Des personnalités de la majorité ou neutres ont sévèrement critiqué hier, pour la deuxième journée consécutive, la tournure prise par les événements lors des émeutes de mardi.
Le vice-président de la Chambre, Farid Makari, a souligné que l’opposition a « réussi à défigurer l’image du Liban à l’extérieur à la veille de la conférence Paris III ». « Elle a réussi à terroriser les Libanais et à faire parvenir un message clair sur ses intentions de ramener le pays à l’ère de l’anarchie », a-t-il ajouté.
« Elle a aussi prouvé que son objectif n’était pas de participer au pouvoir, mais d’imposer son pouvoir. Il n’y a plus aujourd’hui aucun doute que les forces du 8 Mars n’agissent pas pour un changement au Liban, mais plutôt pour un changement du visage du Liban, et cela en exécution des instructions de Damas et de Téhéran », a-t-il dit.
Henri Hélou, député de Aley, a répercuté les « interrogations des Libanais sur ce qui s’est passé le mardi noir ». « La participation (au pouvoir) doit-elle passer par la destruction du Liban ? s’est-il demandé. Faut-il qu’une nouvelle guerre éclate pour que l’un des chefs putschistes accède à la présidence de la République ? Est-il nécessaire de brûler Beyrouth et toutes les régions du pays parce que l’Iran et la Syrie cherchent à faire échec au tribunal international ? »
« Le plus surprenant, a poursuivi M. Hélou, c’est que les dirigeants du 8 Mars n’ont rien appris de leurs hauts faits du mardi noir et continuent à lancer des menaces. »
« Que Dieu protège le Liban de dirigeants qui ont accepté de se laisser acheter et qui ont vendu leur pays. Mais le Liban sera plus fort », a-t-il ajouté.
Antoine Zahra, député FL de Batroun, a accusé l’opposition d’être « un mouvement putschiste intégral et d’avoir transformé son public en coupeurs de routes protégés par les forces de l’ordre ».
« Ils ont menacé les gens s’ils sortaient de chez eux, agressé de manière flagrante ceux qui tentaient de faire pression moralement sur les forces de l’ordre pour ouvrir les routes et ont provoqué des morts et des blessés », a-t-il dit.
« Les forces du 14 Mars sont déterminées, pour se défendre, à inciter les forces de l’ordre à accomplir leur devoir et non pas à les remplacer. Nous continuons à compter sur la capacité de ces forces à remplir leur devoir », a-t-il encore déclaré.
Michel Moawad, membre du comité de suivi du 14 Mars, a estimé que l’opposition a « tenté de prendre le contrôle par la force des principaux axes dans certaines régions en prévision d’une deuxième étape au cours de laquelle elle comptait pénétrer au cœur de Beyrouth et occuper certaines institutions officielles ». Selon lui, « ce sont les Libanais libres qui ont fait avorter ce plan, hélas parfois au prix de leur vie ».
« Ceux qui sont morts hier, à quelque camp qu’ils appartiennent, ont payé le prix de la sédition », a-t-il souligné.
Le groupe de la Jamaa islamiya à Saïda a publié un communiqué dans lequel il note que les routes coupées, les pneus brûlés et l’érection de barricades « ont ramené le pays en arrière et rappelé la guerre civile ».
« À Saïda, ajoute le communiqué, un nombre de grévistes a imposé sa volonté par la terreur et la contrainte sur la population de la ville. Des citoyens ont été agressés. Certains ont été battus, d’autres insultés. »
Enfin, l’ancien député Tammam Salam, qui n’est pas membre de la majorité, a imputé la responsabilité des événements aux deux parties en présence. Il a toutefois souligné que les agissements sur le terrain des partisans de l’opposition n’avaient « rien à voir avec l’annonce d’une grève à caractère pacifique et démocratique ».
M. Salam a durement réprimandé les forces du 8 Mars en affirmant que le pays est aujourd’hui la victime de « pratiques arrogantes de la part de l’opposition, ne laissant aucune chance à une issue honorable de la crise politique ».
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