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JAPON Cacophonie européenne autour de l’impact du yen faible

Les responsables européens affichent publiquement leurs divergences face à l’impact de la faiblesse du yen sur leurs économies, inquiétante pour les uns et sans danger pour les autres, au risque d’accélérer encore le recul de la monnaie japonaise sur les marchés. La forte baisse du yen par rapport à l’euro depuis deux ans est un « problème », a affirmé le président de l’Eurogroupe (qui réunit les ministres des Finances de la zone euro), et Premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker, dans une interview au journal D’Wort publiée hier. Certains dirigeants européens, en particulier les Français, craignent que la hausse de la monnaie unique face au yen, qui a atteint 63 % depuis 2001 en tenant compte du différentiel d’inflation, mine les exportations de la zone euro. Ils jugent que la politique de la Banque centrale japonaise, qui laisse ses taux au niveau exceptionnellement bas de 0,25 % malgré la reprise au Japon, est en grande partie responsable de la chute de la monnaie nippone. M. Juncker a aussi mis en garde contre une « catastrophe » liée à un possible éclatement de la bulle spéculative actuelle sur la faiblesse du yen, alimentée par des opérations de « carry trade » (achats à crédit de yen placé en monnaie à taux d’intérêt plus élevé). Au même moment, Joaquin Almunia, commissaire européen aux Affaires économiques, a contredit M. Juncker, affirmant que les cours actuels des devises « ne sont pas un problème pour l’économie ». La veille, c’est le ministre italien de l’Économie Tommaso Padoa-Schioppa qui s’était démarqué de la position officielle de l’Eurogroupe exprimée fin janvier et s’inquiétant du yen faible. Il avait appelé ses partenaires européens à se focaliser non pas sur les changes, mais sur l’investissement et l’excellence des produits. Pour Éloi Laurent, économiste de l’Observatoire français de coopération économique (OFCE), les déclarations de M. Juncker s’inscrivent dans la foulée du communiqué du G7-Finances du week-end, où « les États-Unis ont obtenu une indication d’un problème dans la sous-évaluation du yuan, mais où les Européens n’ont pas obtenu de mention de la faiblesse du yen ». Pour Éloi Laurent, M. Juncker « essaie vainement de convaincre la Banque du Japon de modifier sa politique monétaire, parce qu’il n’arrive pas à influencer sa propre Banque centrale ». La Banque centrale européenne (BCE), très jalouse de son indépendance et accusée par la France notamment d’encourager l’euro fort par ses hausses de taux, n’entend pas dévier de son cap. À l’inverse de M. Juncker, M. Almunia « ne croit pas à l’efficacité des politiques macroéconomiques » et, pour lui, le taux de change n’est pas la solution aux problèmes des Européens, selon Éloi Laurent. Aux yeux de la Commission, le « vrai problème, c’est que la compétitivité européenne doit être renforcée grâce à des réformes structurelles » pour améliorer la flexibilité du marché du travail ou la circulation des biens et services, explique M. Laurent.

Les responsables européens affichent publiquement leurs divergences face à l’impact de la faiblesse du yen sur leurs économies, inquiétante pour les uns et sans danger pour les autres, au risque d’accélérer encore le recul de la monnaie japonaise sur les marchés.
La forte baisse du yen par rapport à l’euro depuis deux ans est un « problème », a affirmé le président de l’Eurogroupe (qui réunit les ministres des Finances de la zone euro), et Premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker, dans une interview au journal D’Wort publiée hier.
Certains dirigeants européens, en particulier les Français, craignent que la hausse de la monnaie unique face au yen, qui a atteint 63 % depuis 2001 en tenant compte du différentiel d’inflation, mine les exportations de la zone euro.
Ils jugent que la politique de...