Rechercher
Rechercher

Actualités - Opinion

Les lecteurs ont voix au chapitre

Sans allocation chômage Depuis bientôt un an, le Parlement libanais est un hall déserté (à part épisodiquement pour servir de salle de réunion à quelques stériles séances de « dialogue »), l’institution qu’il est censé héberger n’existant plus que sur le papier, puisque ses honorables hôtes, élus par le peuple libanais pour le représenter, n’y exercent plus aucune activité. Pourtant c’est au nom du peuple libanais que ces éminents représentants doivent se retrouver, au moins durant les sessions dites ordinaires, pour (éventuellement) légiférer, (éventuellement) discuter du budget et (éventuellement) sanctionner l’action de l’Exécutif. Deux petites sessions de 75 jours chacune, donc sept mois de vacances: le rêve de tout salarié (en l’occurrence du peuple), pour un semblant de démocratie… Voilà donc une nouvelle insulte faite au peuple résistant (aux nombreuses tentations), ployant sous le fardeau de la vie chère, qui voit ses députés, pourtant grassement payés, au chômage technique par la volonté de M. Berry et donc dispensés d’exercer la moindre activité « à leur lieu de réunion officiel ». Dans toute autre organisation marchande ou ONG, il aurait été procédé au licenciement pur et simple de ces messieurs-dames pour faute(s) grave(s), en leur faisant perdre du coup tout droit aux allocations chômage. Je me demande donc quel recours pourrait être trouvé par les collectifs défenseurs des droits du citoyen, afin de priver les députés libanais de leurs indemnités puisque, au nom du fameux préambule et de l’article 2 de la Constitution libanaise, « tous les Libanais sont égaux devant la loi », notamment « en droits et obligations sans distinction ni préférence », et qu’il n’est donc pas normal que certains, je dirai même les premiers parmi eux, continuent à recevoir leurs indemnités sans exercer la moindre activité. Cela peut ressembler à une farce ? Faute d’être un État de droit, pour n’avoir pas su rester un pays d’avenir, le Liban ne peut plus accorder à ses citoyens que le droit à l’humour. Joe KINDARJI La culture, défaite ou victoire ? Au-delà de la confrontation politique, au-delà de l’attachement incontesté à la liberté et à la démocratie, une réalité non moins importante mérite qu’on s’y attarde longuement. Le profil sociologique du conflit a autant d’ampleur que la réelle stratégie sociopolitique qui s’exacerbe sur la scène libanaise. Le choc des cultures est assez important et il dicte parfaitement le choix des stratégies et des étapes qui se suivent et s’ensuivent. En effet, on assiste d’une part à des réactions appelant au calme, à la prise de conscience, au dialogue permanent et incontournable, à la préservation des équilibres et des libertés, au respect très sérieux de la paix civile. Et on assiste d’autre part à des réactions allant parfois de la diffamation à la provocation, tantôt par les mots et tantôt avec les mains. Cette réalité est-elle uniquement le symbole d’une différence de stratégie politique ou bien reflète-t-elle aussi un certain niveau de culture politico-sociale ? Car la politique est une culture, la stratégie est une culture, la réaction est une culture et l’homme se définit surtout par sa culture, au-delà de son appartenance communautaire. Dès lors, le conflit aujourd’hui est profondément ancré dans la société et ses rouages, ce qui dicte une prise de conscience afin de le désamorcer. Ainsi, face à la culture de la mort, se tient bien droite la culture de la vie. Face à la régression et à la répression, s’imposent le développement et la liberté d’expression. Face au passé et à la tyrannie, se profilent lentement l’avenir et la démocratie. Certes, l’agression, la violence et la provocation, en passant par le terrorisme psychologique imposé par intermittence ne sont pas à même de décourager ou d’anéantir la vague déferlante, celle de la culture de la foi et de l’amour, qui se cramponne à la culture du sang versé et de l’histoire d’un pays qui ne cesse de se relever. Muriel MATTA Limassol Hommage à La Fontaine Alors que notre existence aujourd’hui, en raison d’un discours politique qui dépasse toutes les règles de la bienséance, est régie par la loi de la jungle où chacun veut s’accaparer la part du lion, il est choquant et triste de voir que lors de la commémoration du deuxième anniversaire de la tragique disparition de Rafic Hariri, le 14 février, les barbelés séparant les belligérants loyalistes et opposants étaient électrifiés, comme si nous vivions dans un parc zoologique d’Afrique où ces dispositifs sont efficaces pour empêcher les animaux sauvages d’attaquer les êtres humains. Ce jour-là, les orateurs inspirés sans doute de La Fontaine nous ont fait revivre Le lion malade et bien d’autres fables.... Mieux encore, d’autres ont évoqué la victoire du moucheron sur le lion (Fable 9) : comment le chétif insecte retourne l’énorme puissance du lion contre celui-ci et finit ainsi par le terrasser, contre toute attente. D’autres enfin ont préféré, puisant dans al-Moutannabi, parler de l’importance du cheval, pour réveiller au nom de la nostalgie un passé révolu. Comment ne pas penser, dès lors, que nous vivons dans l’année du cochon, selon le calendrier chinois, et qu’il s’agit d’une ère qui est synonyme de conflits. Nazira A. SABBAGHA
Sans allocation chômage

Depuis bientôt un an, le Parlement libanais est un hall déserté (à part épisodiquement pour servir de salle de réunion à quelques stériles séances de « dialogue »), l’institution qu’il est censé héberger n’existant plus que sur le papier, puisque ses honorables hôtes, élus par le peuple libanais pour le représenter, n’y exercent plus aucune activité. Pourtant c’est au nom du peuple libanais que ces éminents représentants doivent se retrouver, au moins durant les sessions dites ordinaires, pour (éventuellement) légiférer, (éventuellement) discuter du budget et (éventuellement) sanctionner l’action de l’Exécutif. Deux petites sessions de 75 jours chacune, donc sept mois de vacances: le rêve de tout salarié (en l’occurrence du peuple), pour un semblant de démocratie…...