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Actualités - Opinion

Les médiateurs arabes se donnent un mois pour réussir

Un important ancien dirigeant estime que les médiateurs arabes espèrent dénouer la crise libanaise dans un délai d’un mois à peu près. Car autrement, la tenue du sommet arabe, et, partant, sa réussite, prévu pour fin mars à Ryad, s’en trouveraient fortement compromises. Selon cette personnalité, qui dispose d’informations de première main, le souverain wahhabite, le roi Abdallah, n’aurait tout simplement pas fixé le rendez-vous du sommet à la date arrêtée s’il n’était quasi certain que le délai suffirait pour régler l’épineux problème libanais. D’ailleurs, indique la même source, il serait difficile aux Saoudiens d’obtenir la présence simultanée au sommet des présidents Bachar el-Assad, Émile Lahoud et Fouad Siniora, sans un règlement préalable de la question libanaise. La rencontre de Ryad étant prévue pour constituer le couronnement de la médiation saoudienne, et le triomphe de la diplomatie du royaume dont les objectifs sont de rétablir et de renforcer la stabilité politique dans le camp régional arabe en contrant ou neutralisant l’inquiétante influence iranienne. Et en écartant du même coup le spectre d’une discorde explosive opposant sunnites et chiites. De plus, on assurerait ainsi le prestige d’une réunion qui regrouperait plus facilement un nombre élevé de souverains et de chefs d’État. Mais alors, se demandera-t-on, pourquoi l’Iran, dont le rôle régional proéminent semble visé par la ligne générale saoudienne, se montre-t-il ouvert aux efforts de Ryad concernant le Liban et y coopère-t-il ? Parce que, répond la personnalité citée, il lui importe que la région arabe environnante, du Golfe jusqu’à l’Égypte, joue en sa faveur, en cas d’échec des pourparlers sur son nucléaire, pour prévenir des frappes contre son territoire. Comme il lui importe que sunnites et chiites n’en viennent pas à se battre à fond, en Irak ou ailleurs. Car non seulement cela provoquerait des troubles dans certaines de ces régions, mais aussi il ne pourrait plus imprégner de son influence khomeyniste l’ensemble des masses musulmanes, de l’Afghanistan à l’Indonésie. De son côté, la Ligue arabe, qui mène une action parallèle complémentaire, a pour but, à travers un accord pour le Liban, non seulement de réconcilier les parties libanaises, mais également de dissiper le froid qui marque les relations entre l’Égypte et l’Arabie saoudite d’une part, la Syrie d’autre part. Ce qui permettrait un débat positif, peut-être fructueux, sur des dossiers comme l’Irak ou la Palestine. Retour à l’Arabie saoudite. Est-ce qu’elle agit sans se concerter avec les États-Unis ? Pour l’ancien dirigeant, Ryad sait en tout cas qu’il existe des limites qu’il ne doit pas franchir, eu égard à l’allié américain. Mais en même temps, le royaume a déjà prouvé que, sur nombre de points, il diverge avec les positions US et qu’il opère de manière autonome. Il a évidemment toujours contesté la ligne de Washington concernant Israël et la Palestine. Et il n’a pas hésité à réconcilier, à La Mecque, le Fateh et le Hamas que les USA condamnent formellement. Trois nœuds Contrairement à beaucoup d’observateurs, qui voient dans le tribunal international la seule véritable cause de la crise libanaise, l’ancien responsable pense qu’il faut y ajouter la question de la formation d’un cabinet d’union nationale et la présidentielle. Pour couvrir le dossier, il faut prendre en compte, d’après lui, l’absence de toute confiance entre les protagonistes locaux. Dès lors, ajoute-t-il, les assurances que fourniraient les uns ou les autres ne sauraient suffire, puisqu’ils ne se croiraient pas réciproquement. Il faut donc, à son avis, des garanties assurées à tous par une partie extérieure impartiale, dans laquelle ils auraient pareillement confiance. Explicitant son point de vue, cette personnalité rappelle que la majorité doute fortement que la minorité ne chercherait plus à torpiller la création du tribunal international. Ou de la retarder en provoquant un litige sur le statut, texte sur lequel les contestataires n’ont toujours pas divulgué les remarques ou objections qu’ils affirment vouloir faire. De même, les loyalistes ne veulent pas du tiers de blocage, parce qu’ils pensent que leurs adversaires s’en serviraient pour faire sauter le gouvernement à tout moment qu’il leur plairait. Ou useraient de leur poids numérique pour paralyser le Conseil des ministres par défaut de quorum. Tout comme ils pourraient empêcher une élection présidentielle à la Chambre. Cette méfiance, les majoritaires la justifient par les retournements divers des opposants. Qui avaient approuvé la création du tribunal, avant de la remettre en question. Qui avaient de même ratifié en Conseil des ministres les sept points et la 1701, avant de se rétracter. À cause, évidemment, de l’article relatif au désarmement des milices et à l’extension de l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire national. Mais quelle serait la partie impartiale qui pourrait fournir les garanties mentionnées par l’ancien responsable ? L’Arabie saoudite ? Ne faudrait-il pas lui adjoindre l’Iran ? Réponse, sans doute, dans le mois qui vient. Émile KHOURY

Un important ancien dirigeant estime que les médiateurs arabes espèrent dénouer la crise libanaise dans un délai d’un mois à peu près. Car autrement, la tenue du sommet arabe, et, partant, sa réussite, prévu pour fin mars à Ryad, s’en trouveraient fortement compromises. Selon cette personnalité, qui dispose d’informations de première main, le souverain wahhabite, le roi Abdallah, n’aurait tout simplement pas fixé le rendez-vous du sommet à la date arrêtée s’il n’était quasi certain que le délai suffirait pour régler l’épineux problème libanais.
D’ailleurs, indique la même source, il serait difficile aux Saoudiens d’obtenir la présence simultanée au sommet des présidents Bachar el-Assad, Émile Lahoud et Fouad Siniora, sans un règlement préalable de la question libanaise. La rencontre de Ryad...