de la pression, et des menaces, qu’il subit. Toujours selon le ministre cité, c’est seulement si Ryad réussit à convaincre les Américains de mettre de l’eau dans leur vin par rapport au nucléaire iranien, que Téhéran se déciderait à faire vraiment pression sur Damas afin qu’il accepte le tribunal international et qu’en même temps il facilite le dénouement de la crise libanaise. Retour au président Berry. Les majoritaires le pressent chaque jour de prouver qu’il distingue bien entre ses devoirs de président de la Chambre et de leader du mouvement Amal. De son côté, Berry indique qu’il est disposé à reprendre un rôle de conciliateur, sans paraître cependant s’apprêter à rencontrer M. Siniora ou M. Hariri. Il reste que l’ambassadeur d’Arabie saoudite, M. Abdel Aziz Khoja, qui effectue une navette inlassable entre les pôles libanais, se montre ces jours-ci confiant et optimiste. Il faut donc espérer qu’il y ait un déblocage en vue.
Une source gouvernementale se demande pourquoi, en tant que président de la Chambre, M. Nabih Berry ne prend pas, ou plutôt ne reprend pas comme auparavant, l’initiative d’organiser de nouveau un dialogue national. Sinon autour d’une table ronde, comme précédemment, du moins à travers des rencontres entre pôles de la majorité et de l’opposition. Pour tenter de parvenir à un accord, consigné dans un procès-verbal, sur le tribunal, le gouvernement, la présidentielle et les législatives.
Ce responsable rappelle que dans le temps, M. Berry s’accordait volontiers avec le président du Conseil, M. Fouad Siniora. Leurs fréquentes réunions avaient débouché sur la rédaction des sept points et de la mouture adoptée par le Conseil de sécurité de l’ONU pour la 1701. Une résolution qui, en son temps, avait été...