Pour parvenir au pouvoir, ou le renverser, ou les deux à la fois, il y a des moyens légaux. Même Hitler en avait usé en 1933. Et il y a des moyens illégaux, mais en revanche légitimes, comme certaines révolutions. Il y a enfin des voies aussi illégales qu’illégitimes. Comme en empruntent volontiers les militaires des pays sous-développés, friands de coups d’État.
Au Liban, c’est presque une trouvaille ou une innovation. Un putsch politique, s’appuyant sur des masses qui suivent des partis suivant eux-mêmes un plan établi au-dehors. C’est du moins l’accusation que porte la majorité contre l’activisme de l’opposition. Lui reprochant d’offrir le pays en holocauste aux dieux des axes, plus précisément à l’autel du tandem syro-iranien. Qui, d’après les loyalistes, souhaiterait lutter contre les USA jusqu’au dernier Libanais.
Fait très rare, le président de la République, selon les cadres du 14 Mars, est le tout premier à militer pour la subversion visant l’État et la légalité. Il a poussé en effet l’esprit de révolte jusqu’à appeler les fonctionnaires à la désobéissance civile. En leur demandant de ne pas obéir aux ordres du gouvernement, illégal à l’en croire.
Toujours pour ce qui est de M. Lahoud, il affirme attendre des élections justes, pour l’élection d’un nouveau président de la République. Oubliant qu’il avait signé la loi (datant de 2000) régissant les dernières élections.
Les majoritaires soulignent également que les pôles de la contestation prônent en même temps le soulèvement et le respect de la Constitution. Dont ils ne se sont jamais préoccupés du temps de la tutelle. Pas plus qu’ils ne se soucient des lois courantes, qu’ils ont toujours foulées aux pieds. Et ils continuent, comme l’histoire de l’armement le prouve.
Les majoritaires se demandent si leurs adversaires veulent encore de ce Taëf dont, à tout le moins, ils rejettent l’esprit par leur comportement. Ils se demandent, en outre, dans quel paragraphe de la Constitution les opposants trouvent-ils une quelconque allusion, ou référence, à ce tiers de blocage qu’ils exigent.
L’un des artisans de Taëf réfute, de son côté, les allégations selon lesquelles ce document d’entente ordonne qu’il y ait toujours un gouvernement d’union. Certains voient en effet une telle orientation dans l’alinéa qui édicte qu’aucune autorité contraire au pacte de coexistence n’est légitime. La source citée précise et rappelle que cet alinéa fait partie d’un article général du préambule, n’ayant rien à voir avec la constitution des gouvernements, qui porte sur l’unité nationale, le rejet de toute partition, de tout fédéralisme et de l’implantation.
Cependant, il est vrai que Taëf a prévu un cabinet d’union nationale. Mais, précise un ancien ministre qui a participé à la lutte contre la tutelle syrienne, pour une seule fois, à titre exceptionnel. Pour lancer la paix, et désarmer les milices.
Quant au tiers de blocage, cette personnalité rappelle qu’à l’époque, le Dr Samir Geagea l’avait demandé, pour que l’opposition d’alors puisse faire front politiquement à la Syrie. Mais il ne l’avait pas obtenu.
Philippe ABI-AKL
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Pour parvenir au pouvoir, ou le renverser, ou les deux à la fois, il y a des moyens légaux. Même Hitler en avait usé en 1933. Et il y a des moyens illégaux, mais en revanche légitimes, comme certaines révolutions. Il y a enfin des voies aussi illégales qu’illégitimes. Comme en empruntent volontiers les militaires des pays sous-développés, friands de coups d’État.
Au Liban, c’est presque une trouvaille ou une innovation. Un putsch politique, s’appuyant sur des masses qui suivent des partis suivant eux-mêmes un plan établi au-dehors. C’est du moins l’accusation que porte la majorité contre l’activisme de l’opposition. Lui reprochant d’offrir le pays en holocauste aux dieux des axes, plus précisément à l’autel du tandem syro-iranien. Qui, d’après les loyalistes, souhaiterait lutter contre les USA...