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Actualités - Analyse

Une détente à laquelle Damas ne semble toujours pas se rallier

Malgré le criminel « message d’avertissement » de la veille à Aïn Alak, la journée si redoutée du 14 février s’est bien passée sur le terrain. Grâce à divers facteurs convergents, dont les mesures prises par l’armée et les forces de sécurité, notamment pour établir un tampon entre les foules du recueillement et les tentes. Du reste, l’armée a été encore une fois l’objet des louanges de tous, qui se félicitent qu’elle tienne aussi bien en main la sécurité nationale. Mais l’on peut également citer, parmi les éléments positifs, la retenue exercée, à travers des fatwas par exemple, par les parties locales, qui ont mis en place à cet effet deux salles d’opération de surveillance des militants. Ou encore, et peut-être surtout, l’accord d’apaisement conclu entre l’Iran et l’Arabie saoudite. Pareillement soucieux de prévenir des accrochages sunnito-chiites, donc de calmer le jeu sur la scène libanaise. Mais, pour le moment, Damas n’a pas l’air de suivre le mouvement. C’est ce que laisse entendre un notable libanais connu pour être un proche du secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa. Cette source indique en effet que les progrès sur le plan politique, si progrès il y a, sont pour le moins très lents. Ajoutant que si l’on a pu traiter avec des effets positifs l’hypersensible problème des tensions, des rancœurs confessionnelles, c’est parce que l’Iran et l’Arabie saoudite y ont mis tout leur poids, usé de leur influence, qui n’est évidemment pas négligeable, auprès des chiites et des sunnites libanais. Influence dont d’autres joueurs doivent tenir compte, car ils ne peuvent se mettre à dos ces deux puissances. Ce qui expliquerait en partie le fait que le double message criminel de mardi ait été posté au Metn, au cœur de ce que l’on appelle le pays chrétien, et non dans une région à majorité musulmane. D’autres sources politiques informées croient savoir qu’aux termes de leurs échanges avec les Saoudiens, les Iraniens se sont engagés à tenter de persuader la Syrie de ne plus s’opposer à la mise en place d’un tribunal à caractère international. Mais ils n’auraient pas plus réussi que Amr Moussa. Même en faisant la promesse que le statut serait amendé de manière à dissiper les appréhensions du régime syrien. Dans le même sens, Saad Hariri a précisé à plusieurs reprises, dans ses interventions télévisées comme dans son discours du 14, que la solution au Liban passe par un accord sur le tribunal. Il a bien parlé d’accord, et non de s’en tenir à ce qui a déjà été approuvé par le gouvernement. Ce qui signifie clairement que la majorité n’est pas contre un débat fructueux portant sur le statut et les retouches. Dans l’attente de la minorité Cette question du tribunal constituant le nucleus même de la crise libanaise, on en reste donc politiquement au même point (mort). Walid Joumblatt, répercutant des indications émanant de Nabih Berry, souligne que les Syriens ne veulent toujours rien entendre, côté tribunal. Selon les estimations des mêmes sources, s’il devait y avoir déblocage sur ce plan, plus de 60 % du conflit interne aurait été résolu. Et il deviendrait relativement facile de s’entendre sur la présidentielle, sur un cabinet d’union nationale ou sur la loi électorale en vue de législatives anticipées. La majorité attend maintenant que la minorité se prononce et fasse connaître ses remarques. D’après les mêmes cadres, au cas où l’attitude syrienne, répercutée par ses alliés libanais, continuerait à entraver la mise en place du tribunal, en torpillant son approbation par la Chambre, le dossier reviendrait alors au Conseil de sécurité de l’ONU. Qui le traiterait seul, du moment que la partie libanaise se serait de fait récusée, retirée de la partie. Et cela signifierait, ajoutent ces sources, que le tribunal serait en tout cas créé. Car c’est déjà décidé dans la résolution 1664 qui a force de loi incontournable. Créé, mais sans les Libanais. Et avec la possibilité de sanctions infligées à la Syrie, partie obstructionniste, aux termes du chapitre sept. Philippe ABI-AKL
Malgré le criminel « message d’avertissement » de la veille à Aïn Alak, la journée si redoutée du 14 février s’est bien passée sur le terrain. Grâce à divers facteurs convergents, dont les mesures prises par l’armée et les forces de sécurité, notamment pour établir un tampon entre les foules du recueillement et les tentes. Du reste, l’armée a été encore une fois l’objet des louanges de tous, qui se félicitent qu’elle tienne aussi bien en main la sécurité nationale. Mais l’on peut également citer, parmi les éléments positifs, la retenue exercée, à travers des fatwas par exemple, par les parties locales, qui ont mis en place à cet effet deux salles d’opération de surveillance des militants. Ou encore, et peut-être surtout, l’accord d’apaisement conclu entre l’Iran et l’Arabie saoudite....