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Actualités - Analyse

ÉCLAIRAGE Le Hamas convaincu que le vent tourne en sa faveur

Enhardi par l’enlisement américain en Irak et les ratés de la guerre menée par Israël au Liban, le mouvement islamiste palestinien Hamas affiche sa conviction de pouvoir remporter son épreuve de force avec le président Mahmoud Abbas et l’Occident. «Les changements dans la région commencent à nous servir », assure le chef du Hamas en exil Khaled Mechaal dans des déclarations mises en ligne sur le site Internet de la branche armée du mouvement. Affichant sa confiance, il affirme que « personne ne parviendra par le blocus, les provocations et le chaos à forcer le Hamas à la reddition politique ». « La défaite des Américains en Irak, en Afghanistan, au Liban et en Palestine a un impact aux États-Unis, nous l’avons vu avec le rapport Baker-Hamilton et tout ceci démontre que ces changements, même lents, sont concrets », a-t-il ajouté en évoquant le rapport de la commission dirigée par l’ancien secrétaire d’État James Baker. M. Mechaal s’est aussi félicité des développements côté israélien : « Aujourd’hui, Israël s’est retiré de la bande de Gaza (...) ensuite Israël a été défait cet été au Liban et Israël n’arrive pas à écraser l’intifada. » De retour d’une tournée au Moyen-Orient – notamment à Téhéran, devenu un important soutien du gouvernement islamiste boycotté par la communauté internationale – le Premier ministre Ismaïl Haniyeh a fait une analyse comparable, devant des dizaines de milliers de partisans. « Il y a des évolutions autour de nous depuis neuf mois (date de l’entrée en fonction du gouvernement en mars) qui tracent la voie sacrée pour le futur », a-t-il lancé. Il a vu « trois phénomènes importants » au cours de cette période : « La défaite de l’armée israélienne » au Liban, « la défaite américaine en Irak » et la « résistance et la patience du peuple palestinien », en d’autres termes, le maintien du gouvernement issu du Hamas malgré les sanctions occidentales et israéliennes. Les États-Unis, l’Europe et Israël n’ont en effet pas réussi à faire plier le Hamas sur les trois conditions requises pour reprendre les aides directes internationales : la reconnaissance d’Israël et les accords israélo-palestiniens passés, ainsi que l’abandon de la « violence ». « Le Hamas pense que ses ennemis sont en train d’échouer et sont dans une crise réelle. Il estime qu’il est du côté des vainqueurs », notamment l’Iran, estime Mouin Rabbani, chercheur à l’International Crisis Group (ICG). « Il est clair que depuis la fin de l’été, le Hamas est de plus en plus confiant », ajoute-t-il, précisant que « le Hamas a réussi à recevoir des millions de dollars des pays du Golfe et de l’Iran ». Preuve de l’importance pour le Hamas de son alliance avec l’Iran, M. Haniyeh a affirmé à Téhéran que ce pays lui donnait « une profondeur stratégique » dans son conflit avec Israël. Mais pour le porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères, Mark Regev, le monde « a vu Haniyeh et la direction du Hamas pour ce qu’ils sont : des religieux extrémistes qui s’associent aux éléments les plus nihilistes de la région ». Se sentant confortés par un contexte international qu’ils jugent favorable, les islamistes comptent bien résister par tous les moyens au projet du président Mahmoud Abbas d’organiser des élections anticipées, qu’ils assimilent à « une tentative de coup d’État ». « Je ne pense pas que Abbas ait le pouvoir politique de mener réellement ces élections. Le Hamas possède les moyens de l’en empêcher ou de rendre le résultat illégitime », estime M. Rabbani. Mehdi LEBOUACHERA (AFP)

Enhardi par l’enlisement américain en Irak et les ratés de la guerre menée par Israël au Liban, le mouvement islamiste palestinien Hamas affiche sa conviction de pouvoir remporter son épreuve de force avec le président Mahmoud Abbas et l’Occident.

«Les changements dans la région commencent à nous servir », assure le chef du Hamas en exil Khaled Mechaal dans des déclarations mises en ligne sur le site Internet de la branche armée du mouvement. Affichant sa confiance, il affirme que « personne ne parviendra par le blocus, les provocations et le chaos à forcer le Hamas à la reddition politique ». « La défaite des Américains en Irak, en Afghanistan, au Liban et en Palestine a un impact aux États-Unis, nous l’avons vu avec le rapport Baker-Hamilton et tout ceci démontre que ces changements, même lents, sont...