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Gaz et électricité : les analystes prévoient une concurrence plus sévère

Les analystes jugent probable un durcissement progressif de Bruxelles sur les questions de concurrence dans l’énergie et estiment que les producteurs doivent anticiper, face au risque de lourdes amendes et de baisse générale des prix de gros. Séparer la propriété des activités de production et de distribution de l’énergie est indispensable pour garantir la concurrence, a affirmé la Commission européenne, une déclaration qui a fait chuter l’action de Gaz de France de 2,63 % mercredi. La France a immédiatement réitéré son opposition, et l’Allemagne, elle aussi réticente, a exclu toute « mesure hâtive ». Sur le plan boursier, cette séparation pourrait faire de l’action Gaz de France (GDF) un placement moins solide, car « dépouillé de ses activités générant le plus régulièrement de la trésorerie », selon les analystes du Crédit Mutuel CIC. « La seule chance de GDF est que la Commission européenne ne relève que du législatif tandis que son pendant exécutif (le Conseil européen) n’a, semble-t-il, toujours pas validé l’option » de la séparation des activités, tempèrent-ils. « L’enjeu est de voir combien de temps des veto français et allemand peuvent bloquer le processus au niveau de l’Exécutif européen », conclut le CM CIC. La plupart des analystes estiment cependant qu’il faut de toute façon se préparer à un marché plus ouvert. Dans l’électricité, « Bruxelles déploie une menace crédible, qui peut contraindre à une réorganisation du marché sans même passer par une directive », avertit Jonathan Mirrless-Black, l’analyste d’Exane BNP Paribas. « Quelles que soient les contraintes formelles placées sur les entreprises allemandes et françaises, accepter la politique de Bruxelles et reconnaître la réalité du futur environnement réglementaire va plus probablement créer de la valeur que tenter de préserver le statu quo », estime l’analyste. La menace est imminente pour les deux groupes allemands EON et RWE, qui ont déjà fait l’objet de plusieurs enquêtes de Bruxelles, avertit hier une note de la banque américaine Goldman Sachs. Les amendes pour entrave à la concurrence pourraient, selon cette note, « se compter en milliards d’euros ». « Nous percevons la perte du contrôle sur les transports d’énergie comme un risque pour EON et RWE, car elle changerait la structure du marché de la production d’énergie et ferait baisser les prix de gros », détaille Goldman Sachs. La banque Morgan Stanley estime qu’il suffira de 4 ans à Bruxelles pour faire converger le marché européen, la concurrence accrue faisant diminuer les prix de gros et la déréglementation remonter les tarifs grand public qui représentent 24 % du chiffre d’affaires d’EDF. Les analystes soulignent que si EDF perd sur les prix de vente, avec un marché plus ouvert, elle gagnera sur les volumes, car elle dispose du premier parc nucléaire au monde, dont la capacité de production n’est utilisée qu’à 78 %.
Les analystes jugent probable un durcissement progressif de Bruxelles sur les questions de concurrence dans l’énergie et estiment que les producteurs doivent anticiper, face au risque de lourdes amendes et de baisse générale des prix de gros.
Séparer la propriété des activités de production et de distribution de l’énergie est indispensable pour garantir la concurrence, a affirmé la Commission européenne, une déclaration qui a fait chuter l’action de Gaz de France de 2,63 % mercredi.
La France a immédiatement réitéré son opposition, et l’Allemagne, elle aussi réticente, a exclu toute « mesure hâtive ».
Sur le plan boursier, cette séparation pourrait faire de l’action Gaz de France (GDF) un placement moins solide, car « dépouillé de ses activités générant le plus régulièrement de la trésorerie »,...