Pax in Dei
Monsieur le Président et cher ami,
Il n’existe pas de mots suffisamment forts pour exprimer notre indignation, notre révolte, notre dégoût et notre tristesse devant l’acte barbare qui vous a arraché votre fils Pierre, député du Metn et ministre de l’Industrie dans le présent gouvernement de notre pays. Arraché à l’affection des siens dans la fleur de l’âge, laissant derrière lui une femme éplorée et deux enfants, sans vous oublier, vous et sa mère, ainsi que vos autres enfants et toute la famille Gemayel.
Dans cette terrible tragédie, nous avons pu voir, comme tous les Libanais du monde entier, avec quelle dignité et quel courage vous avez réagi, invitant les Libanais et les partisans au calme malgré la douleur profonde qui vous consumait intérieurement.
Ne trouvant pas les mots pour vous exprimer notre attachement et notre douleur, nous nous réfugions dans la prière, comme vous l’avez si bien demandé, afin que le Seigneur Tout-Puissant apporte au cher défunt la paix de l’âme et à vous, son père, ainsi qu’à toute votre famille, le courage nécessaire pour surmonter cette terrible épreuve.
Pax in Dei pour nous croyants.
Dr Loutfi ANTAK et famille
Neuilly-sur-Seine
Atmosphère de fin de règne
Tristesse et désarroi habitent les Libanais inquiets plus que jamais pour leur avenir. La vague d’attentats que les politiciens issus de la révolution du Cèdre craignaient et continuent de craindre n’est pas un hasard. Le Hezbollah, en termes de cynisme politique, détient la carte de la victoire aussi bien militaire que diplomatique et il faut composer avec cette nouvelle donne. Il peut désormais dicter ses conditions et il ne se cache pas de le faire.
De quoi le Liban de demain sera-t-il fait ? Bien malin qui pourra le prédire.
Triste constat. N’attendons pas l’heure zéro si nous voulons éviter de voir le Hezbollah décider de passer à l’acte pour faire valoir son droit à dicter ses conditions, et prions très fort pour que M. Siniora nous ramène encore une fois du bord du précipice, même si cela doit coûter cher en concessions au courant du 14 Mars et à ses alliés.
Le Liban n’a jamais été aussi malade et d’un centre hospitalier tertiaire, riche en spécialistes américano-francais, il se voit transféré au dispensaire local du village.
Jean-Claude DELIFER
Montréal, Canada
Rendez-nous
notre dignité
Arrêtons le massacre. Place aux priorités. Qu’est-ce que l’appartenance chrétienne sinon l’union dans la souffrance et le deuil, et l’impératif de justice pour ensuite pardonner ?
Il n’est pas temps de troquer le droit de chaque citoyen à la justice contre des portefeuilles ministériels. L’histoire ne pardonnera pas à ceux qui auront fait obstacle à la justice, même si elle est rendue dans des conditions exceptionnelles, pour que le meurtre ne devienne pas loi.
Rendez-nous un peu de notre dignité ; il est temps de prendre la mesure du danger.
Réagissons.
Maryam ISKANDAR
Lettre d’une «téta»
Je voudrais présenter mes condoléances à la famille Gemayel et aux Libanais qui ont eu, encore une fois, le cœur brisé par cette mort atroce. Je voudrais dire à ces mêmes Libanais que ça suffit de suivre comme des moutons de Panurge nos politiciens qui se disputent à chaque fois sur le nombre de moutons qu’ils ont réunis autour d’eux.
Jeunes, retournez à vos écoles et universités, ne parlez pas politique, ne suivez pas les nouvelles, que chacun s’occupe de ses affaires, laissez les politiciens s’occuper des leurs et vous pourrez alors espérer obtenir un quelconque résultat, car ils seront obligés de se retrouver pour débattre des sujets qui divisent le pays.
Et puis, tous ces jeunes qui, leurs études terminées, quittent le Liban pour s’en aller chercher fortune ailleurs... Alors, pourquoi toutes ces manifestations si vous nous quittez, nous les vieux?
Téta Jacqueline
NDLR
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