On n’expliquera sans doute jamais complètement la renaissance aussi brillante qu’inattendue de la France en Coupe du monde. Avant le Mondial allemand, les Bleus ne faisaient plus partie du petit club des nations qui comptent, même si leur passé les assurait d’y conserver un siège – un strapontin, disaient les mauvais esprits.
S’il avait fallu définir la France à ce moment-là, il aurait été facile de la comparer à une équipe un peu quelconque qui avait souffert le martyre pour se qualifier.
Sept matches plus tard, au terme d’une résurrection qui a certainement tenu du miracle, les hommes de Raymond Domenech appartenaient à nouveau au gotha.
Sans le vouloir vraiment, les Français ont éprouvé en quelques semaines l’ensemble des sentiments que peut ressentir un joueur en une carrière entière.
Ils ont connu le doute contre la Suisse, la déception et la peur contre la Corée, la crispation et le soulagement contre le Togo. Ils se sont gonflés de fierté contre l’Espagne, se sont vu invincibles contre le Brésil et ont fait preuve d’un courage inébranlable face au Portugal.
Ils ont achevé leur parcours sur le plus cruel des sentiments, celui de l’injustice face à l’Italie.
Si la dernière note fut fausse, et si les larmes de Lilian Thuram et de David Trezeguet ont longtemps mouillé la partition, l’expérience fut salutaire.
Il était indispensable d’enterrer les fantômes de 2002 et de faire un sort aux épouvantails de 2004. Une telle catharsis ne pouvait survenir que dans la douleur.
Zidane génial
L’intelligence de Domenech fut de laisser ses joueurs prendre en main leur destin, de les accompagner et non plus de les diriger dans leur démarche.
Cette révolution de palais intervint après les deux premiers matches conclus sur des résultats aussi nuls qu’inquiétants.
Pierre Littbarski, grand connaisseur des choses du football et commentateur pour la télévision publique allemande, se posait cette question : « Quelle est la stratégie des Français ? Personne ne le sait, sans doute pas eux-mêmes. »
Cette métamorphose, qui n’a pas été pleinement couronnée de succès, a permis de voir une dernière fois un Zinedine Zidane magnifique qui transforma ce Mondial en une scène à sa mesure.
Malgré ses 34 ans, le numéro 10, sacré meilleur joueur de la compétition, se montra tout simplement génial face à l’Espagne et au Brésil.
Il fut à la fois superbe et pathétique contre l’Italie : un penalty plein de courage et de déraison en première mi-temps, et une agression injustifiable pendant la prolongation.
Vieira, le nouveau patron
Cela apparut de façon moins évidente, mais cette campagne a permis à Patrick Vieira de s’installer complètement dans le rôle de capitaine qu’il avait eu du mal à assumer après l’Euro 2004.
Le milieu de terrain est bien devenu le patron de cette équipe dont le moral s’est nettement amélioré.
Il l’a confirmé dès le début de la campagne de qualification pour l’Euro 2008, affichant une autorité et un charisme qu’on ne lui connaissait pas, notamment lors de la revanche (3-1) sur les Azzurri au Stade de France.
Zidane parti, les Tricolores ont montré qu’ils savaient jouer autrement, sans lui. Les contributions du Lyonnais Florent Malouda et du Marseillais Franck Ribéry sont essentielles dans ce nouveau dispositif.
Ribéry, réussissant un début de carrière internationale météorique, devrait être l’animateur dont la France aura besoin pour briller lors des prochaines échéances.
Mais ce dernier, qui pèche par excès de fougue, va devoir apprendre à gérer ses efforts.
Ribéry a disputé tous les matches de l’équipe de France sauf celui face à la Grèce en novembre depuis sa première sélection le 27 mai contre le Mexique. Éloigné des terrains un mois et demi par une pubalgie, le petit Marseillais a compris qu’il devait se ménager.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats On n’expliquera sans doute jamais complètement la renaissance aussi brillante qu’inattendue de la France en Coupe du monde. Avant le Mondial allemand, les Bleus ne faisaient plus partie du petit club des nations qui comptent, même si leur passé les assurait d’y conserver un siège – un strapontin, disaient les mauvais esprits.
S’il avait fallu définir la France à ce moment-là, il aurait été facile de la comparer à une équipe un peu quelconque qui avait souffert le martyre pour se qualifier.
Sept matches plus tard, au terme d’une résurrection qui a certainement tenu du miracle, les hommes de Raymond Domenech appartenaient à nouveau au gotha.
Sans le vouloir vraiment, les Français ont éprouvé en quelques semaines l’ensemble des sentiments que peut ressentir un joueur en une carrière entière.
Ils ont connu...