The Prestige,
de Christopher Nolan
Pour comprendre le titre le Prestige, le comédien Michael Caine, qui incarne le personnage de Cutter, explique au début du film qu’un tour de magie est toujours composé de trois actes: le pacte, le tour et enfin le prestige. Le premier mouvement consiste à présenter l’objet du tour au public ; dans le second mouvement, c’est le tour en soi ou lorsque, de banale, la situation devient extraordinaire. Mais le public n’applaudira qu’à la troisième étape quand le spectaculaire advient ou lorsque l’objet présenté, qui a disparu, réapparaît. C’est ce qu’on appelle donc en langage de magiciens le Prestige. «C’est lorsqu’un événement spectaculaire se produit, qui vous clouera sur
place.»
Dans cette œuvre signée Christopher Nolan, déjà célèbre grâce à son génial Memento, deux magiciens s’affrontent dans le Londres du début du siècle dernier.
Robert Angier (Hugh Jackman) et Alfred Borden (Christian Bale) sont deux magiciens surdoués. La compétition amicale qui les oppose d’abord se terminera par un véritable combat de coqs où tous les coups sont permis.
Michael Caine, Scarlett Johansson et David Bowie entourent le duo de choc et complètent cette galerie d’acteurs talentueux.
Adapté du roman éponyme de Christopher Priest qui reçut le World Fantasy Award en 1996, le Prestige offre à voir une mise en scène tout en subtilité et finesse. Il existe en effet un lien très fort entre le style du film et sa narration. Les personnages apparaissent, disparaissent comme dans les tours de magie et à une vitesse prestigieuse. Les éclairages de Wally Pfister ont contribué également à donner à l’œuvre de Nolan cette dimension dynamique et moderne. Beaucoup de scènes sont prises caméra à l’épaule afin de capter la beauté de l’instant et de se démarquer des films d’époque.
Autre détail qui nous plonge directement dans l’ambiance de cette Angleterre victorienne, c’est le soin qu’a pris le réalisateur à décrire les progrès scientifiques de l’époque, comme l’invention de l’électricité qui occupe une place importante dans le film. Enfin, le chef décorateur Nathan Crowley a réussi à créer 68 décors pour le besoin du film. Il s’est même inspiré, en se documentant, de l’atelier du magicien Houdini et de la revue Scientific American de 1890 pour reproduire la machine de Tesla.
Une œuvre ciselée main, raffinée et complexe qui ne laissera personne indifférent. Sans oublier qu’on assiste à la fois à deux spectacles en un. C’est ça la magie du cinéma.
CinemaCity, Empire ABC/Dunes/Galaxy, Espace
The Illusionist,
de Neil Burger
Dans la Vienne des années 1900, une société en pleine mutation, surgit un jour le charismatique et mystérieux illusionniste du nom d’Eisenheim (Edward Norton). En peu de temps, il devient l’homme le plus célèbre de la ville, adulé par la basse et haute sociétés. Le prince héritier Léopold, sous les traits de Rufus Sewell, ne voit pas cette histoire d’un bon œil surtout que sa charmante dulcinée (Jessica Biel) semble succomber aux charmes de ce prestidigitateur. Il va donc charger l’inspecteur Uhl (Paul Giamatti), qu’il tient sous son emprise, d’enquêter et de dévoiler les impostures de ce charlatan. Une partie serrée va s’engager entre les deux hommes. Pouvoir, orgueil, amour et fidélité sont au menu de ce film tourné dans la ville de Prague.
Si la mise en scène semble un peu classique, le réalisateur a réussi, à travers les couleurs de l’image, la musique (mystique) signée Philipp Glass, le déroulement de l’action et la formidable alchimie entre les protagonistes, à créer une atmosphère d’irréel aux confins du surnaturel.
Edward Norton revient après une longue absence dans un de ces rôles qui firent sa renommée. Son jeu minimaliste mais néanmoins très intense nous rappelle l’énergie qu’il a su dégager dans Fight Club et American History X. Eisenheim est un rôle taillé à sa mesure. Face à lui, pour lui donner la réplique, Rufus Sewell dans le rôle de méchant et Paul Giamatti dans celui d’inspecteur torturé entre le devoir et la justice. Côté femmes, la charmante Jessica Biel étonne, surprend et donne à l’œuvre toute sa dimension lyrique et romantique.
Trois secrets de tournage:
En lisant la nouvelle de Steven Milhauser, intitulée Eisenheim l’illusionniste, le scénariste et réalisateur Neil Burger se demanda comment il allait adapter la magie à l’écran: «Le texte était un pur joyau, dit-il, mais la trame d’une extrême minceur.»
Un conseiller en magie se devait d’être présent sur le plateau de tournage. Ce sont les magiciens Ricky Jay et Michael Weber, connaisseurs de l’histoire de la magie et tout particulièrement celle de la fin du XIXe siècle, qui ont fourni les conseils utiles à Edward Norton et à Eisenheim jeune.
La fin du film rappelle un certain Usual Supects, si vous vous en souvenez.
Concorde, zouk, abraj, saint-élie
Sorties prévues pour le jeudi 22/02/2007 (sous réserves):
– Painted Veil, de John Curran, avec Edward Norton et Naomi Watts.
– Rocky Balboa, de, et avec, Sylvester Stallone.
– Catch a Fire, de Philip Noyce, avec Derek Luke et Tim Robbins.
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