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Actualités - Analyse

ÉCLAIRAGE L’opposition mise sur le temps mais est soucieuse d’éviter les dérapages

«C’est une bataille des volontés. Celui qui tiendra le plus l’emportera. » C’est ainsi qu’un cadre de l’opposition qualifie la situation actuelle. Alors que le secrétaire général de la Ligue arabe a repris le chemin de Beyrouth pour une nouvelle tentative de rapprocher les points de vue entre les deux camps, au sein de l’opposition, on accorde peu de chances de succès à cette médiation, en dépit de toute la bonne volonté de M. Amr Moussa. Selon ce cadre de l’opposition, la majorité au pouvoir cherche à gagner du temps, mais elle n’est pas prête à faire la moindre concession et l’opposition, de son côté, ne peut accepter un règlement qui ne lui accorderait pas le tiers de blocage dans un gouvernement d’union nationale. Dans ce cas, comment expliquer le soudain regain des médiations arabes, si les deux camps continuent de camper sur leurs positions ? Selon le cadre de l’opposition, ce serait la majorité au pouvoir qui aurait demandé à l’émissaire du président soudanais de reprendre du service, après avoir vu la foule gigantesque qui a manifesté dimanche dernier au centre-ville et parce qu’elle craignait que dans un mouvement d’enthousiasme, les manifestants ne tendent de s’introduire au Sérail gouvernemental. La majorité aurait ainsi envoyé des messages pour dire qu’il y avait matière à discuter pour repousser cette échéance et donner le temps à l’enthousiasme des foules de se refroidir. Le cadre de l’opposition révèle à ce sujet que l’entrée au Sérail était une option que l’opposition avait étudiée sérieusement. Mais il ajoute que ce scénario a été écarté. Pour l’instant en tout cas. C’est pourquoi, selon lui, la majorité s’est par la suite rétractée au sujet de la médiation de l’émissaire du président soudanais, laissant entendre qu’elle compte écouter les propositions du secrétaire général de la Ligue arabe. Selon la personnalité de l’opposition, la priorité pour celle-ci est d’éviter toute violence et toute initiative qui pourrait dégénérer en affrontements. Elle estime qu’elle a déjà réussi à maintenir la mobilisation de ses partisans pendant dix jours, tout en mettant en valeur leur discipline et leur détermination à n’utiliser que des moyens pacifiques. Par conséquent, elle a tout à perdre dans des affrontements et des initiatives qui pourraient provoquer des dérapages. Car, dans ce genre de scénario, si elle peut contrôler ses partisans et garantir qu’ils ne porteront jamais les armes contre leurs compatriotes, elle ne peut pas en dire autant du camp adverse, ou encore de certaines parties qui ne sont ni dans la majorité ni dans l’opposition mais qui souhaiteraient provoquer des troubles et entraîner le Liban dans un cycle de violence. L’opposition sait donc que dans le domaine de la sécurité des citoyens, elle n’a pas droit à l’erreur, sans compter le fait qu’en décidant d’envoyer les manifestants au Sérail, elle mettrait l’armée libanaise, qui protège ce secteur depuis le début du mouvement de protestation, en posture délicate. Le cadre de l’opposition affirme donc que cette option, tout comme la formation unilatérale d’un nouveau gouvernement ne sont pas envisagées pour l’instant. L’ensemble des leaders de l’opposition, qui, selon cette source, coordonnent toutes leurs décisions, insistent d’ailleurs sur le fait qu’il s’agit d’un mouvement de protestation pacifique, utilisant des moyens démocratiques. Il n’est donc pas question de se laisser entraîner dans des débordements qui non seulement feraient le jeu de la majorité et discréditeraient le mouvement, mais, de plus, seraient catastrophiques pour la population. L’opposition mise donc sur le temps et considère qu’elle n’a aucun souci à se faire quant à une éventuelle lassitude de ses partisans. Elle est convaincue que ces derniers sont totalement motivés et peuvent tenir encore des semaines, voire des mois, comme l’a d’ailleurs déclaré le secrétaire général adjoint du Hezbollah, cheikh Naïm Kassem. De plus, le rythme adopté, qui prévoit une recrudescence des activités pendant le week-end, est de nature à faciliter le quotidien des gens et permet aux partisans de l’opposition d’assurer des permanences en cours de semaine et de faire le plein en fin de semaine. Dans ce contexte, l’opposition considère que ses partisans ne s’essouffleront pas avant la satisfaction des revendications. Par contre, toujours selon l’opposition, la majorité, elle, a plus de soucis à se faire. Ses décisions sont bloquées et au fil des jours, de plus en plus de fonctionnaires refuseront de les exécuter. Le mouvement de protestation devrait donc s’étendre sans toutefois déraper vers le désordre. C’est pourquoi l’opposition estime que le temps joue en sa faveur, à condition de ne pas faire de faux pas et d’éviter tout acte de violence qui pourrait la discréditer. Par conséquent, toutes les tentatives de médiation devraient tenir compte de ces données et pousser la majorité à plus de souplesse, car selon l’opposition, la balle est dans son camp. Face à des positions aussi tranchées, il semble de plus en plus difficile d’aboutir à un règlement. Bonne chance quand même, M. Moussa. Scarlett HADDAD

«C’est une bataille des volontés. Celui qui tiendra le plus l’emportera. » C’est ainsi qu’un cadre de l’opposition qualifie la situation actuelle. Alors que le secrétaire général de la Ligue arabe a repris le chemin de Beyrouth pour une nouvelle tentative de rapprocher les points de vue entre les deux camps, au sein de l’opposition, on accorde peu de chances de succès à cette médiation, en dépit de toute la bonne volonté de M. Amr Moussa. Selon ce cadre de l’opposition, la majorité au pouvoir cherche à gagner du temps, mais elle n’est pas prête à faire la moindre concession et l’opposition, de son côté, ne peut accepter un règlement qui ne lui accorderait pas le tiers de blocage dans un gouvernement d’union nationale. Dans ce cas, comment expliquer le soudain regain des médiations arabes, si les...