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Actualités - Opinion

OPinion Vous avez dit : « Vivre sans dettes » ?

Par Nohad BAROUDI, ancien secrétaire général du CDR « Nous voulons vivre sans dettes. » Ce slogan, lancé récemment par l’opposition, tient plus de la démagogie que de la politique économique. Pouvez-vous nous dire, messieurs-qui-voulez-nous-faire-vivre-sans-dettes, combien de pays au monde ne sont pas endettés ? Ou nous expliquer pourquoi les États les plus prospères de la planète sont endettés ? Ou nous renseigner sur la véritable raison d’être des banques, si ce n’est pour prêter de l’argent ? Mais il y a dette et dette. Il est tout à fait justifié que l’État emprunte pour investir. Tout investissement public est rentable puisqu’il contribue à plus de production, plus de bien-être économique et social. Investir dans le réseau routier, par exemple, accélère la croissance de l’économie. Même les investissements sociaux (écoles, hôpitaux) finissent par rapporter. Tout cela se traduit, tôt ou tard, par un surplus de revenu national qui servira à rembourser l’emprunt. Par contre, l’État ne doit pas s’endetter pour payer ses dépenses courantes, comme les déficits chroniques de l’EDL ou les salaires. Et pourtant le gros de notre dette publique provient de là. L’EDL était une entreprise rentable avant 1975, comme d’ailleurs toutes les compagnies d’électricité du monde. Depuis, et bien que ses tarifs soient parmi les plus chers du monde, elle n’a fait qu’accumuler les déficits de gestion, sans parler des déboursements en capital. Le document qui sera discuté jeudi à Paris III est éloquent : l’EDL est responsable de plus du quart du total de la dette publique ! Ce même document évoque la pression qu’exerce sur le budget l’hypertrophie de l’administration publique et sa faible productivité. Il signale bien d’autres facteurs qui grèvent les finances publiques et aggravent la dette. Il propose des remèdes à tous ces maux, consignés dans un plan de réformes que nous sommes TOUS appelés à méditer. C’est sur la base de ce document que les pays donateurs vont se prononcer à Paris. De leur décision dépendra le redressement économique et financier du Liban et la réduction progressive de la dette. Alors, messieurs-qui-voulez-nous-faire-vivre-sans-dettes, soyez conséquents avec vous-mêmes et soutenez ce document sans ambages. Quitte à le faire ensuite disséquer par vos experts, mais une fois Paris III terminée. En vue, bien sûr, de l’améliorer, de le rendre plus hardi, car certaines réformes qu’il propose sont plutôt timides et auraient besoin de votre participation, de votre « moucharaka » tant réclamée, de votre appui politique, pour devenir plus audacieuses afin de produire des résultats rapides et concrets. Je pense par exemple à la proposition de réduire la taille de l’administration publique par attrition, l’État se résignant à attendre 5 à 10 ans que 45 % des fonctionnaires atteignent l’âge de la retraite pour contenir l’hémorragie et assainir le secteur. Je pense aussi aux mesures préconisées pour réduire les pertes « non techniques » (bel euphémisme) dans la distribution de l’électricité, estimées à 26 % de la production. Dans ces deux cas précis, messieurs, vous pouvez beaucoup, si vous voulez vraiment réduire la dette !

Par Nohad BAROUDI, ancien secrétaire général du CDR

« Nous voulons vivre sans dettes. » Ce slogan, lancé récemment par l’opposition, tient plus de la démagogie que de la politique économique.
Pouvez-vous nous dire, messieurs-qui-voulez-nous-faire-vivre-sans-dettes, combien de pays au monde ne sont pas endettés ? Ou nous expliquer pourquoi les États les plus prospères de la planète sont endettés ? Ou nous renseigner sur la véritable raison d’être des banques, si ce n’est pour prêter de l’argent ?
Mais il y a dette et dette. Il est tout à fait justifié que l’État emprunte pour investir. Tout investissement public est rentable puisqu’il contribue à plus de production, plus de bien-être économique et social. Investir dans le réseau routier, par exemple, accélère la croissance de l’économie....