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Tout royaume divisé sur lui-même est promis à la désolation* Fouad J. TABET

Il n’est pas improbable que Gibran Khalil Gibran ait pris connaissance de cette citation des Évangiles pour dire à son tour : « Malheur à un État où se sont multipliés les religions et les rites... », « Malheur à un État fractionné, où chaque fraction se considère une nation en elle-même. » Telle est la « real politic » du Liban d’aujourd’hui. Il y a 40 ans déjà, nous avions écrit que seule une éducation nationale propre à la mosaïque de religions libanaises permettrait un réel concept d’un nationalisme libanais, sans quoi aucun progrès n’est possible pour écarter toute confrontation future. Les bonnes âmes de l’époque (politiciens inclus) avaient répondu : « C’est beau de rêver ! Ce qu’il nous faut, c’est une solution aujourd’hui même pour nous en sortir. » En fait, rien n’a changé en 40 ans, depuis « cet aujourd’hui même ». Cessons ces slogans et ces écrits, qui ne solutionneront jamais le problème. Tant que le levain est pourri, par la diversité de ses ingrédients, il sera impossible de faire lever le nationalisme au Liban. Les mêmes esprits, les mêmes tendances politiques, le même schéma se dressent face aux politiciens du moment. Aucun progrès, aucune chance à l’horizon de créer un citoyen libanais. Ce territoire de 10 452 km2 est composé de peuples de religions qui, tout au long des 365 jours de l’année, ont 365 raisons de se remettre en question, loin de toute appartenance nationale. Il n’est pas honteux de le dire, il y a une nation libanaise sans nationalité ni nationalisme. Nous sommes et demeurons des citoyens de religions tant que l’on n’aura pas trouvé le dénominateur commun capable de réunir ces peuples, pour les amener à croire en une nation et les éduquer en ce sens. Il est temps, après toute cette série d’assassinats, de prendre conscience, au niveau des politiciens d’abord, que des mesures radicales pour former un citoyen sont la base même d’une nation aussi hétéroclite. C’est dans le respect mutuel de ses composantes religieuses que doit se placer le concept de la nation, à placer au-dessus de nos croyances et dans le respect mutuel de celles-ci. Les évangélistes Luc et Mathieu, ainsi que Gibran Khalil Gibran avaient vu juste. Et nos politiciens devaient comprendre que leur Liban – à chacun le sien – va directement au suicide. * Mathieu XII, Luc XI. Article paru le Vendredi 08 Décembre
Il n’est pas improbable que Gibran Khalil Gibran ait pris connaissance de cette citation des Évangiles pour dire à son tour :
« Malheur à un État où se sont multipliés les religions et les rites... »,
« Malheur à un État fractionné, où chaque fraction se considère une nation en elle-même. »
Telle est la « real politic » du Liban d’aujourd’hui.
Il y a 40 ans déjà, nous avions écrit que seule une éducation nationale propre à la mosaïque de religions libanaises permettrait un réel concept d’un nationalisme libanais, sans quoi aucun progrès n’est possible pour écarter toute confrontation future.
Les bonnes âmes de l’époque (politiciens inclus) avaient répondu : « C’est beau de rêver ! Ce qu’il nous faut, c’est une solution aujourd’hui même pour nous en sortir. »
En fait, rien n’a...