Réputé dur et sans état d’âme, le chef d’état-major israélien démissionnaire Dan Haloutz est un ancien pilote qui n’a pas été à la hauteur de sa brillante réputation lors de la guerre contre le Hezbollah cet été. Jusque-là, le général Haloutz, connu pour ses nerfs d’acier, avait mené une brillante carrière au sein de l’armée avant d’accéder au sommet de la hiérarchie militaire.
Né à Tel-Aviv le 7 août 1948, de parents juifs originaires d’Iran, Dan Haloutz, engagé à 18 ans, a gravi tous les échelons de cette hiérarchie dans l’armée de l’air. En conséquence, ses pairs le considèrent, au moment de sa nomination, comme le plus apte à lancer une éventuelle attaque aérienne sur les équipements nucléaires iraniens, principale inquiétude des dirigeants israéliens. À l’époque, le Yediot Aharonot, plus grand journal israélien, voit également en lui un « homme susceptible de révolutionner la manière de penser de l’armée » et le qualifie de « militaire high-tech, antithèse du militaire borné ». Et il confirme immédiatement les espoirs mis en lui par Ariel Sharon, alors Premier ministre : deux mois et demi après sa prise de fonction, c’est lui qui mène sans accroc l’évacuation des colons et de l’armée de la bande de Gaza.
Le sourire figé, l’air parfois timide et légèrement voûté, dénué de charisme, cet homme marié, père de trois enfants, détonne par son allure avec la réputation de dur qu’il s’est taillée en tant que partisan des « liquidations ciblées » contre les membres de groupes armés palestiniens. Pour une partie de la gauche et les associations pacifistes israéliennes, il reste celui qui lança à l’été 2002 un raid meurtrier de l’armée de l’air, dont il est le commandant, contre un chef du Hamas, provoquant la mort de quinze civils dont plusieurs enfants. Sommé de s’expliquer, il avait dit que cela ne l’empêchait « pas de dormir ». « Je ressens une légère secousse au moment où je lâche la bombe et une seconde après, ça passe », avait-il ajouté. Pourtant, lors de l’offensive israélienne au Liban, cet été, l’armée israélienne n’est pas parvenue à empêcher les tirs de roquettes contre le nord de l’État hébreu. Et la guerre a fait 162 tués dans les rangs israéliens, dont 41 civils. De nombreux commentateurs ont reproché au général Haloutz d’avoir surestimé les capacités de l’armée de l’air, qui a multiplié les raids au Liban en vue de « casser » l’appareil militaire du Hezbollah sans y parvenir, alors que les unités d’infanterie et de blindés mal entraînées et sous-équipées ont été négligées, ce qui a provoqué de lourdes pertes lorsqu’elles sont intervenues sur le terrain.
Son image avait également été sérieusement ternie lorsque la presse avait révélé qu’il s’était livré à des opérations boursières quelques heures avant le déclenchement de la guerre en prévision d’une baisse des cours.
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Né à Tel-Aviv le 7 août 1948, de parents juifs originaires d’Iran, Dan Haloutz, engagé à 18 ans, a gravi tous les échelons de cette hiérarchie dans l’armée de l’air. En conséquence, ses pairs le considèrent, au moment de sa nomination, comme le plus apte à lancer une éventuelle attaque aérienne sur les équipements nucléaires iraniens, principale inquiétude des dirigeants israéliens. À l’époque, le Yediot...