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Actualités - Analyse

Cabinet d’union La nouvelle formule discutée : 12+8+4

Selon des pôles politiques impliqués dans les pourparlers sur la composition d’un éventuel cabinet d’union, il est erroné d’affirmer, comme le font des opposants, qu’il y a eu un accord sur la formule de 19 sièges à la majorité, 11 à la minorité. D’après eux, si les opposants maintenaient leurs exigences, les loyalistes continueraient à s’en tenir à la proposition Moussa : 19, 10 et un ministre-roi indépendant, qui pourrait être alors une figure notable comme le président Hussein Husseini. Autres indications de l’heure : en raison du refus obstiné du président Lahoud, qui ne veut pas du trio Murr-Rizk-Mitri, il ne serait plus question d’élargir le présent cabinet, mais d’en former un tout nouveau. Il s’agirait d’un gouvernement de 24, 12 à la majorité, 8 à l’opposition et 4 indépendants. Il existe également, avancée par certains conciliateurs, la possibilité d’opter pour un cabinet de technocrates, de 6 ou 12 pas plus, qui aurait pour mission de traiter la question du tribunal, de lancer le chantier de Paris III et d’établir une nouvelle loi électorale. D’autre part, Assad retrouve ce samedi à Téhéran ses partenaires iraniens, pour resserrer la coordination sur le dossier libanais qu’ils partagent. On ne sait pas qui va convaincre, qui va entraîner l’autre sur la voie, intransigeante ou flexible, qu’il a choisie. Les Iraniens, on le sait, se rapprochent beaucoup de l’Arabie saoudite. Ils y ont encore dépêché tout récemment l’un de leurs responsables les plus en vue, les plus influents, Ali Larijani, qui préside le puissant conseil national de sécurité. L’équivalent du poste de l’émir saoudien Bandar, qui traite, lui également, de la question libanaise. C’est bien pourquoi les deux hommes se sont longuement rencontrés. Leurs échanges ayant été, selon leurs proches, positifs et concordants. Dans ce sens qu’à leur avis, il faut redoubler d’efforts pour décrisper le climat inquiétant régnant au Liban. Le meilleur moyen d’apaiser les tensions sunnito-chiites étant encore de parvenir à résoudre la crise. Cependant, des cadres de l’opposition locale soutiennent que les Iraniens et les Saoudiens n’ont pu vraiment s’entendre. À leur avis, ce seraient les Américains et les Français qui auraient, par leurs pressions sur Ryad, torpillé les chances d’accord entre les deux puissances régionales. Mais des sources diplomatiques informées infirment cette version. En indiquant que de nets progrès ont été réalisés. Et que les Iraniens ont accepté que les Saoudiens se chargent du marketing, auprès des parties libanaises en conflit, de l’arrangement envisagé. Un point de vue que rejoignent des professionnels locaux, qui soulignent que d’importantes rencontres et des contacts intensifiés entre médiateurs arabes et autres conciliateurs se déroulent ces jours-ci. L’objectif étant de dénouer la crise libanaise, ou de la mettre sur les bons rails d’un règlement, avant le sommet arabe prévu fin mars en Arabie saoudite. Ces mêmes sources prévoient, dans le même contexte général, une prochaine rencontre entre Saad Hariri et Nabih Berry. Au stade actuel, la formule de compromis comporterait d’abord un amendement du statut international, en base de tractations engagées loin des feux de la rampe. Retouche qui n’affecterait pas, selon un politicien, la nature même du tribunal ou son autorité. Mais l’opposition tient à ce que l’on fasse passer la question du gouvernement en premier. Elle se refuse donc à divulguer auparavant ses remarques sur le statut. La majorité réplique que la création du tribunal a été déjà approuvée à l’unanimité par le comité national de dialogue et ne devrait pas attendre. D’autant que les négociations, complexes, sur la formation d’un cabinet d’union pourraient traîner en longueur. Pour les majoritaires, il reste évident que la Syrie veut tout bloquer tant que l’épée de Damoclès du tribunal reste suspendue au-dessus de sa tête. Ils se demandent si leurs vis-à-vis libanais vont la suivre jusqu’au bout. Philippe ABI-AKL

Selon des pôles politiques impliqués dans les pourparlers sur la composition d’un éventuel cabinet d’union, il est erroné d’affirmer, comme le font des opposants, qu’il y a eu un accord sur la formule de 19 sièges à la majorité, 11 à la minorité. D’après eux, si les opposants maintenaient leurs exigences, les loyalistes continueraient à s’en tenir à la proposition Moussa : 19, 10 et un ministre-roi indépendant, qui pourrait être alors une figure notable comme le président Hussein Husseini. Autres indications de l’heure : en raison du refus obstiné du président Lahoud, qui ne veut pas du trio Murr-Rizk-Mitri, il ne serait plus question d’élargir le présent cabinet, mais d’en former un tout nouveau. Il s’agirait d’un gouvernement de 24, 12 à la majorité, 8 à l’opposition et 4 indépendants....